Chronique |
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| Septième épisode DÉFILER POUR LA GLOIRE DE DIEU Dans certaines paroisses rurales, on organise encore des processions religieuses, comme c’était le cas partout au Québec, il y a cinquante ans. À cette époque, plusieurs fois par année, les rues des villes et des villages se remplissent de fidèles, défilant en cortège pour honorer un saint ou souligner une fête religieuse. Au Québec, l’origine des processions remonte au 17e siècle. Les colons, venus peupler la Nouvelle-France, apportent avec eux les traditions de la Mère patrie et organisent les premiers défilés. À titre d’exemple, les Jésuites relatent pas moins de quatre défilés religieux, pour l’année 1646. Par la suite, la popularité et le nombre de processions ne cessent de croître. Tous s’entendent pour dire que c’est à la fin du 19e siècle que l’on assiste aux défilés les plus grandioses. Le clergé catholique, les confréries, les communautés religieuses, etc. organisent les défilés ayant pour but d’attiser la foi des fidèles. Certaines processions se déroulent au niveau local - dans un village ou dans une école, par exemple - d’autres, de plus grande envergure, sont organisées simultanément dans plusieurs paroisses de la province. C’est le cas des deux défilés annuels les plus importants: la procession de la Fête-Dieu et celle du Sacré-Coeur.
Peu importe leur ampleur, les processions suivent, à quelques détails près, le même canevas. Les fidèles se réunissent à l’église, point de départ de la cérémonie. Après avoir entendu la messe, les gens se rassemblent derrière la bannière du groupe dont ils font partie: communauté religieuse, école, confrérie, etc. Tous ces groupes forment un long cortège, défilant dans les rues en récitant des prières et chantant des cantiques. Le prêtre ouvre ou ferme la marche, élevant un ostensoir, une croix ou une bannière à l’effigie d’un saint, selon la procession en cours. Il est suivi ou précédé des fidèles portant également des bannières et parfois, la statue d’un saint, fixée à un brancard. On encense le parcours, parsemé de fleurs et bordé d’arbres coupés, souvent des sapins. De chaque côté, les maisons sont ornées de rubans, de fleurs, de drapeaux pontificaux et d’images pieuses.
Comme la majorité des dévotions populaires de nos ancêtres, les défilés religieux disparaissent presque complètement avec la Révolution tranquille des années ‘60. Cependant, n’oublions pas qu’elles ont profondément marqué la culture et l’identité québécoises. musée DU QUÉBEC. Le grand héritage. L’Église catholique et les arts au Québec, Québec, Bibliothèque nationale du Québec, 1984, 369 p. |
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