Chronique |
||||||||||||||||||
| Troisième épisode LES CONFRÉRIES EN NOUVELLE-FRANCE Les confréries sont des regroupements de laïcs ayant des visées spirituelles et charitables.* En Nouvelle-France, elles sont très répandues. Hommes et femmes adhèrent à ce type d’associations pour assurer leur salut. Pour ce faire, ils participent à toutes sortes d’activités religieuses: offices spéciaux, prières collectives, processions, oeuvres de bienfaisance... Généralement mises sur pied par des laïcs, les confréries religieuses sont toujours supervisées par le clergé catholique qui autorise leur formation et oriente leurs activités. Pour ce dernier, les confréries constituent une façon de susciter la dévotion chez les fidèles. En effet, par le biais de leurs activités, les confréries encouragent la pratique religieuse. Par exemple, la confrérie du Rosaire fait la promotion du chapelet. D’autres se «spécialisent» dans la dévotion à un saint en particulier, comme la confrérie de Sainte-Anne, dédiée à la mère de la Vierge Marie. Dans ce type de confréries, les membres sont invités à adopter une bonne conduite en imitant les vertus du saint patron. Au-delà de ces spécificités, toutes les confréries religieuses ont pour but l’amélioration de la vie morale et spirituelle de leurs membres. Plus encore, ces derniers servent de modèle au reste de la population. Il est important de mentionner que l’adhésion aux confréries se fait sur une base volontaire. À ce titre, les activités de ces associations sont dites surérogatoires - c’est-à-dire qu’elles ne sont pas obligatoires. Ces actes pieux et ces pratiques dévotes viennent s’ajouter aux devoirs prescrits au chrétien, comme la messe dominicale. Pour inciter les fidèles à joindre les confréries, l’Église catholique distribue généreusement des indulgences.** En plus de cet avantage non négligeable, l’adhérent à une confrérie bénéficie de l’aide de ses pairs, en cas de besoin. Par exemple, au moment de sa mort - et même après celle-ci - il compte sur eux pour l’accompagner dans cette étape ultime et réciter des prières pour le salut de son âme. Sous le Régime français, huit confréries *** sont établies. Parmi celles-ci, seule la confrérie de la Sainte-Famille existe encore aujourd’hui. Après la Conquête, une panoplie de confréries voient le jour. Jusqu’à la fin des années ‘50, le Québec compte plusieurs confréries très actives. Cela dit, le 17e siècle demeure l’âge d’or de ces regroupements. La majorité des confréries orientent leur dévotion autour d’un saint. Pour en savoir plus sur le culte des saints au Québec, nous vous donnons rendez-vous le 20 avril 2004.
Source: CLICHE, Marie-Aimée. Les Pratiques de dévotion en Nouvelle-France. Comportements populaires et encadrement ecclésial dans le gouvernement de Québec, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 1988, 354 p. |
||||||||||||||||||
Retour |
|||