| Chronique | |||
Premier épisodeLA SAINTE-CATHERINE Au Québec, il n’y a pas si longtemps, on soulignait encore les fêtes anniversaires des saints, parfois en grande pompe. Parmi ces festivités, mentionnons la Sainte-Catherine, célébrée au calendrier liturgique le 25 novembre. Quelles sont les origines de cette fête religieuse et populaire, communément appelée «la fête des vieilles filles»? À l’origine, sainte Catherine est considérée comme la patronne des jeunes filles. Au 4e siècle de notre ère, alors qu’elle était encore vierge, elle est martyrisée. Elle est condamnée au supplice de la roue, puis décapitée, après avoir refusé d’épouser l’empereur romain Maxence. Par la suite, son culte est probablement instauré au Moyen Âge et diffusé à travers l’Occident par les croisés. À cette époque, il est coutume de coiffer les statues des saints lors de certaines cérémonies religieuses. Sainte Catherine ne peut être parée que par une pucelle; honneur qu’une jeune fille ne veut conserver longtemps sous peine d’être la cible de moqueries. De là vient l’expression populaire «coiffer la Sainte-Catherine» désignant les femmes ayant atteint 25 ans et toujours célibataires. Là encore, ce titre railleur n’est guère apprécié par les demoiselles.
Le culte de sainte Catherine traverse l’Atlantique et est implanté en Amérique par les premiers colons. Dès le Régime français, on célèbre donc la Sainte-Catherine. Il semble que ce soit à cette époque que naît la tradition de fabriquer la tire Sainte-Catherine, cette fameuse friandise à base de mélasse que l’on déguste à cette occasion. La légende veut que ce soit Marguerite Bourgeoys, fondatrice de la Congrégation de Notre-Dame et première institutrice à Montréal, qui invente la célèbre sucrerie, afin de récompenser ses élèves. C’est toutefois au 19e siècle que la fête de sainte Catherine est célébrée avec le plus d’apparat. Cette fête marque la fin des récoltes et le début de l’hiver. C’est l’occasion rêvée d’organiser des «veillées» mémorables de danse et de contes, autour de véritables festins! Enfin, la Sainte-Catherine se célèbre quelques jours avant le temps de l’Avent. C’est donc le dernier moment pour se réjouir avant d’entamer cette période de jeûne et de restrictions. Pour en savoir plus sur cette préparation à Noël, nous vous donnons rendez-vous le 30 novembre 2004. Source PROVENCHER, Jean. C’était l’automne. La vie rurale traditionnelle dans la vallée du Saint-Laurent, Montréal, Boréal Express, 1984, 236 p. |
|||
Retour |
|||