Chroniques

Le costume... de l'utile à l'agréable

Les corvées de l'automne

Les Filles du Roy
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Collection Eleanor-Fortescue-Brickdale/Acquisition 1996-371/c020126k

L’univers du costume est fascinant en ce qu’il révèle plusieurs aspects de la vie de celui qui le porte. En effet, en plus de le protéger des intempéries et des chauds rayons du soleil, il dit souvent son rang social. son métier, ses origines, et ses croyances religieuses... Il dévoile également ses moeurs, ses pudeurs et ses critères de beauté.

Notre nouvelle série de chroniques, ayant pour thème général Le costume... de l’utile à l’agréable, vous conduira dans le monde captivant du vêtement. Découvrez les origines des modes vestimentaires en Nouvelle-France et laissez-vous charmer par certaines particularités de l’habillement.

Peut-être aurez-vous la tentation de reprendre certains éléments du costume particulièrement coquets... Pourquoi pas une mode rétro ?

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Premier épisode
S’habiller «à la canadienne»
S’habiller «à la canadienne»

Habitants canadiens
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Fonds Millicent Mary-Chaplin/Acquisition 1956-62-70/c000867k

Au XVIIe siècle, les Français venus en Amérique voient leurs modes de vie se transformer très rapidement. Dès leur arrivée dans le Nouveau Monde, les premiers habitants de la vallée du Saint-Laurent sont confrontés aux différentes saisons, aux changements climatiques, à l’isolement et à la rareté des contacts avec leur pays natal. Les échanges avec les peuples autochtones ont également une grande influence sur leurs us et coutumes, particulièrement sur leur façon de se vêtir.

En France, chacune des régions métropolitaines possède des caractéristiques vestimentaires qui lui sont propres même si les vêtements de base sont les mêmes d’une région à l’autre. En quittant leur pays, les voyageurs apportent dans leurs bagages, des vêtements des diverses régions françaises.

Pour le costume masculin, on retrouve la chemise, portée quotidiennement par l’habitant, ainsi que la culotte, le justaucorps, la veste ou le gilet. En Nouvelle-France, il est particulier d’observer que plusieurs colons disposent de vêtements et d’accessoires ne se trouvant que chez les bourgeois aisés ou chez les petits gentilshommes de France.

La garde-robe féminine est moins garnie que la garde-robe masculine. Par contre, les femmes préfèrent les tissus de meilleure qualité. Leurs chemises, seuls vêtements portés directement sur la peau, sont utilisées comme sous-vêtement et comme robe de nuit. Les dames ont une vingtaine de jupes et de jupons de tissus variés. Comme les jupes n’ont pas de poches, la femme en confectionne une paire qu’elle coud sur un ruban. Ce dernier est noué sous la jupe, au niveau de la taille. Le manteau, le corsage, le déshabillé ou la simarre, le tablier, le justaucorps ou le mantelet complètent le costume féminin.

Dans ce pays neuf, les échanges entre les Français et les Amérindiens sont courants. Les Autochtones connaissent fort bien les changements climatiques et adaptent leurs vêtements selon les saisons. Cependant, leur influence sur le costume français n’est pas aussi importante qu’on le croit.

S’habiller «à la canadienne»

Enfants en traîneau et femme en raquettes
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Collection de Canadiana Peter Winkworth/Acquisition R9266-438/c150328k

Pour les femmes, l’influence amérindienne se résume au châle. Du côté des hommes, ils portent des mitasses et des souliers de boeuf. Parfois, le brayet remplace la culotte au grand dam des curés!

Les Amérindiens reconnaissent rapidement les qualités des textiles importés de France. Par le biais de la traite des fourrures avec les coureurs des bois, les différentes nations amérindiennes sont mises en contact avec les textiles venant de la France ainsi qu’avec les vêtements et les accessoires de la garde-robe des nouveaux arrivants.

Le costume dit «à la française» se transforme donc peu à peu à cause des hivers rigoureux et des conditions économiques de la colonie naissante. Par exemple, le tapabord et la tuque sont deux couvre-chefs que les habitants de la Nouvelle-France empruntent aux marins pour se protéger du froid et des intempéries. Le justaucorps laisse place au capot taillé dans l’étoffe du pays. Ainsi, dès le milieu du XVIIIe siècle, on disait que l’on s’habillait «à la canadienne».

Pour en savoir plus sur la mode vestimentaire en Nouvelle-France, nous vous donnons rendez-vous le 3 avril 2007.

Sources
  • BACK, Francis. «Le costume des coureurs des bois: le mythe et la réalité», Cap-aux-Diamants, no 76, hiver 2004, p. 15-17.
  • BACK, Francis. «Le tapabord», Cap-aux-Diamants, no 60, hiver 2000, p. 50.
  • BACK, Francis. «Tuque, teuge, toque ou bonnet à la Turque?», Cap-aux-Diamants, no 53, printemps 1998, p. 56.
  • BOUCHER, François. Histoire du costume en Occident de l’Antiquité à nos jours, Paris, Flammarion, 1965, 448 p.
  • GOUSSE, Suzanne et André. Lexique illustré du costume en Nouvelle-France 1740-1760, Chambly, La Fleur de Lyse, 1995, 62 p.
  • SÉGUIN, Robert-Lionel. La civilisation traditionnelle de l’habitant aux XVIIe et XVIIIe siècles, Ottawa, Fides, 1967, p. 459-503.

Deuxième épisode
Perruques et coiffures masculines
Perruques et coiffures masculines

Perruques et coiffures du XVIIe siècle
Source: Bibliothèque et Archives Canada/La collection de peintures des Archives nationales – collection Henri Beau/Acquisition 1937-58/e002936k

À travers l’histoire, différents accessoires, parfois étranges, s’ajoutent au costume. Aux XVIe et XVIIe siècles, nous voyons apparaître les mouches, les manchons et les fraises. Les perruques, toujours en usage aujourd’hui, sont à la mode aux XVIIe et XVIIIe siècles, particulièrement en France et en Nouvelle-France. Elles sont courantes dans le costume féminin mais occupent une grande place dans le costume masculin.

Lorsque le roi de France, Louis XIV, que certains croient atteint de calvitie, se coiffe d’une perruque, il est rapidement imité par ses courtisans, puis par des hommes des différentes classes sociales. Les gens moins aisés, ne pouvant pas acquérir de perruques faites de véritables cheveux, s’en procurent de moindre qualité, en laine, en poils de chèvre ou en crins de cheval.

Après 1680, les perruques prennent des proportions impressionnantes. Le volume qu’occupe la perruque oblige les hommes à porter leur chapeau sous le bras. Par la suite, cette obligation devient une mode, même si la perruque devient de plus en plus légère.

Au tournant du XVIIIe siècle, la mode est aux perruques légères que l’on porte avec une bourse à cheveux ou en queue. De plus, sa couleur s’uniformise: on la poudre de blanc. On voit également de plus en plus d’hommes coiffer leurs propres cheveux, mais les plus élégants portent des perruques.

Dans les années 1730, on trouve des perruques dans le magasin d’Alexis Lemoine dit Monière. Aussi, plusieurs perruquiers travaillent à Québec. Dans les archives de la Prévôté, au cours de la première moitié du XVIIIe siècle, huit procès impliquent cinq différents perruquiers!

Perruques et coiffures masculines

Perruques et coiffures du XVIIIe siècle
Source: Bibliothèque et Archives Canada/La collection de peintures des Archives nationales – collection Henri Beau/Acquisition 1937-65/e002952k

En Europe, la bourse à cheveux, que l’on porte avec sa propre chevelure, est plutôt réservée aux citadins. Cependant, en Nouvelle-France, elle est aussi répandue chez les ruraux. Cet accessoire est particulièrement à la mode au milieu du XVIIIe siècle. La bourse à cheveux est un signe d’élégance inattendue chez nos ancêtres!

Une autre coiffure masculine, démontrant la coquetterie des messieurs, est le catogan. Ce type de coiffure est en vogue dans l’infanterie française du XVIIIe siècle, mode rapidement imitée par les civils de la métropole et de la colonie.

Sous le Régime français, plusieurs hommes portent les cheveux longs attachés en une queue-de-cheval tombant sur la nuque. Le naturaliste suédois Perh Kalm note dans son journal de voyage: «Les jeunes gens, et même les vieux paysans, tiennent leurs cheveux noués en couette par derrière et beaucoup d’entre eux passent la journée à la maison la tête couverte d’un bonnet de laine rouge, il y en a même qui font des voyages ainsi coiffés.»

Pour en savoir plus sur les habitudes vestimentaires en Nouvelle-France, nous vous donnons rendez-vous le 17 avril 2007.

Sources
  • BOUCHER, François. Histoire du costume en Occident de l’Antiquité à nos jours, Paris, Flammarion, 1965, 448 p.
  • KYBALOVA, Ludmila, Olga Herbenova et Milena Lamarova. Encyclopédie illustrée du costume et de la mode, Prague/Paris, GRÜND, 1986. p. 177-222.
  • ROUSSEAU, Jacques. Guy Béthune et Pierre Morisset (avec le concours de). Voyage de Perh Kalm au Canada en 1749, Montréal, Pierre Tisseyre, 1977, p. 194.
  • SÉGUIN, Robert-Lionel. La civilisation traditionnelle de «l’habitant» aux XVIIe et XVIIIe siècles, Ottawa, Fides, 1967, p. 459-503.

Troisième épisode
Signes d'immodestie
Signes d'immodestie

© Bibliothèque et Archives nationale du Québec. 2002-2007

En Nouvelle-France, la corruption des moeurs est imputable surtout à la danse et à la mode. Le vêtement, parce qu’il dévoile certaines parties du corps et en galbe d’autres, entre dans le jeu de la séduction. Le port de certaines pièces du costume peut ainsi transgresser les règles morales d’une société. Il s’est trouvé, de tout temps, des gardiens de la bonne moralité pour décrier les signes d’immodestie vestimentaire qu’ils trouvent principalement dans la tenue féminine.

«Couvrez ce sein, que je ne saurais voir! Par de pareils objets les âmes en sont blessées et cela fait venir de coupables pensées...» dit le Tartuffe de Molière. Il n’est pas d’hier que les décolletés font couler de l’encre. En 1690, un mandement de Mgr Jean-Baptiste de Lacroix de Chevrières de Saint-Vallier, évêque de Québec, demande aux femmes de s’habiller modestement à l’église et chez elles, parce qu’elles «ne se font point de scrupule d’avoir la gorge et les épaules découvertes quand elles sont dans leurs maisons [...].» Les prêtres ne pourront absoudre «[...] les filles et les femmes qui portent la gorge et les épaules découvertes, soit dedans, soit dehors leurs maisons, ou qui les auront couvertes que d’une toile transparente.»

La coiffure et la chevelure sont aussi pointées du doigt. Dans le même mandement, Mgr de Saint-Vallier dit: «[...] nous désirons que suivant l’Apôtre, les filles paraissent voilées, c’est-à-dire la tête couverte dans l’église». En 1694, Louis de Buade, comte de Frontenac, gouverneur de la Nouvelle-France, tient tête à l’évêque qui veut défendre le port de la dentelle et refuser la communion aux femmes qui portent «un fontange et autres rubans.»

Plusieurs témoignages montrent que les prédicateurs accusent les femmes de friser l’immodestie en mettant un trop grand soin à leur chevelure, ce que le naturaliste Perh Kalm confirme: «Chose admise: les femmes portent beaucoup d’attention à leurs tresses, qu’elles papillotent chaque nuit.»

On ne peut parler de décence sans parler de la longueur des jupes. En Nouvelle-France, un militaire nommé Jean-Baptiste d’Aleyrac affirme, en 1755, que les femmes et les filles du pays «portent des jupes qui ne vont guère qu’aux mollets.» Perh Kalm ajoute: «[...] elles portent un mantelet petit et élégant, sur un court jupon, qui va à peine à la moitié de la jambe [...].» On est encore loin de la minijupe, créée en 1962, mais ces messieurs s’intéressent tout de même à ce détail...

Au cours des années 1920, le costume féminin est radicalement modifié. Le corps se dénude de plus en plus. À cette époque apparaît une mode sportive, où les vêtements sont très courts et les tissus, légers et moulants. Alarmée, l’Église catholique dénonce cette mode qu’elle qualifie «indécente». La Ligue catholique féminine voit le jour en 1925 pour promouvoir la modestie féminine.

Pour en savoir plus sur les habitudes vestimentaires en Nouvelle-France, nous vous donnons rendez-vous le 1er mai 2007.

Sources
  • KYBALOVA, Ludmila. Olga Herbenova et Milena Lamarova. Encyclopédie illustrée du costume et de la mode, Prague/Paris, GRÜND, 1986. 600 p.
  • RAYMOND, Sylvie. «Sexe et pudeur chez Dupuis Frères», Cap-aux-Diamants, no 40 (Hiver 1995), p. 45-47.
  • SÉGUIN, Robert-Lionel. La vie libertine en Nouvelle-France au XVIIe siècle, Montréal, Leméac, 1972, p. 225-233.

Quatrième épisode
Mille et un petits rubans
Mille et un petits rubans

Mme Durell, 1746
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Collection Thomas-Hudson Acquisition 1980-22-2/c117938k

Symbole par excellence de la coquetterie, les rubans sont en usage depuis fort longtemps. Aux XVIIe et XVIIIe siècles, les femmes, comme les hommes, en parent généreusement leurs vêtements.

En France, au début du XVIIe siècle, les rubans et autres passementeries sont utilisés à profusion. Certains passementiers fondent de la monnaie pour confectionner ces riches dentelles, broderies et rubans de fils d’or et d’argent. On en retrouve sur les costumes à un point tel qu’à plusieurs reprises, des arrêts sont émis contre ce luxe.

Suite à ces arrêts, les riches passementeries sont alors remplacées par des noeuds de rubans de soie qu’on appelle «galans», déjà utilisés pour enjoliver les chevelures. Ces rubans sont très populaires aux XVIIe et XVIIIe siècles. En 1656, on peut compter, sur un habit «à la française», jusqu’à 600 galans! Ainsi, les costumes masculins et féminins sont chargés de bouclettes de ruban de couleurs variées.

Le velcro, les élastiques et les fermetures à glissière n’étant pas encore inventés, les différents rubans servent non seulement à parer les costumes et les chevelures, mais sont aussi utilisés comme accessoires nécessaires au maintien des divers vêtements sur le corps. On les utilise, par exemple, comme jarretières, pour retenir les bas. Les manches des robes, plus sujettes à l’usure, sont amovibles. Elles sont attachées aux épaules du corsage par des aiguillettes ou des rubans.

Les Français, venus coloniser l’Amérique, apportent dans leurs bagages ce goût pour la passementerie. Dans la colonie, on retrouve, à la campagne comme à la ville, une grande quantité de rubans, de dentelles, de galons et de padous. Dans chaque famille, ils sont rassemblés dans un panier à passementerie à l’usage des hommes et des femmes.

Ces rubans sont non seulement très utiles, mais ils peuvent revêtir différentes significations. Par exemple, en Nouvelle-France, il y a la coutume de la «livrée». Avant son mariage, la future mariée choisit des rubans, de différentes couleurs, dont elle fait des noeuds. Ces «livrées» sont envoyées à la famille et aux amis comme faire-part les invitant à la noce. Le jour du mariage, les invités et les futurs mariés épinglent ces noeuds de rubans à leurs vêtements. Cette tradition se retrouve encore, au XIXe siècle, en Acadie.

Aujourd’hui, les rubans ont encore leur signification. Un ruban rouge montre que son porteur est solidaire pour la cause du SIDA; un ruban rose, pour la cause du cancer du sein, et un ruban blanc, contre la violence faite aux femmes.

Pour en savoir plus sur les habitudes vestimentaires en Nouvelle-France, nous vous donnons rendez-vous le 15 mai 2007.

Sources
  • BACK, Francis. «Une mariée en 1637», Cap-aux-Diamant, no 50 (été 1997), p. 60.
  • BOUCHER, François. Histoire du costume en Occident de l’Antiquité à nos jours, Paris, Flammarion, 1965, 448 p.
  • RUPPERT, Jacques. Le Costume: II La Renaissance – Le style Louis XIII, Paris, Flammarion, 1947, p. 6-42. et Le Costume: III Louis XIV – Louis XV, p. 5-19.
  • SÉGUIN, Robert-Lionel. La civilisation traditionnelle de «l’habitant» aux XVIIe et XVIIIe siècles, Ottawa, Fides, 1967, p. 459-503
  • SÉGUIN, Robert-Lionel. La vie libertine en Nouvelle-France au XVIIe siècle, Montréal, Lemeac, 1972, p. 225-233.

Cinquième épisode
Distinguer le rang social par le costume
Distinguer le rang social par le costume

Ingénieur 1750-60.
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Fonds Henri Beau/Acquisition 1989-559-32/c002719k

Plus qu’un élément de protection et d’ornement, le costume est un signe d’identité social. Il souligne les liens d’appartenance et témoigne de la fortune et du statut de la personne qui le revêt.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, il importe que chacun occupe bien son rang social. C’est pourquoi un contrôle est opéré, notamment sur les costumes. Par exemple, au milieu du XVIIe siècle, des instructions de police précisent que «[...] chacun devra s’habiller selon son rang et la forme de ses vêtements devra être conforme à sa situation.» L’objectif principal est de « [...] conserver les différences de classes [...]. ».

Voyons certaines particularités vestimentaires permettant de distinguer les rangs sociaux. En France, pendant longtemps, certains tissus sont réservés aux nobles. Peu à peu, les bourgeois, désirant imiter la noblesse, utilisent ces riches étoffes. Il devient difficile alors de reconnaître le rang social d’après les tissus des costumes. Cependant, pour se distinguer davantage, les nobles vont chercher constamment de nouveaux textiles de plus en plus luxueux.

Il est certain que plus les écarts de fortunes sont grands, plus on peut reconnaître le rang social d’une personne par son costume. À titre d’exemple, en Nouvelle-France, les justaucorps, qu’on trouve dans l’élite coloniale, sont taillés dans de riches tissus brodés et colorés. Chez les ruraux, ce vêtement est taillé dans de robustes étoffes dont la couleur se résume souvent au brun et au gris.

En France, comme en Nouvelle-France, certains accessoires sont destinés à la haute société. Pour entrer dans une maison royale, les hommes, à l’exception du clergé et des magistrats de la cour, doivent porter l’épée, réservée à la noblesse. Les dames de qualité portent des masques ou des loups. Très à la mode aux XVIe et XVIIe siècles, ils protègent la délicate blancheur de leur peau et... leur anonymat. La bienséance les oblige à retirer cet accessoire quand elles entrent dans une demeure.

Outre les tissus et les accessoires, certaines particularités du costume peuvent indiquer le rang social. Les robes des nobles dames se terminent par une traîne. La longueur de celle-ci est proportionnée au titre de noblesse. Plus la dame est élevée dans la hiérarchie, plus la traîne est longue. Noblesse oblige...

Ainsi se termine notre série de chroniques ayant pour thème Le costume... De l’utile à l’agréable.

Sources
  • BACK, Francis, «Un justaucorps du règne de Louis XIV» Cap-aux-Diamants, no 55 (automne 1998), p. 54-55
  • BOUCHER, François. Histoire du costume en Occident de l’Antiquité à nos jours, Paris, Flammarion, 1965, 448 p.
  • GALLICHAN, Gilles et Jean-René Lassonde, «Le costume sous différentes coutures», Cap-aux-Diamants, vol. 4, no 2 (été 1988), p. 15-16.
  • KYBALOVA, Ludmila, Olga Herbenova et Milena Lamarova. Encyclopédie illustrée du costume et de la mode, Prague/Paris, GRÜND, 1986. p. 177-22

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Aiguillettes
Cordons ferrés aux deux bouts qui servent à garnir ou fermer les vêtements. Dans la tradition populaire, on ne rit pas quand un homme se fait nouer les aiguillettes puisqu’il reçoit un maléfice le rendant infertile...
Galans
Au milieu du XVIIe siècle, les galans sont des petits noeuds de rubans que l’on place dans les cheveux et un peu partout sur les vêtements.
Passementeries
Le passement est la première dénomination commune à toutes les dentelles, aux XVIe et XVIIe siècles. Peu à peu, le mot dentelle demeura au travail plus léger fait au fuseau et à l’aiguille, tandis que le passement évolua en passementerie désignant tous les ornements faits au métier.
Ligue catholique féminine
La Ligue catholique féminine est créée à Québec pour lutter contre les diverses causes d’immoralité. Elle veut maintenir la modestie chrétienne surtout en ce qui concerne le vêtement féminin. En 1927, la Ligue catholique féminine rassemble près de 30 000 membres, ce qui témoigne d’une certaine polémique sur le changement des moeurs des femmes dans les années 1920.
Jean-Baptiste d’Aleyrac
Jean-Baptiste d’Aleyrac est né le 29 avril 1737, à Saint-Pierreville, en France. À 17 ans, il s’engage dans le régiment du Languedoc. En 1792, alors qu’il est lieutenant-colonel, il quitte l’armée pour des raisons de santé. Il décède en 1796.
Pehr Kalm
Naturaliste suédois qui, lors d’un séjour en Nouvelle-France, a tenu un journal de voyage publié sous le titre Voyage de Perh Kalm au Canada en 1749. Il prend des notes scientifiques dans lesquelles il décrit non seulement des animaux et des végétaux, mais note aussi des observations sur les moeurs de la population, la religion, l’économie domestique, les mentalités, etc.
Fontange
La fontange est une coiffure avec un haut bonnet de dentelles mise à la mode par Mademoiselle de Fontanges et longtemps portée par les dames de la fin du XVIIe siècle. Le bonnet seul s’appelle un «fontange».
Frontenac
Louis de Buade, comte de Frontenac, voit le jour, en 1622, à Saint-Germain-en-Laye (France). Militaire de profession, il est gouverneur de la Nouvelle-France de 1672 à1682 et de 1689 à 1698. En 1690, il répond à un émissaire de William Phips, qui assiège Québec: «Allez dire à votre maître que je lui répondrai par la bouche de mes canons.» Il décède en 1698 à Québec.
Mgr de Saint-Vallier
Jean-Baptiste de Lacroix de Chevrières de Saint-Vallier est né en 1653 à Grenoble. Devenu prêtre, il devient le grand vicaire de Mgr Laval de Montmorency (premier évêque de Québec) puis, il est nommé évêque de Québec, de 1688 à 1727. Il est le fondateur de l’Hôpital général de Québec. Homme excessif, ses relations avec les gouverneurs Frontenac et Callières, l’armée, les Récollets et les Jésuites sont mauvaises. Il refuse que Tartuffe de Molière soit joué à Québec. Il a tellement d’ennemis que personne ne fait de démarche pour sa libération lorsqu’il est capturé et emprisonné en Angleterre pendant cinq ans. Il décède à Québec, en 1727.
Molière
Jean-Baptiste Poquelin, dit Molière est un auteur dramatique français du XVIIe siècle. Protégé de Louis XIV, il présente de nombreuses pièces, en vers ou en prose, à la Cour et au public parisien. On lui doit Les Précieuses ridicules, le Misanthrope, le Bourgeois gentilhomme, et autres nombreuses pièces.
Pehr Kalm
Naturaliste suédois qui, lors d’un séjour en Nouvelle-France, a tenu un journal de voyage publié sous le titre Voyage de Perh Kalm au Canada en 1749. Il prend des notes scientifiques dans lesquelles il décrit non seulement des animaux et des végétaux, mais note aussi des observations sur les moeurs de la population, la religion, l’économie domestique, les mentalités, etc
Catogan
Le catogan consiste en une pelote de cheveux roulés. Ce faux chignon est retenu aux vrais cheveux par un ruban.
Alexis Lemoine dit Monière
Natif de Trois-Rivières, Alexis Lemoine dit Monière est un «marchand-équipeur» (il fournit des produits pour la traite des fourrures et tient des marchandises pour la consommation courante). Dans sa jeunesse, il voyage pour le compte d'autres marchands. Vers 1715, à l'âge de 30 ans, il devient un «équipeur» avec son propre magasin situé à Montréal. La carrière de Lemoine se déroule jusqu'à la fin des années 1740.
Bourse à cheveux
La bourse à cheveux est un petit sac de taffetas dans lequel les hommes enferment la queue formée par leurs cheveux attachés.
Louis XIV
Fils de Louis XIII et d’Anne d’Autriche, Louis XIV est roi de France, de 1643 à 1715. Son long règne marque l'apogée de l’absolutisme royal de droit divin. Par son autorité absolue, il met fin aux grandes révoltes nobiliaires, parlementaires, protestantes et paysannes, qui marquaient la vie du royaume depuis plus d'un siècle. On le surnomme Louis le Grand ou le Roi-Soleil.
Fraise
La fraise est une collerette plissée et empesée, portée dans tous les pays de l’Europe occidentale. Sa forme et son volume sont très différents selon les pays et les périodes.
Manchon
Au XVIe siècle, le manchon est une bande de fourrure ou d’étoffe fourrée pour protéger les mains du froid.
Mouches
Les mouches sont des petites rondelles de taffetas noir que les femmes des XVIIe et XVIIIe siècles se collent sur le visage ou sur la gorge pour mettre en valeur la blancheur de leur peau.
Étoffe du pays
L'étoffe du pays est spécifique à la Nouvelle-France. Elle est faite avec de la laine du pays qui est feutrée par foulage. Pour fouler un tissu, il est d’abord mouillé, puis écrasé plusieurs fois à l’aide de foulons et de pilons. L’opération consiste à amalgamer les brins de laine pour causer le feutrage. Cette corvée est aujourd'hui une opération industrielle.
Capot
Le capot est le croisement entre le justaucorps français et les manteaux des marins. Ce manteau est ordinairement sans doublure. Il a un seul bouton à l’encolure et un capuchon. Ce vêtement typiquement canadien est plus élégant que les capots des marins car son ajustement est semblable au justaucorps des hommes. Le capot est chaud parce qu’il est fermé par une ceinture.
Tuque
Bonnet de laine grandement apprécié des marins depuis l’Antiquité. On l’appelle tantôt «bonnet à la matelote», «bonnet à la Turque» ou «bonnet rouge». L’origine du mot «tuque» est controversée. Viendrait-il de la «toque», une espèce de bonnet plat, ou du «bonnet à la Turque»? Quoi qu’il en soit, la couleur rouge est la favorite depuis le XVIe siècle. Jacques Cartier offre des tuques de cette couleur aux fils du chef Donnacona en 1534.
Tapabord
Il s’agit d’une calotte munie de cache-oreilles qui, une fois noués sous le menton, couvrent les flans du visage et empêchent que cette coiffure ne soit emportée par le vent. Le tapabord possède aussi une visière que l’on peut rabattre.
Souliers de boeuf
Ce sont des souliers de mode autochtone et de confection domestique. Ils sont fabriqués avec des peaux de chevaux ou de boeufs, morts à la ferme. Communément appelés «souliers sauvages», ils sont portés surtout par les hommes, les femmes préférant le soulier français.
Mitasses
Les mitasses sont des bandes d’étoffes avec lesquelles on s’enveloppe les jambes. Les Amérindiens en portent pour se garantir des arbustes et des plantes lorsqu’ils marchent dans les bois.
Mantelet
Le mantelet est un manteau court de femme, originairement toujours muni d’un coqueluchon (une sorte de capuchon).
Simarre
Il s’agit d’une robe de dessus, dont les formes varient. Elle s’ouvre toujours sur une robe de dessous.
Déshabillé
Le déshabillé est une robe de couleur que les femmes portent en dehors des réceptions et des cérémonies. Au XVIIe siècle, on l’appelle «robe de chambre» ou «robe volante».
Gilet
Sorte de veste courte, sans pans et sans manches, qui se porte sous la redingote ou l’habit. En Nouvelle-France, ce vêtement n’est pas en usage avant la moitié du XVIIIe siècle.
Veste
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, la veste est un vêtement d’homme porté sous le justaucorps. D’abord très longue, la veste se raccourcit peu à peu et se simplifie jusqu’au milieu du XVIIIe siècle, où elle devient le gilet.
Justaucorps
Le justaucorps est une sorte de veston ajusté. Déjà adopté depuis un certain temps dans le costume militaire, il est, vers 1670, adopté dans le costume civil. Avec des changements de détails, il reste en usage jusqu’au milieu du XVIIIe siècle où, sa coupe et ses ornements s’étant simplifiés, il devient l’habit. Les femmes portent aussi des justaucorps, qu’on appelle, au XVIIIe siècle, des justes. Ils sont taillés comme celui des hommes et ajustés à la silhouette féminine.
Culotte
La culotte est la partie du vêtement masculin qui couvre les cuisses. Au niveau des genoux, elle se boutonne sur le côté et elle est serrée par une boucle ou une jarretière. Plus ou moins collante et longue, elle demeure un élément du costume masculin jusqu'à ce que, au début du XIXe siècle, elle soit remplacée peu à peu par le pantalon.
Chemise
Les chemises des hommes diffèrent de celles des femmes parce qu’elles comportent un col et des poignets boutonnés. Les chemises des garçons de plus de cinq ans sont faites comme celle de leurs pères. Elles sont fabriquées de toile de lin, de chanvre et de coton.