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Communiqué

La poule Chantecler

Le Jardin des origines
Division de la gestion de documents et des archives, Université de Montréal. Fonds de l'Institut agricole d'Oka (E0082)1FP05952-2. Le frère Wilfrid avec deux élèves spécialistes.

La Chantecler est une volaille élevée autant pour la chair que pour la ponte. C’est une race de poule domestique qui fut sélectionnée pour résister aux hivers très rudes et satisfaire aux modes de production agricole du Québec. Ainsi, la petite crête et les barbillons rudimentaires permettent au coq Chantecler d’être moins vulnérable au gel.

La poule a été créée entre 1908 et 1919 par le frère Wilfrid à l’abbaye Notre-Dame-du-Lac (l’abbaye d’Oka) à partir de croisements de diverses races telles que : la Livourne (Leghorn), la Rhode-Island, la Wyandotte et la Plymouth. Son entreprise avait été motivée par son regret de ne point reconnaître l’existence d’une poule canadienne, au même titre que la vache Canadienne et le cheval Canadien. Les poulaillers n’étant pas chauffés à l’époque, il fallut que la poule canadienne puisse pondre même en absence d’ensoleillement durant les longs mois d’hiver, tout en ayant à la fois une excellente capacité de ponte et une bonne chair. Déjà en 1921, l’American Poultry Association admit la Chantecler à son Standard of Perfection qui définit officiellement les principales caractéristiques de la poule.

Le Jardin des origines
Division de la gestion de documents et des archives, Université de Montréal. Fonds de l'Institut agricole d'Oka (E0082)3FP00943. Le frère Wilfrid et les poules Chantecler, basse-cour de l'Institut, 1944.

Pour nommer cette nouvelle poule, le frère Wilfrid s’est inspiré de la pièce de théâtre « Chantecler » d’Edmond Rostand. Il expliqua son choix dans une publication de La Presse du 29 juillet 1929 : «… un nom si profondément français, tout en étant facilement bilingue, conviendrait bien à une race de volailles née dans un coin de terre où les traditions restaient bien françaises à l’ombre d’un drapeau britannique. »

La sélection de la poule Chantecler fut une entreprise de plus de dix années d’expérimentations qui avait longuement mûrie dans l’esprit du père Wilfrid, même avant l’année 1908, date à laquelle il entama le premier croisement. En 1916, après trois ans de sélection, le père Wilfrid avait presque atteint son but. Il avait obtenu une poule qui à sept mois pesait déjà près de 3,5 kg et s’avérait excellente pondeuse. Il la croisa alors avec un coq Plymouth Rock blanc de 4,55 kg. Triant sans relâche les meilleurs spécimens à chaque printemps, c’est finalement en 1919 qu’il considéra le travail satisfaisant et accompli.

La poule et le coq Chantecler sont facilement identifiables grâce à leurs plumages blanc de neige, leurs peaux jaunes ainsi que leurs crêtes, oreillons et barbillons rouge brillant. La morphologie du coq est quelque peu particulière. De tête moyenne et courte, il a pourtant un crâne assez large, des yeux saillants et un bec court légèrement courbé. Sa crête en bourrelet est très petite et ses ailes sont plutôt courtes. La poule quant à elle, est semblable au coq, mais sa crête est presque nulle. Le frère Wilfrid a aussi définit les cinq principaux critères qui déterminent l’hérédité de la poule : la maturité sexuelle précoce, l’intensité de la ponte, l’absence de couvaison, l’absence de pauses de la ponte en hiver et donc, la persistance de la ponte tout au long de l’année.

Le Jardin des origines
Division de la gestion de documents et des archives, Université de Montréal. Fonds de l'Institut agricole d'Oka (E0082)3FP00943. Le frère Wilfrid et les poules Chantecler, basse-cour de l'Institut, 1944.

Wilfrid Châtelain (1876-1963) est né en Ontario au sein d’une famille française. Il entra au monastère de la Trappe d’Oka en septembre 1897 et fit sa profession pour devenir moine en 1899. En plus d’être un homme de religion, il fut un homme de science : un généticien. En 1902, il fut chargé de la basse-cour et en 1904 en devint régisseur, il y travailla pendant 44 ans. De 1908 à 1920, il fit les croisements pour obtenir la fameuse poule Chantecler. Le frère Wilfrid en plus d’être professeur émérite, fut un véritable autodidacte, un naturaliste dans l’âme et eut un sens très développé de l’observation. Dans la basse-cour il cultiva de nombreuses fleurs ainsi que des arbres.

En plus d’avoir été un conférencier très en demande il  écrivit  de nombreux ouvrages dont : «Origine et monographie de la poule canadienne Chantecler», «Dix années de pratique et d’expérimentation à la basse-cour», quatre fois réédité, «Manuel des éleveurs de la poule canadienne Chantecler» et l’ouvrage de vulgarisation «Pour avoir de bonnes pondeuses».

 

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