Chronique
Cinquième épisode
SAINTES RELIQUES

musée, collection, patrimoine, histoire, Nouvelle-France, cultureAux 3e et 4e siècles, on raconte que des fidèles furent miraculés, après avoir visité la tombe des saints. Des aveugles ont retrouvé la vue, des paralytiques marchent à nouveau, des estropiés ont cessé de boiter... De bouche à oreille, ces histoires se répandent et chacun veut visiter les saintes sépultures. Toutefois, plusieurs fidèles ne peuvent s’y rendre, Rome et les autres lieux sacrés étant éloignés. Pour remédier à la situation, on déclare que le contact avec une partie du corps du saint suffit pour bénéficier de son intercession. La simple vue des reliques est également suffisante. Il n’en faut pas plus pour que les tombes des saints soient pillées, chacun voulant «sa part de sainteté». Les dents, les phalanges, les fragments de crâne, etc. sont dispersés à travers le monde. Ainsi naît la dévotion aux reliques. La dispersion des reliques dure tout au long du Moyen Âge et occasionne parfois un véritable trafic où les fraudes sont nombreuses.

Le terme relique vient du latin reliquiae qui signifie «restes». Les reliques sont donc ce qui reste d’un saint après sa mort. Les parties de son corps sont appelées reliques primaires; ses vêtements, les objets lui ayant appartenu, etc., sont les reliques secondaires. Les fragments de la Croix ou du saint suaire entrent dans cette dernière catégorie.

Les reliques sont enchâssées dans des reliquaires pour être conservées et exposées. Les grands reliquaires sont placés sur les autels des chapelles et des églises; les petits ornent les murs des maisons, à la manière d’un cadre, ou suivent leur propriétaire, nichés dans la poche de leurs vêtements. Par ailleurs, il n’est pas rare qu’un reliquaire contienne les reliques de plusieurs saints.

musée, collection, patrimoine, histoire, Nouvelle-France, culture    musée, collection, patrimoine, histoire, Nouvelle-France, culture    musée, collection, patrimoine, histoire, Nouvelle-France, culture
Croix-reliquaire contenant une relique de Marguerite Bourgeoys, 1950. Reliquaire-cadre, date inconnue. Reliquaire portant l’inscription «Cy gist le Coeur de /Sr. Pierre LeBer», 1707.
musée, collection, patrimoine, histoire, Nouvelle-France, culture musée, collection, patrimoine, histoire, Nouvelle-France, culture musée, collection, patrimoine, histoire, Nouvelle-France, culture
Tous droits réservés © Maison Saint-Gabriel


Par le biais des reliques, les fidèles vénèrent un saint, demandant son intercession pour une faveur spirituelle ou matérielle. La récitation de prières, la contemplation des reliques ou leur application sur une partie du corps constituent différentes façons de vénérer ces objets de culte.

Enfin, les fidèles chrétiens vénèrent les reliques des saints patrons, mais aussi celles de personnes n’ayant pas été canonisées. Nombre de personnages à la piété et aux vertus illustres sont ainsi honorés par les catholiques. Mentionnons, parmi d’autres, le frère André, fondateur de l’Oratoire Saint-Joseph à Montréal, à qui on attribue plusieurs miracles, dont des dizaines de guérisons.

Très souvent, les lieux conservant des reliques célèbres deviennent des lieux de pèlerinage très fréquentés. Le Québec en compte un bon nombre. Pour en savoir davantage sur les pèlerinages, nous vous donnons rendez-vous le 18 mai 2004.
   musée, collection, patrimoine, histoire, Nouvelle-France, culture
La Tour des Martyrs de Saint-Célestin (Québec). La Tour des Martyrs est le seul lieu de pèlerinage au monde dédié aux Saintes reliques, 20e siècle. Collection numérique de la Bibliothèque nationale du Québec.


Sources:
PERRIN, Joël et Sandra VASCO ROCCA, dir. Thesaurus. Objets religieux du culte catholique, Paris, Éditions du patrimoine, 1999, 406 pages.

MORISSETTE, Jules. Gratia Dei. Les chemins du Moyen Âge, [ En ligne], 2003. Québec, musée de la civilisation. [ http://www.gratiadei.com/fr/menu.html ] (2004).



Retour