Chronique |
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| Premier épisode CROIX DE BOIS, CROIX DE FER Avec la Vierge Marie, la croix est sans doute le thème le plus influent de l’art religieux québécois. Les sculpteurs, les orfèvres, les architectes et les peintres ont fabriqué des croix d’église, des chemins de croix, des croix de cimetière, des crucifix et des chapelets, tous plus somptueux les uns que les autres. N’oublions pas les calvaires* et les croix de chemins qui parsèment les routes du Québec. Plantés à la croisée de deux rangs de campagne ou dressés fièrement sur une butte rappelant le Golgotha, ces crucifix «grandeur nature» sont le symbole d’un passé mystique. Encore aujourd’hui, on en trouve entre 2 500 et 3 000 à travers tout le Québec.
Les origines des croix et des calvaires remontent au Moyen Âge. Leur apparition coïncide principalement avec l’émergence de l’art roman, vers le 11e siècle. Par la suite, la multiplication de ces objets de piété atteint son apogée aux 16e et 17e siècles, particulièrement en Bretagne. Cela explique que la tradition s’implante en Nouvelle-France dès la découverte du Canada par Jacques Cartier, en 1534. Celui-ci, breton d’origine, plante plusieurs croix signifiant la prise de possession du territoire par le Roi de France. |
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| Au 17e siècle, les principales agglomérations possèdent au moins un calvaire ou une croix de chemins. Les missionnaires parcourant le pays, plantent des croix un peu partout. Les colons érigent ces structures pour signifier leur foi, remercier Dieu d’une faveur obtenue ou commémorer un lieu de naufrage ou de bataille. Si bien que vers 1750, chaque paroisse, située entre Montréal et Québec, compte en moyenne deux ou trois croix de chemins. Comme il est d’usage de s’arrêter et de faire une prière ou une révérence à chaque croix, cela prolonge souvent le trajet du voyage! La prolifération des croix de chemins et surtout des calvaires se poursuit au 19e siècle et jusqu’à la première moitié du 20e siècle. Particulièrement à cette période, ces structures deviennent des lieux de rassemblements pour prier lors des fêtes religieuses comme la Fête-Dieu, le mois de Marie, le dimanche des Rameaux ou le Vendredi saint. On s’y rassemble également pour solliciter la grâce de Dieu contre les fléaux de tous genres: guerres, épidémies, incendies, sécheresses... |
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Il existe une grande diversité de calvaires et de croix de chemins. Les plus modestes sont l’oeuvre des cultivateurs; les plus élaborés, particulièrement les calvaires, furent commandés aux siècles derniers par les curés de paroisse et réalisés par des artistes professionnels. Le plus célèbre d’entre eux est le sculpteur Louis Jobin. Le cuivre, le fer, la pierre sont utilisés pour la fabrication des croix et des calvaires, mais le pin demeure le matériau le plus courant. De fait, plusieurs croix de chemins n’ont pas résisté au temps; les plus anciennes datent, en général, de la fin du 19e siècle. Les images pieuses servent de source d’inspiration pour la fabrication de plusieurs calvaires. Pour en savoir plus sur l’imagerie dévote, nous vous donnons rendez-vous le 23 mars 2004. |
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Sources: PORTER, John R. et Léopold Désy. Calvaires et croix de chemins du Québec, Montréal, Éditions Hurtubise HMH, 1973, 145 p. |
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