Chroniques

C'est un jeu d'enfant!

C'est un jeu d'enfant!

© Bibliothèque et Archives nationales du Québec 2006, collection numérique

Une abondance de jouets... voilà sans conteste l’un des plus forts symboles contemporains de la fête de Noël, développé tranquillement depuis le 19e siècle. Cette image remplit d’espoir les enfants, tandis qu’ils rêvent au père Noël et à son usine actionnée par des lutins. Pourtant, Noël n’a pas toujours été ainsi. Pour beaucoup de bambins avant cela, Noël signifie la naissance d’un enfant dans un grand dénuement, de joyeuses réunions de famille, de bons repas et quelques étrennes reçues au jour de l’An, constituées de petites gâteries, d’objets utiles et, à l’occasion, de quelques jouets. À l’image de cette fête, les enfants de jadis possèdent très peu de jouets si on les compare à ceux d’aujourd’hui, ce qui ne les empêche toutefois pas de jouer! Il est étonnant de voir comment quelques objets très simples, de l’imagination et des compagnons de jeu peuvent procurer de grands plaisirs.

Alors que le temps des fêtes approche à grands pas, cette série de chroniques vous propose de plonger dans l’un des plus doux sujets liés à l’enfance, l’histoire des jeux et des jouets. Depuis la Nouvelle-France, ceux-ci ont bien évolué en nombre et en formes, quoique bien souvent leurs principes ne changent guère, au point où il y a fort à parier que les enfants d’autrefois et les enfants d’aujourd’hui arriveraient sans trop de mal à partager et échanger leurs jouets.

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Premier épisode
L’enfant et le jeu
L’enfant et le jeu

© Bibliothèque et Archives nationales du Québec 2002-2006, collection numérique

Pendant des siècles, dans les sociétés rurales d’Europe occidentale, la vie est perçue de façon circulaire. Comme le cycle des saisons, la vie apparaît comme un éternel recommencement où la destinée collective l’emporte sur la destinée individuelle. Dans ces sociétés, les enfants ne sont pas là pour jouir des plaisirs de l’existence, mais pour assurer la continuité de la vie au village.

Aussi, l’enfance est très courte car on attend de l’enfant qu’il s’intègre rapidement au monde des adultes. Cette conception des choses change à partir de la fin du 16e siècle, alors qu’on accorde plus d’importance aux destins individuels. Il faut néanmoins attendre longtemps avant que l’enfance ne soit reconnue comme un moment particulier où le jeu et l’amusement sont importants.

De la Renaissance au Siècle des lumières, les pédagogues méprisent les jouets. Ils sont dits «inutiles» et sont vus comme des luxes superflus. À la limite, ces pédagogues trouvent-ils acceptable que l’enfant joue avec des objets de son environnement. Certains, comme Fénelon, croient que les jouets nuisent aux études si on associe trop le plaisir aux premiers et l’ennui aux deuxièmes. Les jeux, activités collectives avec des règles précises, sont en général mieux perçus puisqu’on croit qu’ils permettent à l’enfant de développer ses capacités physiques ou cognitives. Les adultes eux-mêmes en sont souvent friands.

Les jouets ont peu de défenseurs au 17e siècle. L’un d’eux est le Tchèque Jan Amos Komensky, dit Comenius, père de la pédagogie moderne. Selon lui, les jeux sont essentiels au développement de l’enfant et leur aspect amusant ne doit pas être négligé. Par exemple, les jouets étant souvent des reproductions miniatures d’objets de la vie courante, ils permettraient aux enfants de s’habituer en douceur au monde des adultes. Percevoir les jouets comme étant «utiles» est plutôt rare, toutefois, avant la deuxième moitié du 19e siècle.

Les Canadiens français ne font pas exception quant à la place réservée aux enfants. Laissés libres de jouer jusqu’à l’âge de 4 ans, les enfants commencent ensuite, généralement, à aider leurs parents. Vers 7 ou 8 ans, ils doivent contribuer à la subsistance de la famille en effectuant des tâches de soutien comme mettre la table, laver la vaisselle ou balayer, et ils doivent s’initier aux travaux des adultes tels le travail du textile pour les filles et les travaux agricoles pour les garçons. Dans les sociétés amérindiennes, c’est encore plus tôt que l’enfant participe aux tâches quotidiennes, en fait, dès qu’il peut marcher. On s’attend à ce qu’il devienne autonome vers 12 ou 13 ans. Ses jouets, très souvent, visent à l’initier aux tâches des adultes.

Malgré cette place plutôt restreinte réservée au jeu durant l’enfance, n’en demeure pas moins que de tous les temps, les enfants jouent, et plusieurs traces de jouets anciens nous sont parvenues. Parmi ces jouets, plusieurs sont des répliques d’objets courants permettant aux enfants d’imiter les adultes. Pour en savoir davantage sur le monde des poupées, sur les chevaux de bois et bien d’autres jouets, nous vous donnons rendez-vous le 28 novembre 2006.

Sources
  • CHAUMELY, Jean et Michel NOËL. Arts traditionnels des Amérindiens, Montréal, Hurtubise HMH, 2001, 175 p.
  • GÉLIS, Jacques. «L’individualisation de l’enfant», dans Philippe Ariès et Georges Duby, dir., Histoire de la vie privée: de la Renaissance aux Lumières, Paris, Éditions du Seuil, 1986, pp. 311-329.
  • MANSON, Michel. Jouets de toujours: de l’Antiquité à la Révolution, Paris, Fayard, 2001, 382 p.
  • PROVENCHER, Jean et Johanne BLANCHET. C’était le printemps: la vie rurale traditionnelle dans la vallée du Saint-Laurent, Montréal, Boréal Express, 1980, 236 p.

Deuxième épisode
Un monde à sa mesure
Un monde à sa mesure

© Bibliothèque et Archives nationales du Québec 2006, collection numérique

C’est un principe connu, les enfants apprennent beaucoup par imitation. Ils imitent leurs premiers compagnons de jeu, leurs frères et soeurs plus âgés, et ils répètent les gestes de leurs parents en «faisant semblant». Nombreux sont ainsi les jouets anciens du Québec qui sont des répliques à petite échelle d’animaux, de personnages ou d’objets permettant aux enfants de créer un monde à leur mesure.

Le petit monde de la poupée

L’un des jouets les plus populaires auprès des petites filles mais aussi auprès des très jeunes garçons est sans aucun doute la poupée. Déjà en Nouvelle-France, les poupées et leurs accessoires sont mentionnés dans certains inventaires. Le mot poupée vient du latin puppa qui signifie «petite fille». Au 18e siècle, en France comme en Nouvelle-France, la poupée est parfois appelée catin, diminutif de Catherine. Les premières poupées sont faites de matériaux tels le bois, la pierre, l’ivoire, la cire, le plâtre ou le tissu. À partir du 19e siècle, on en retrouve aussi en faïence, en porcelaine et en papier mâché, parfois recouvert de cire. À la toute fin du 19e siècle, les premières poupées de plastique font leur apparition. Longtemps, les poupées représentent des adultes, puis progressivement elles adoptent les vêtements des petites filles. Les premiers bébés n’apparaissent qu’au début du 20e siècle, en même temps qu’est créé l’un des proches parents de la poupée, l’ourson en peluche.

Au Québec, les poupées sont longtemps de fabrication artisanale. La plupart du temps en tissu, elles ont des visages brodés pour lesquels on peut aussi utiliser des boutons. Pour elles, sont confectionnés artisanalement des vêtements, de petites courtepointes et des meubles. Buffets, armoires, commodes et même chaises d’aisance miniatures remplissent l’univers de la poupée. Chez les Amérindiens, les fillettes confectionnent elles-mêmes la garde-robe de leurs poupées, du sous-vêtement au mocassin, apprenant la couture par la même occasion.

Les garçons aussi aiment jouer...

Pour les petits garçons ne s’intéressant plus aux poupées, plusieurs jouets permettent d’imiter les grands. Dans le milieu rural, ils s’amusent avec des instruments agricoles miniatures qui sont des répliques de la herse, des chariots et des tracteurs, selon les époques, ainsi qu’avec des animaux miniatures. Ceux des régions côtières se divertissent souvent avec de petits bateaux tirés sur l’eau à l’aide de cordes. Les jeunes Amérindiens, futurs chasseurs et futurs guerriers, jouent avec de petits arcs et quelques flèches, des couteaux et des canots d’écorce.

Les chevaux de bois

Les chevaux fascinent beaucoup les enfants et, depuis le Moyen Âge, le cheval de bois a une place de choix parmi leurs jouets. Ceux du Québec sont généralement de fabrication domestique. Au départ, les chevaux sont montés sur des roulettes permettant de les déplacer aisément. Avec l’arrivée des chaises berçantes, au 19e siècle, on commence à les poser sur des patins courbes. Quelques chevaux ont même de petits dossiers, comme ceux des chaises. Beaucoup plus tard, malgré les camions, voitures et trains qui remplacent le cheval, sa réplique en bois continue de figurer parmi les jouets.

Gare au canon!

Populaires en France, les jouets militaires sont plutôt rares au Québec. Les premiers soldats de tôle apparaissent à la fin du 19e siècle, représentant des zouaves ou bien des combattants de la guerre des Boers. Certains jouets guerriers ont néanmoins fait beaucoup parler d’eux. Ainsi, en 1838, les gardes de la prison de Montréal sont avertis que les détenus patriotes fabriquent des armes et qu’ils sont sur le point de s’évader. Après de grandes inquiétudes et des fouilles intensives, quelle stupéfaction de découvrir que l’arme en question était... un jouet. Destiné à un petit garçon, le petit canon de quatre pouces de longueur était fabriqué à partir d’un restant de tuyau, bouché et monté sur des roues!

Bien avant le 20e siècle, les enfants possèdent quelques jouets propices au jeu individuel, leur permettant de créer un univers à leur mesure. Ces jouets sont très peu nombreux si on les compare à ceux d’aujourd’hui. En contrepartie, les enfants d’autrefois connaissent une très grande quantité de jeux auxquels ils s’adonnent en compagnie d’autres enfants. Pour en savoir davantage sur les billes, les osselets et autres jeux d’adresse, nous vous donnons rendez-vous le 12 décembre 2006.

Sources
  • RENAUD, Louise et Katherine TREMBLAY. Les jeux et les jouets de Place-Royale, [Québec], [Publications du Québec], 1990, 212 p.
  • SÉGUIN, Robert-Lionel. Les jouets anciens du Québec, [Montréal], Leméac, 1969, 107 p.

Troisième épisode
Veux-tu jouer avec moi?

Depuis la Nouvelle-France, les jeux sont très populaires, non seulement auprès des enfants, mais aussi auprès des adultes. Pour ceux-ci, les cartes, les dominos, les dés et les échecs sont vus comme des occasions d’échange social. Les enfants connaissent aussi de nombreux jeux auxquels ils sont en mesure de participer dès qu’ils peuvent suivre quelques règles. En voici quelques-uns.

Les billes

Le jeu de billes est très ancien. Dans l’Antiquité, on utilise des osselets, des glands, des châtaignes, des olives ou bien des noisettes en guise de billes. L’expression nuces relinquere signifiant «quitter ses noix» désigne à Rome le fait de devenir adulte, donc de cesser de jouer. Au Québec, la présence de billes de pierre est attestée depuis le 18e siècle, peut-être même le 17e siècle. Plus tard, faites de terre cuite, de porcelaine ou de verre, les billes sont aussi appelées marbres, d’après leur nom anglais.

Certaines billes sont plus précieuses que d’autres et sont conservées pour surenchérir lors de mises importantes. Les billes-maîtresses, aussi appelées Alley, sont plus grosses que les autres et sont souvent décorées de rayures ou d’un motif central. Dans le jeu de la «garde», ou le jeu de la «retire», c’est la bille-maîtresse qu’on doit viser, tandis que si on joue au trou, on doit lancer le plus de billes possible dans un trou. Les billes qui restent à l’extérieur du trou reviennent à celui qui y fait pénétrer la dernière.

Les billes

Les osselets

Ce jeu d’adresse, connu depuis des siècles, a plusieurs variantes. L’une d’elles consiste à éparpiller des osselets sur une table puis à lancer une balle. Avant de rattraper la balle, il faut ramasser un osselet. On recommence en ramassant deux osselets, puis trois, quatre... Une autre version du jeu consiste à lancer en l’air un osselet, puis deux, trois, quatre, et de les rattraper alternativement sur le revers ou dans le creux de la main. Les os d’agneaux, pris chez le boucher, font de bons accessoires pour ce jeu. Les Amérindiens ont aussi connu un jeu de hasard appelé les osselets. Dans un grand plat, ils font sauter de petits os lissés et aplatis, peints en noir d’un côté et en blanc de l’autre. Chaque joueur ayant choisi une couleur, le plus grand nombre d’osselets de même couleur désigne le gagnant.

La toupie

Bien qu’il soit possible d’y jouer en solitaire, la présence d’un groupe rend la toupie encore plus excitante. Aussi appelée moine, la toupie peut être lancée à l’aide d’une corde et l’un des jeux consiste par exemple à la faire retomber et tourner à l’intérieur d’un cercle tracé au sol. Pour ne pas être éliminé, le joueur réussissant son coup doit étouffer sa toupie avant qu’un autre ne le fasse. Si la toupie tourne à l’extérieur du cercle, le joueur a la chance de se reprendre en utilisant sa corde pour faire voler la toupie dans les airs et la rattraper. S’il ne réussit pas, sa toupie est immobilisée au centre du cercle et il ne peut continuer à jouer que si un autre joueur la déloge.

Le chat et la souris

Plusieurs jeux anciens nécessitent peu d’accessoires et ont laissé peu de traces matérielles. C’est le cas, par exemple, du jeu de cachette, connu aussi bien des Amérindiens que des petits Canadiens français, et du jeu de la corde à danser pour lequel existent un grand nombre de comptines. Un autre jeu très connu est celui du chat et de la souris. Pour ce jeu, les participants en cercle se tiennent par la main. Un joueur, la souris, prend place au centre du cercle et l’autre, le chat, à l’extérieur. Quand le chat veut entrer, les joueurs referment le passage, mais s’ils sont déjoués, les joueurs ouvrent le passage à la souris pour qu’elle puisse s’enfuir. Le jeu se termine quand la souris est attrapée.

La majorité des jouets et des accessoires pour les jeux sont confectionnés de façon artisanale depuis longtemps. Au tournant du 19e siècle, les jouets manufacturés font toutefois, de plus en plus, leur apparition. Pour en savoir davantage sur la fabrication des jouets de jadis, nous vous donnons rendez-vous le 26 décembre 2006.

Sources
  • RENAUD, Louise et Katherine TREMBLAY. Les jeux et les jouets de Place-Royale, [Québec], [Publications du Québec], 1990, 212 p.
  • SÉGUIN, Robert-Lionel. Les jouets anciens du Québec, [Montréal], Leméac, 1969, 107 p.

Quatrième épisode
La fabrication des jouets
La fabrication des jouets

© Bibliothèque et Archives nationales du Québec 2006, collection numérique

Les jouets d’aujourd’hui étant abondants, faciles d’accès et abordables, peu de gens ont désormais l’idée de consacrer plusieurs heures à la fabrication d’un jouet. Pourtant, depuis des siècles, les jouets dont dispose l’enfant sont généralement fabriqués par des membres de sa famille, si ce n’est par l’enfant lui-même. Il est en effet impensable pour la plupart des familles de consacrer une part d’un maigre budget à l’achat de jouets, ces «luxes inutiles». Malgré un marché du jouet très restreint, les fabricants et les marchands de jouets existent néanmoins depuis le 15e siècle.

Les bimbelotiers et les merciers

En Europe, les premiers fabricants de jouets sont appelés bimbelotiers. Apparenté au mot bibelot désignant de «petits objets de peu d’importance», le mot bimbelot désigne un «jouet d’enfant». Parfois, les bimbelotiers font appel à d’autres artisans pour fabriquer des parties de jouets, confiant par exemple les baguettes des tambours aux tourneurs. Au 17e siècle, ils subissent la concurrence des poupetiers pour la confection des poupées. Les orfèvres produisent eux aussi quelques jouets, tels des hochets ou de petits animaux en or ou en argent, destinés aux élites. En général, les jouets sont vendus par des colporteurs allant de village en village, et dans les foires. À Paris, au 17e siècle, certains merciers font le commerce des jouets dans leur boutique.

La Nouvelle-France ne connaît aucun artisan spécialisé dans la fabrication de jouets, quoique certains sculpteurs puissent en produire. C’est le cas, en 1796, de François Baillairgé qui est chargé de fabriquer un cheval à roulettes pour le fils de monsieur John Gragy. Le cheval aurait été offert sous une forme inachevée au jeune garçon, puisqu’il retourne par la suite chez le sculpteur pour la finition. Certaines familles aisées se procurent des jouets importés, tels des hochets de cristal, d’argent et d’ivoire, ou, au 19e siècle, de la vaisselle miniature en porcelaine. Il est de même possible de se procurer à prix modique, dès le 18e siècle, des grelots européens qui divertissent les poupons.

Les jouets industriels

À l’approche du 19e siècle, la fabrication des jouets prend tranquillement le tournant de l’industrialisation. L’un des premiers jouets à être ainsi produit est la bille. En Allemagne, dès le 18e siècle, on produit en effet une grande quantité de billes par érosion. Il n’y a qu’à tailler des pierres en petits cubes, les déposer entre deux meules avec du sable et de l’eau, et actionner ce mécanisme durant 6 à 8 heures, jusqu’à ce que les cubes deviennent des billes. Certaines billes sont polies encore davantage dans un tonneau tournant, dans lequel on peut ajouter une teinture. Vers 1870, les billes de terre cuite, de porcelaine et de verre prennent leur essor. Quand elles sont glaçurées ou en porcelaine, elles sont faites à partir de moules. La production des billes de verre étant plus complexe, elles sont produites de façon artisanale entre 1850 et 1920, puis les manufactures prennent la relève. C’est aussi à l’ère industrielle qu’apparaissent les jouets faits de métal, tels les trains et les poêles miniatures.

Le marché du jouet est dominé par l’Allemagne jusqu’à la Première Guerre mondiale, bien que plusieurs pays voient naître de grandes entreprises dans ce domaine, telle la maison française Jumeau, fabricant de poupées. Les jouets deviennent progressivement plus accessibles, en même temps que plusieurs familles bourgeoises voient augmenter leur pouvoir d’achat, de sorte que de plus en plus d’enfants sont en mesure de posséder des jouets manufacturés. Durant le 19e siècle, la commercialisation de la fête de Noël a, de même, beaucoup contribué au développement de l’industrie du jouet.

Les jouets tout simples, faits à la maison

Bien qu’on retrouve certains jouets manufacturés au Québec au 19e siècle, on préfère encore, la plupart du temps, fabriquer les jouets à la maison. Il est, par exemple, assez facile de confectionner un hochet à partir de quelques osselets ou de n’acheter que certaines parties de jouets, par exemple des têtes ou des mains de porcelaine, qu’on coud soi-même à un corps de tissus pour en faire une poupée. Une toupie très simple peut aussi être fabriquée à la maison, à partir d’un fuseau de fil qu’on coupe et auquel on ajoute une tige d’appui.

Certains jouets sont fabriqués par les enfants eux-mêmes. C’est le cas du grimpant. Ce jouet est constitué d’une bobine aux extrémités dentelées, dans laquelle on a inséré un élastique retenu d’un côté par une allumette et, de l’autre, par un bâton d’une dizaine de centimètres. Une rondelle de savon ou de cire est insérée entre la bobine et le bâton. On remonte le grimpant en faisant tourner le bâtonnet, afin de tordre l’élastique, puis on pose le grimpant sur une surface plane. Il se met alors à avancer tout seul.

Les Amérindiens connaissent plusieurs jouets fabriqués à partir d’éléments de la nature. Ils jouent par exemple avec des bilboquets faits d’osselets et avec des ronfleurs, jouets composés d’une lanière de cuir à laquelle est fixé un osselet produisant des sons quand on le tourne à la manière d’une fronde. En 1691, un père récollet décrit aussi un hochet de 30 centimètres de long auquel sont attachées des griffes d’animaux et dont le manche est décoré d’aiguilles de porc-épic. Les Amérindiens improvisent souvent des jouets avec les marchandises de traite, se plaisant à attacher des colliers, des bracelets de porcelaine et des grelots aux berceaux des petits.

Ainsi se termine notre série de chroniques ayant pour thème C’est un jeu d’enfant!

Sources
  • CHAUMELY, Jean and Michel NOËL. Arts traditionnels des Amérindiens, Montreal, Hurtubise HMH, 2001, 175 p.
  • LESSARD, Michel and Huguette MARQUIS. Encyclopédie des antiquités du Québec: trois siècles de production artisanale, Montreal, Éditions de l’homme, 1971, 526 p.
  • MANSON, Michel. Jouets de toujours: de l’Antiquité à la Révolution, Paris, Fayard, 2001, 382 p.
  • RENAUD, Louise and Katherine TREMBLAY. Les jeux et les jouets de Place-Royale, [Québec], [Publications du Québec], 1990, 212 p.
  • SÉGUIN, Robert-Lionel. Les jouets anciens du Québec, [Montréal], Leméac, 1969, 107 p.

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Les merciers
Ces marchands font le commerce de menues marchandises, en particulier de matériel pour la couture.
La guerre des Boers
Guerre menée par l’Angleterre entre 1899 et 1902 contre les États du sud de l’Afrique où se trouvent des colons d’origine néerlandaise.
Émissaires de la mode
Qui dit poupée ne dit pas nécessairement jouet. En effet, certaines poupées sont destinées à d’autres usages, tel faire connaître la mode. Déjà au 14e siècle, des poupées illustrent par leur habillement les dernières tendances à la cour de France et les propagent à travers le monde. Créée comme poupée-mannequin, la poupée Barbie serait l’une de leurs descendantes.
François Baillairgé
Architecte et sculpteur, comme plusieurs autres membres de sa famille, François Baillairgé (1759-1830) est aussi statuaire et peintre. Il travaille à la décoration de nombreuses églises et prend en charge la construction des prisons de Québec et de Trois-Rivières.
Les soldats du Pape
Les zouaves sont des soldats d’infanterie regroupés à la demande du pape Pie IX pour résister aux Garibaldiens qui veulent refaire l’unité de l’Italie. De 1868 à 1871, 135 zouaves canadiens-français volent au secours du Pape.