Chronique

Quatrième épisode
Les chapelles

Les premiers chrétiens aménagent d’abord des autels dans les catacombes romaines pour célébrer l’eucharistie lors de cérémonies funèbres et commémoratives; la messe catholique est ensuite célébrée dans les basiliques, puis dans des églises construites à cet effet. À ce moment, le sacrement du baptême est célébré dans un petit bâtiment séparé de l’église, nommé baptistère. Puis, à l’instar de l’édifice construit par Charlemagne pour abriter la relique de la chape de Saint-Martin de Tours, au IXe siècle, le terme «chapelle» est utilisé pour désigner les bâtiments qui, sans être le siège principal d’une paroisse, sont pourvus d’un autel pour la célébration du culte chrétien. On retrouve ainsi, dans toute la diaspora catholique, des chapelles dans les maisons privées, les cimetières, les collèges, les couvents, les hôpitaux, les prisons, et même le long des chemins…

Saint Martin servit en qualité de militaire sous Constantin et Julien. Il voulait devenir religieux, mais dû suivre le décret de l’empereur voulant que les fils de vétérans deviennent militaires. Un jour d’hiver, passant à la porte d’Amiens, il rencontra un homme nu qui n’avait reçu l’aumône de personne. Martin comprit que ce pauvre lui avait été réservé: il prit son épée, et partagea en deux le manteau qu’il avait sur lui, en donna une moitié au pauvre, et se recouvrit de l’autre moitié qui lui restait. La nuit suivante, il vit Jésus-Christ revêtu de la partie du manteau dont il avait couvert le pauvre, et l’entendit dire aux anges qui l’entouraient: «Martin, qui n’est encore que catéchumène, m’a couvert de ce vêtement.»  Le saint homme ne s’en glorifia point, mais connaissant par là combien Dieu est bon, il se fit baptiser, à l’âge de dix-huit ans, et servit comme militaire encore deux ans avant de devenir acolyte de l’évêque de Poitiers,  puis évêque de Tours. [Jacques de Voragine].

Il fonda par la suite les premières églises rurales de la Gaule et un monastère. Deux miracles majeurs lui sont attribués: il aurait ressuscité deux hommes de la mort. À partir de ce moment, son nom devint célèbre et les malades et les malheureux affluèrent vers lui.

La chape de Saint-Martin est conservée dans la chapelle privée de Charlemagne, la Chapelle palatine d'Aix (devenue Aix-la-Chapelle), en Allemagne. Cette dernière a été intégrée dans l'actuelle cathédrale d'Aix-la-Chapelle. On y retrouve aussi les restes de Charlemagne.

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En Nouvelle-France, avant même que des églises ne soient construites, la structure épiscopale embryonnaire et les besoins du culte font en sorte que de nombreuses chapelles voient le jour. De la Baie d’Hudson jusqu’en Louisiane, la mission de la Nouvelle-France est desservie par les missionnaires Récollets et Jésuites qui rejoignent les colons nouvellement établis et les communautés autochtones à convertir. Les premières chapelles sont installées dans les forts construits pour défendre les établissements et dans les missions amérindiennes. Dans les seigneuries naissantes, on aménage bien souvent la chapelle dans la maison du seigneur, puis on construit l’édifice sur un  terrain cédé pour la communauté.

À partir de 1658, des prêtres séculiers s’installent progressivement sur le territoire nouvellement érigé en vicariat apostolique (le pape Alexandre VII nomme François de Laval à titre de vicaire). Le diocèse de Québec, érigé canoniquement en 1674, permet l’érection de paroisses et conséquemment, la construction d’ églises paroissiales. Les communautés moins populeuses demeurent desservies par le curé de la paroisse la plus proche, qui se rend à la «chapelle desserte» ou  à l’«église desserte», selon les dimensions du lieu de culte.
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Chapelle de procession Saint-Anne, Municipalité de Neuville. Crédit: © Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Jean-François Rodrigue, 2005. Source: Répertoire du patrimoine culturel du Québec


À Montréal, les gens se rendent d’abord à la chapelle de l’Hôtel-Dieu pour les offices, puis, en 1678, l’église Notre-Dame est construite. Les pèlerins, dès 1675, peuvent se rendre à l’extérieur de la palissade, à la petite chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours. En campagne, chez les sœurs fermières de la Congrégation de Notre-Dame, un oratoire, est installé dans la maison. Enfin, pendant les jours de semaine, en hiver, dans les paroisses, c’est souvent dans la chapelle de la sacristie qu’on célèbre les messes ordinaires ou les mariages plus modestes. On retrouve aussi, dans les paroisses, des petites chapelles de procession. Elles sont érigées en l'honneur d'un saint et elles servent de relais pour porter le Saint-Sacrement en procession, lors de la Fête-Dieu. À Saint-Étienne de Beaumont et à Varennes, il est toujours possible de voir, à chaque extrémités du village, une telle chapelle, mais plusieurs paroisses n’ont qu’une chapelle de procession, et les villageois se font l’honneur d’ériger, sur le devant de leur terrain, un reposoir pour le Porte-Dieu, décoré de fleurs et d’ornements.
Un oratoire est une chapelle de petite dimension, un lieu de dévotion invoquant la protection divine. On y retrouve la statuette ou l’image d’un saint ou d’une sainte. Le plus célèbre oratoire du Canada est cependant de grande dimension, mais origine d’une toute petite chapelle, un petit oratoire, construit par le frère André, au début du XXe siècle, pour prier Saint-Joseph…

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Le prêtre se prépare pour le culte à la sacristie. Ce bâtiment est accolé au chevet de l’église et on y retrouve les vases sacrés et les vêtements sacerdotaux, ainsi que, souvent, des fonds baptismaux.

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La Fête Dieu commémore la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l'Eucharistie, sous les espèces du pain et du vin consacrés. Célébrée avec faste, cette fête a pour principale activité la procession du porte-Dieu (des saintes espèces).

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Enfin, des chapelles de grandes dimensions sont aussi construites pour répondre au grand nombre de pèlerins qui les visitent. La plus connue d’entre elles est très certainement l'oratoire Saint-Joseph. Le frère André, instigateur de sa construction d’origine, est d’ailleurs canonisé en ce 17 octobre 2010.
Le frère André fait construire un oratoire en 1904 pour permettre aux fidèles de venir prier saint Joseph sur les flancs du Mont-Royal. En raison de l’achalandage des pèlerins et de la renommée grandissante du frère André, la chapelle fut agrandie et pourvue d’un système de chauffage, puis agrandit à nouveau avec le bâtiment actuel, construit de 1924 à 1967. Il s’agit du plus grand lieu de culte dédié à Saint-Joseph au monde. Il porte aussi le statut de basilique (église dotée par le pape d’une dignité particulière).

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Les chroniques reviendront à une date ultérieure.

Sources

SIMARD, Jean, L'art religieux des routes du Québec, [Sainte-Foy], Publications du Québec, 1995, 56 p.

DE VORAGINE, Jacques, La légende dorée, traduction de J.-B.M. Roze; chronologie et introduction par Hervé Savon, [Paris], Flammarion, 2002, c1967,  2e  volume, 508 p.

http://www.saint-joseph.org/fr_1033_index.php

http://www.saintmartindetours.eu/personnage/histoire-interactive.html


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