Chroniques

Croyances populaires et superstitions au Québec
ou Côtoyer le merveilleux

Croyances populaires et superstitions au QuébecIl est toujours étonnant de constater à quel point les croyances et les superstitions qui ont peuplé la vie de nos ancêtres se perpétuent. Encore en 2006, même si peu de gens accordent de la crédibilité aux histoires de fantômes, nombreux sont ceux qui seraient incapables de dormir dans un cimetière! De même, il nous arrive tous un jour de toucher du bois, d’étendre un chapelet sur la corde à linge ou encore, d’éviter de passer sous une échelle...

Chez nos ancêtres, le «merveilleux» explique souvent les phénomènes mystérieux. C’est ainsi que sont créés, par exemple, monstres marins et feux follets, personnages peuplant aussi l’imaginaire des contes. Au quotidien, le merveilleux permet d’avoir une prise sur un avenir incertain et angoissant. Les gestes superstitieux faits pour éloigner la malchance ou attirer le bonheur, pour voir l’avenir, sont si nombreux que des dictionnaires ont pu être rédigés à leur propos.

Êtes-vous prêts à courir le loup-garou? Vous laisserez-vous tenter par l’expérience des tables tournantes? Cette nouvelle série de chroniques vous propose une petite incursion au sein de l’imaginaire merveilleux et superstitieux des Québécois.

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Premier épisode
Rendez-vous avec le surnaturel: le conte
Les chemins de la fourrure

Source: Notre mémoire en ligne, site Internet réalisé par Canadiana.org, ICMH # 26301.

Il est très difficile de découvrir l’origine des contes québécois traditionnels qui se transmettent oralement, d’un conteur à l’autre. Toutefois, il est très plausible que derrière chaque conte il y ait un premier conteur et peut-être quelques faits véridiques! Au 19e siècle, plusieurs contes sont fixés par écrit, tels La chasse-galerie d’Honoré Beaugrand ou l’histoire de Rose Latulippe, popularisée par Philippe Aubert de Gaspé (fils) dans L’influence d’un livre. Ces écrits nous permettent aujourd’hui de les connaître et de les étudier. Au 20e siècle, les magnétophones contribuent à sauvegarder de nombreux contes. Recueillis par des ethnologues comme Marius Barbeau, ils sont enregistrés de la bouche même des conteurs.

Dans le répertoire québécois, il existe des contes anecdotiques, des contes historiques et des contes surnaturels, ces derniers étant sans aucun doute les plus appréciés.

Mais attention, il ne s’agit pas d’inoffensifs contes de fées! Ce sont des contes pour adultes avec beaucoup d’action, mettant en scène d’effrayants personnages. À cet égard, l’imaginaire fantastique québécois ressemble beaucoup à l’imaginaire français, à la différence que c’est au Québec qu’il est le mieux toléré par le clergé. Il faut dire que la plupart des contes québécois, loin de menacer l’ordre établi, le renforcent plutôt. Les personnages des contes à qui il arrive malheur sont généralement de bien piètres pratiquants à la morale douteuse, tandis que le curé est présenté en héros, sauvant ses paroissiens des griffes du diable.

Les gardiens des contes sont les conteurs, spécialistes de leur art et pratiquement des acteurs. Or, n’est pas conteur qui veut. Si tout un chacun est apte à raconter une bonne blague à l’occasion, il en est différemment de s’attaquer à un récit long et complexe. Le conteur doit préparer sa veillée en répétant pour se remémorer le conte et ses moments dramatiques. Il place son rythme, ses silences, ses gestes. En mimant l’action et en chantant parfois, le conteur espère provoquer des émotions, rires ou larmes. Il essaie aussi de tenir son public en haleine. Le conteur possède une mémoire impressionnante, capable d’enregistrer des histoires rapidement et pour longtemps. Pour demeurer au sommet de sa forme, le conteur doit investir beaucoup de temps dans son art, qui connaît ainsi des hauts et des bas. Un bon conteur peut ainsi gagner sa vie.

Pour tout conteur, avoir un public est une chose essentielle car un conte qui n’est pas raconté est facilement oublié. Le répertoire de chacun étant limité, ce public doit se renouveler fréquemment. Plusieurs conteurs se déplacent ainsi de village en village. Les chantiers de bûcherons sont particulièrement propices aux contes. Le conteur du chantier est fort apprécié parce qu’il procure un divertissement sain aux travailleurs, leur enlevant le goût de repartir au village. Dans les familles, à la veillée, le conteur rassemble toujours autour de lui une petite foule. Quand il s’adresse majoritairement à des enfants, il écourte le conte et l’adapte en exagérant certains traits, en insistant sur certains détails. À la fin de la veillée, on remercie le conteur, on lui offre à boire ou à manger et on va se coucher en repensant à ses histoires merveilleuses.

Le diable, incarnation du mal, est sans conteste le personnage le plus populaire dans les contes. Pour en savoir plus sur celui qu’on surnomme Satan ou le Malin, nous vous donnons rendez-vous le 24 janvier 2006.

Sources
  • BOIVIN, Aurélien. Le conte fantastique québécois au 19e siècle, Montréal, Fides, 1987, 440 p.
  • CARLE, Pierre. L’homme et l’hiver en Nouvelle-France: présentation par Pierre Carle et Jean-Louis Minel, Montréal, Hurtubise HMH, 1972, 206 p.
  • PROVENCHER, Jean. C’était l’hiver: la vie rurale traditionnelle dans la vallée du Saint-Laurent, Montréal, Boréal Express, 1986, 278 p.
  • ROY, Carmen. Littérature orale en Gaspésie, 2e éd. rev. et aug., Montréal, Leméac, 1981, 444 p.

Deuxième épisode
Ça parle au diable!

À la fin de la vie, il y a deux destinations possibles pour le fidèle catholique: le ciel ou l’enfer. Dans Le petit catéchisme, le deuxième endroit est décrit comme peu enviable. En enfer se trouvent les anges déchus, qu’on appelle démons, qui souffrent d’horribles supplices dans un feu éternel et qui s’emploient à tourmenter les âmes des damnés. L’action de ces démons s’étend même à l’extérieur, puisqu’ils viennent tenter les hommes sur terre et les inciter au péché. C’est directement de l’enfer, tel que conçu dans l’imaginaire chrétien, que provient le plus célèbre et le plus effrayant personnage des contes québécois, le diable.

Dans les contes, le diable rôde à la recherche d’âmes qu’il pourrait entraîner avec lui. Sa méthode préférée est de conclure des pactes avec les hommes, leur faisant miroiter mille et une bonnes choses. Les plus vulnérables sont bien entendu les pauvres, ceux qui tirent «le diable par la queue», et les jeunes écervelés. Mais attention, les faveurs obtenues par le diable coûtent cher: il faut y laisser son âme. Le diable peut aussi prendre possession des personnes ou des objets. Gare alors à ceux qui, par mégarde ou inconscience, prononcent des paroles telles «que le diable l’emporte» ou «que le diable s’en occupe», car le diable pourrait les prendre aux mots et venir hanter ce qu’on lui a donné. Enfin, ceux qui désobéissent aux lois de Dieu et de l’Église sont des proies faciles pour le diable. Dans Le rigodon du diable, un conte de Louvigny de Montigny, le diable jette dans un lac les imprudents qui ont transgressé l’interdit en poursuivant la danse après le coup de minuit du mercredi des Cendres. Voilà de quoi encourager les paroissiens à respecter les prescriptions de l’Église!

Pour amadouer ses proies, en particulier les jeunes filles entreprenantes comme Rose Latulippe, le diable se déguise et se donne bonne figure. Distingué, vêtu de noir, il ne retire jamais ses gants ni son chapeau, pour qu’on ne puisse voir ni ses griffes, ni ses cornes. Dans certains contes, le diable prend l’apparence d’un beau cheval noir. Mais même lorsqu’il est déguisé, certains signes laissent soupçonner sa véritable identité, tel le bébé qui pleure chaque fois que l’inconnu s’approche du berceau ou la neige qui fond autour de ses chevaux. Démasqué, le diable a une apparence qui crée l’effroi: yeux de feu, cornes, queue velue. Quand il quitte une maison, il doit défoncer un mur pour sortir bruyamment, car au-dessus des portes il y a bien souvent une croix ou un crucifix.

Par bonheur, le diable gagne rarement. Ses pactes sont déjoués, comme ce fut le cas dans l’histoire du pont de Québec. On raconte que le diable a offert d’aider à sa construction en échange de la première âme qui traversera ce pont. Or, le premier à traverser fut... un chat! Les hommes sont aussi protégés par le curé. Armé de croix et d’eau bénite, le curé démasque le diable, l’affronte et le met en fuite. Cette représentation du curé dans les contes, mis au même niveau que cet ange puissant, renforce l’image du clergé et rassure la population. Quand la veillée de contes est terminée, il existe des superstitions pour protéger la maisonnée contre le diable. Ainsi, quand quelqu’un frappe à la porte, il convient de dire «ouvrez» et non «entrez» car si on s’aperçoit que c’est le diable, il est encore possible de le chasser en faisant le signe de la croix.

Même s’il est le plus populaire, le diable est loin d’être le seul être fantastique malfaisant dans les contes québécois. Pour en savoir plus sur les lutins et les feux follets, nous vous donnons rendez-vous le 7 février 2006.

Sources
  • BOIVIN, Aurélien. Le conte fantastique québécois au 19e siècle, Montréal, Fides, 1987, 440 p.
  • DESRUISSEAUX, Pierre. Dictionnaire des croyances et des superstitions, Montréal, Triptyque, 1989, 225 p.
  • DU BERGER, Jean. «Le Diable», dans Jean SIMARD, et autres, Un patrimoine méprisé: la religion populaire des québécois, LaSalle, Hurtubise HMH, 1979, 309 p.
  • LACOURSIÈRE, Jacques et Hélène-Andrée BIZIER. Nos racines: l’histoire vivante des Québécois, Saint-Laurent, Éditions Transmo, 1979, 144 fasc. (Chapitre 17: L’école et l’hôpital).
  • Le petit catéchisme de Québec: publié avec l’approbation et par l’ordre du premier concile provincial de Québec, Montréal, C. O. Beauchemin, [1852?], 84 p.
  • ROY, Carmen. Littérature orale en Gaspésie, 2e éd. rev. et aug., Montréal, Leméac, 1981, 444 p.

Troisième épisode
Toute une population d'êtres merveilleux

Chez nos ancêtres, nombreux sont les phénomènes de la vie courante pouvant être interprétés comme des manifestations du surnaturel au sein du monde des hommes: bruits inhabituels, conduites bizarres chez les animaux, objets qui disparaissent, curiosités de la nature... Voici deux de ces êtres merveilleux qui ont peuplé le monde imaginaire des Québécois.

Les lutins

Petits bouts d’hommes de dix-huit pouces de haut, avec rien qu’un oeil dans le milieu du front, le nez comme une noisette, une bouche de ouaouaron fendue jusqu’aux oreilles, des bras pi des pieds de crapauds, avec des bedaines comme des tomates et des grands chapeaux pointus qui les font r’sembler à des champignons de printemps.
Louis Fréchette, Les lutins

Les lutins sont de petits êtres qui habitent avec les hommes, dans les maisons. Rares toutefois sont ceux pouvant se vanter d’avoir vu un lutin puisqu’ils ne se montrent jamais, sauf s’ils s’incarnent en chiens ou en chats. Plusieurs signes trahissent la présence des lutins, le signe le plus connu étant de retrouver les chevaux épuisés le matin, la queue et la crinière tressées. Les lutins aiment en effet se promener à cheval la nuit et comme ils sont trop petits pour rejoindre les étriers, ils s’en fabriquent à même la crinière des chevaux.

Le lutin domestique est bon ou mauvais, selon le traitement qu’on lui accorde. Le bon lutin protège la maison tandis que le mauvais joue des tours à son propriétaire. En revanche, il est possible de jouer un tour au lutin en cachant derrière la porte un pot de cendres ou de céréales, que le lutin renverse en entrant. Comme il aime bien tout remettre en place, le lutin passe la nuit à nettoyer, ce qui lui enlève le goût de revenir.

Les feux follets

Le feu follet est une âme en peine qui erre dans la nuit. Si elle est condamnée à vivre sous cette forme, c’est soit que son propriétaire négligent n’a pas fait ses Pâques quatorze années de suite, soit qu’au moment de sa mort, il était en état de péché. Les feux follets ont l’apparence de langues de feu rouges, vertes, bleues, qui volent dans la nuit. Plutôt mauvais, ils s’amusent à créer des embarras aux voyageurs ou pire encore, à égarer ceux-ci.

Il est possible de se débarrasser d’un feu follet en plantant sur une clôture un objet métallique, tel un ciseau ou une aiguille. Cela attire le feu follet s’amusant à y passer et repasser, jusqu’à ce que parfois, il se blesse. Cette méthode fait bien l’affaire des voyous qui se déguisent en feux follets avec des torches, en espérant récupérer des passants apeurés quelques objets métalliques précieux. On peut faire fuir un feu follet en mettant les bras en croix ou en lui demandant la date de Noël «cette année», ce qu’il ne pourra connaître.

Il existe une explication scientifique au feu follet. Les langues de feu volant dans les airs seraient de petits feux résultant de la combustion spontanée des gaz se dégageant de la putréfaction. Pour cette raison, les feux follets sont particulièrement abondants dans les cimetières et les marécages.

Dans l’imaginaire fantastique québécois, il y a des créatures plus effrayantes et malfaisantes que les lutins et les feux follets. Pour en savoir plus sur les loups-garous, les monstres marins et les «jeteux de sorts», nous vous donnons rendez-vous le 21 février 2006.

Sources
  • BOIVIN, Aurélien. Le conte fantastique québécois au 19e siècle, Montréal, Fides, 1987, 440 p.
  • PROVENCHER, Jean. C’était l’automne: la vie rurale traditionnelle dans la vallée du Saint-Laurent. Montréal, Boréal Express, 1984. 236 p.
  • ROY, Carmen. Littérature orale en Gaspésie, 2e éd. rev. et aug., Montréal, Leméac, 1981, 444 p.

Quatrième épisode
Une faune maléfique

Le loup-garou

Depuis l’Antiquité, les loups-garous sévissent en Europe. Ils pourraient avoir été inventés par les Grecs et les Romains, sociétés d’agriculteurs, qui considéraient comme inférieurs les peuples chasseurs qui se revêtaient de peaux d’animaux. Le nom «loup-garou» provient de l’anglo-saxon «garwal», qui signifie homme-loup. Au Québec, celui qui court le loup-garou est un homme au comportement répréhensible. Il se moque du curé, ne paye pas la dîme ou pire, ne fait pas ses Pâques. Pour cette raison, il risque d’être condamné par le diable à errer, chaque nuit, sous l’apparence d’un animal tel le chien, le boeuf ou l’ours, avec de longs poils et des yeux de braise. En 1767, la présence d’un loup-garou est rapportée dans La Gazette de Québec.

Pour démasquer les loups-garous, il suffit de surveiller de près ceux qui, tous les soirs, s’éclipsent à la même heure. Si on arrive à blesser l’animal, l’homme sera blessé au même endroit le lendemain. L’une des façons de délivrer un loup-garou du maléfice est de l’atteindre au front, son point faible, sur lequel il a reçu l’eau bénite du baptême. Il faut y tracer une croix ou frapper pour faire couler le sang. Il est aussi possible d’atteindre le loup-garou en utilisant un fusil bourré de rameau bénit, d’un chapelet ou encore de balles trempées dans l’eau bénite.

Les monstres marins

Comme la nuit, la mer est un terrain fertile pour l’imagination et depuis des siècles, on la croit habitée de dieux et de monstres qui aident les voyageurs ou leur nuisent. En prenant la mer, les explorateurs européens ont affronté, en plus des périls réels de l’océan, leur peur des serpents de mer et des crabes gigantesques. Comme l’a appris Champlain dès son arrivée, les cours d’eau du Québec ne sont pas épargnés! Les Amérindiens décrivent à Champlain le monstre Gougou, qui habite sur une île de la baie des Chaleurs et qui a l’apparence d’une femme géante produisant des bruits horribles. Ce monstre met les hommes dans un sac pour ensuite les manger. Il fait de nouveau parler de lui en 1804 lorsqu’il réapparaît au même endroit, cette fois sous l’apparence d’une jolie femme qui a le bas du corps comme celui d’un poisson.

Les monstres marins québécois prennent plusieurs formes. Parfois, ils figurent parmi les faits divers des journaux tels Le Vrai Canadien et Le Spectateur, décrits comme des serpents de dix pieds de longueur ressemblant à des roches ondulant dans l’eau. Dans le golfe du Saint-Laurent, il existe aussi des hommes-loups marins, qui s’approchent des canots, et des sirènes. Ces dernières charment les pêcheurs à la veille d’une tempête afin qu’ils ne songent plus à regagner terre. Selon certains Gaspésiens, les sirènes ne résident pas en permanence dans nos eaux et sont bien «écartées» quand elles s’aventurent jusqu’ici.

Le «jeteux de sorts»

Individu malfaisant, le «jeteux de sorts» a la capacité d’ensorceler ceux dont il veut se venger. Parce qu’ils peuvent s’enfuir facilement, les quêteux sont souvent soupçonnés d’être des «jeteux de sorts», surtout s’ils sont étrangers ou s’ils ont une apparence douteuse. Si on ne leur fait pas l’aumône, on croit qu’ils peuvent empêcher le pain de lever, faire mourir les animaux, envoyer des poux aux enfants et des rats au grenier. Toutefois, ce ne sont pas tous les quêteux que l’on craint puisqu’il y a aussi les bons quêteux qu’on aime recevoir, ceux qui suivent un circuit régulier, qui racontent des histoires et à qui on confie le courrier.

Afin de contrer les mauvais sorts, il faut retrouver son «jeteux de sorts» pour qu’il dénoue l’ensorcellement. Pour ce faire, il faut piquer des épingles dans un tissu rouge, qu’on fait bouillir dans l’eau et le vinaigre. Cela fait souffrir le sorcier qui revient demander ce qu’on lui veut. On peut aussi tenter de s’exorciser en se faisant brûler une chandelle bénite sur le ventre ou en faisant le sacrifice d’une poule noire. Enfin, la piété et la vertu peuvent avoir des propriétés protectrices. Au 17e siècle, un ensorceleur échoue en s’en prenant à Soeur Marguerite du Prévieux, de l’Hôtel-Dieu de Québec. Chaque fois qu’il s’approche d’elle, il est repoussé par une force invisible.

Les exorcismes contre les «jeteux de sorts» ressemblent beaucoup à de la sorcellerie. Au Québec, des pratiques occultes existent afin de communiquer avec les esprits. Pour en savoir plus sur les manifestations des morts dans le monde des vivants, nous vous donnons rendez-vous le 7 mars 2006.

Sources
  • BLANCHET, Johanne et Jean PROVENCHER. C’était le printemps: la vie rurale traditionnelle dans la vallée du Saint-Laurent, Montréal, Boréal Express, 1980, 236 p.
  • BOIVIN, Aurélien. Le conte fantastique québécois au 19e siècle, Montréal, Fides, 1987, 440 p.
  • GOWETT, Larry. Les loups-garous dans la tradition religieuse québécoise, Montréal, Maîtrise (sciences religieuses), Université du Québec à Montréal, 1978, 127 p.
  • LACOURSIÈRE, Jacques et Hélène-Andrée BIZIER, Nos racines: l’histoire vivante des Québécois, Saint-Laurent, Éditions Transmo, 1979, 144 fasc. (Chapitre 2: La traversée; Chapitre 17: L’école et l’hôpital; Chapitre 52: La guerre de 1812).
  • ROY, Carmen. Littérature orale en Gaspésie, 2e éd. rev. et aug., Montréal, Leméac, 1981, 444 p.

Cinquième épisode
Manifestations d'outre-tombe
Manifestations d'outre-tombe

Henri Julien, La Criée, 1908, Huile sur toile, 53,6 x 40,7 cm
Musée national des beaux-arts du Québec, Photo: Patrick Altman (68.31)

Dans la société catholique traditionnelle, la mort est un événement que l’on prépare toute sa vie. Afin d’aller au ciel, on a pris soin de vivre éloigné du péché et on espère mourir en état de grâce, si possible avec l’assistance d’un prêtre. Pour ne pas être surpris par la mort, nos ancêtres sont particulièrement attentifs à ses signes avant-coureurs. Un long fil blanc sur un habit noir, une fourchette et un couteau qui se croisent, une partie de champs qu’on oublie d’ensemencer au printemps, un oiseau qui se pose sur une épaule sont tous annonciateurs d’une mort prochaine. De même, rencontrer dans la rue quelqu’un ressemblant à un ami est un présage de la mort de celui-ci.

Puisqu’un décès est un moment de grande solidarité où la communauté accompagne le défunt par l’accomplissement des rituels funèbres, il convient aux proches de celui qui vient de décéder aussi d’être aux aguets. Dans l’imaginaire québécois traditionnel, les parents et amis du défunt reçoivent souvent un signe au moment du trépas: une chaise se met à bercer toute seule, une porte s’ouvre et se referme brusquement, on s’éveille en sursaut. C’est à ce moment, heure du décès, qu’on arrête l’horloge pour ne la remettre en marche qu’après les funérailles.

Dans l’imaginaire populaire, il y a de multiples interactions entre le monde des vivants et celui des morts. Par les prières et les messes, les vivants continuent d’aider les morts à trouver le repos. S’ils ne le font pas, il arrive que les morts viennent réclamer cette assistance. Ces derniers se manifestent sous forme de lumières blanches ou de bruits, laissant de l’argent autour de la maison, défaisant les tresses des enfants, ne cessant leur harcèlement que lorsqu’ils sont satisfaits, c’est-à-dire lorsqu’on leur paie enfin une messe ou un lampion. Certains morts se manifestent aux vivants pour les aider. Ils les rassurent sur leur sort dans l’au-delà, remettent l’argent d’une dette, les conseillent, par exemple en déplaçant une barque pour avertir les pêcheurs de l’arrivée d’une tempête. Un mort peut aussi amener avec lui des peurs et des difficultés, il suffit de le lui demander en touchant son cadavre. D’autres défunts reviennent sur terre pour expier une faute, ils hantent les maisons ou languissent dans la lune.

Il y a un moment où les morts sont attendus, c’est le soir de la Toussaint et le lendemain, le jour des Morts. À l’origine, la fête correspond, dans le calendrier celtique, à la fin d’une année et au début de l’autre. Ces jours de réjouissances n’appartenant à aucune des deux années, le monde des vivants et celui des morts peuvent s’interpénétrer. Au repas du soir, un couvert est ainsi réservé aux défunts et on évite de sortir, de peur de rencontrer un revenant. Le lendemain, on sonne le glas et on fait la criée des âmes, réservant les profits aux messes pour les défunts. On se recueille ensuite au cimetière. Cette journée-là, on ne laboure pas la terre car du sang pourrait couler des sillons!

Quand les morts ne se manifestent pas d’eux-mêmes, certaines pratiques permettent de communiquer avec eux. Étrangement, c’est surtout par les lettres épiscopales qui les dénoncent que les pratiques de nécromancie nous sont connues. L’une de ces pratiques a beaucoup fait «jaser» au Québec dans les années 1850, il s’agit des tables tournantes. Ces tables, on les fait marcher, tourner et frapper... tout cela pour entrer en contact avec les esprits et obtenir d’eux des révélations sur le passé, le présent et l’avenir. Évidemment, les évêques n’ont pas détaillé le mode d’emploi afin de ne pas y gagner de nouveaux adeptes. Ils recommandent plutôt aux curés de refuser les sacrements à ceux qui s’y adonnent. Vers 1894, une étude sur le spiritisme traite toujours des tables tournantes.

Au Québec, il existe toutes sortes de superstitions. La plupart sont plutôt anodines. Pour en savoir plus sur les présages et les façons de connaître l’avenir, nous vous donnons rendez-vous le 21 mars 2006.

Sources
  • DESRUISSEAUX, Pierre. Dictionnaire des croyances et des superstitions, Montréal, Triptyque, 1989, 225 p.
  • FORTIER, Yvan. «La mort: le réel et l’imaginaire en Charlevoix» dans René BOUCHARD, et autres, La vie quotidienne au Québec: histoire, métiers, techniques et traditions, Sillery, Presses de l’Université du Québec, 1983, pp. 135-158.
  • PROVENCHER, Jean. C’était l’automne: la vie rurale traditionnelle dans la vallée du Saint-Laurent. Montréal, Boréal Express, 1984. 236 p.
  • ROY, Carmen. Littérature orale en Gaspésie, 2e éd. rev. et aug., Montréal, Leméac, 1981, 444 p.

Sixième épisode
Que nous réserve l’avenir?

Comme si elle caressait une boule de cristal, la future maman se caresse le ventre. L’enfant sera-t-il un garçon, héritier de la ferme, ou une fille qui l’aidera dans ses corvées? Survivront-ils à l’accouchement? L’enfant sera-t-il en bonne santé? Aura-t-il une vie heureuse et prospère? Que d’espoirs et d’angoisses en même temps! En 2006, l’échographie, l’amniocentèse et les progrès de la médecine rassurent la future mère et dévoilent certains secrets tels le sexe de l’enfant ou encore, la présence d’une infirmité.

Jadis, ce sont d’autres signes, un peu moins précis, qui laissent espérer un garçon ou une fille. Le ventre de la mère porte-t-il vers la droite? Ce sera un garçon. Un ventre qui porte vers la gauche présage une fille. Mais fille ou garçon, l’important est que la future mère n’aperçoive pas de sang au sol, signe qu’elle souffrira beaucoup à l’accouchement. Tant mieux, par contre, si l’enfant naît un vendredi, car il aura une bonne santé et sera heureux en affaires et en amour. De même, si l’enfant naît avec beaucoup de cheveux, il sera chanceux dans la vie.

Dans une société traditionnelle si dépendante de l’agriculture, la température est souvent le sujet des pronostics. On dit, par exemple, que si le premier jour de décembre est doux, il faut attendre pour faire boucherie car les Avents seront doux et la viande ne se conservera pas. Si les Avents sont doux, l’hiver sera doux. Selon une croyance populaire, il est possible de prédire la température des douze mois de l’année selon la température qu’il fait de Noël aux Rois. On croit aussi que l’hiver sera beau, avec peu de neige, si les nids de guêpes sont bas ou si les fraisiers fleurissent à l’automne. Pures superstitions ou connaissances empiriques? Certains diront qu’on retient plus facilement les présages qui se révèlent vrais que ceux qui sont inexacts.

Des présages, il y en a de toutes sortes. Un fil blanc sur une robe signifie un nouvel amoureux et une couche souillée oubliée par une visiteuse présage une naissance dans la maison. Un foyer laissant échapper beaucoup de fumée peut signifier une querelle, comme l’affirme le dicton «Cheminée qui boucane, femme qui chicane, le diable dans la cabane». Si les signes ne viennent pas d’eux-mêmes, certaines pratiques superstitieuses permettent de voir l’avenir. La jeune fille curieuse de connaître son futur époux peut ainsi compter quarante chevaux blancs ou dix-huit chevaux noirs. Le premier garçon qui entrera dans la maison portera le prénom du futur mari. Elle peut aussi cacher un miroir sous son oreiller ou passer un peu du gâteau de noces dans la bague de la mariée, deux gestes qui lui feront voir en rêve celui qu’elle épousera.

Interpréter les songes pour prédire l’avenir est très populaire, même dans les communautés religieuses. Ils annoncent souvent des décès ou des guérisons. Les annales de l’Hôtel-Dieu de Québec font ainsi mention du cas de Soeur Jeanne Hazeur qui, en rêve, voit un vieil homme lui présentant une montre qui indique minuit. La religieuse est certaine qu’il lui reste peu de temps à vivre, douze jours ou peut-être douze semaines. Elle meurt au bout de douze mois, le 25 décembre 1706, jour de la messe de minuit. Les autorités ecclésiastiques tolèrent bien l’interprétation des songes, surtout s’ils ont un caractère édifiant. Il existe toutefois des cas où, sous prétexte qu’elles ont eu un songe, certaines personnes essaient de mener à bien des entreprises qui ne conviennent pas aux autorités. C’est pour prévenir de tels cas d’abus que Mgr de Saint-Vallier condamne comme pratique superstitieuse l’interprétation des songes.

Afin que l’avenir soit favorable, il convient de mettre toutes les chances de son côté. Pour en savoir plus sur les gestes à poser afin de repousser le malheur et attirer le bonheur, nous vous donnons rendez-vous le 4 avril 2006.

Sources
  • CARLE, Pierre. L’homme et l’hiver en Nouvelle-France: présentation par Pierre Carle et Jean-Louis Minel, Montréal, Hurtubise HMH, 1972, 246 p.
  • CLICHE, Marie-Aimée. Les pratiques de dévotion en Nouvelle-France: comportements populaires et encadrement ecclésial dans le gouvernement de Québec, Québec, Presses de l’Université Laval, 1988, 354 p.
  • DESRUISSEAUX, Pierre. Dictionnaire des croyances et des superstitions, Montréal, Triptyque, 1989, 225 p.
  • DUPONT, Jean-Claude. Coutumes et superstitions, 2e éd., Sainte-Foy, Éditions J.-C. Dupont, 1994, 63 p.

Septième épisode
Les superstitions au quotidien

Qui n’a pas, un jour, évité de passer sous une échelle ou bien conservé un sou trouvé dans la rue, pour la chance? Aujourd’hui encore, les gestes à éviter ou à poser pour repousser le malheur et attirer le bonheur sont nombreux. Cette chronique vise à présenter plusieurs superstitions, souvent oubliées, qui ont peuplé le quotidien des Québécois.

Dans la société traditionnelle, une série de gestes, d’activités, de célébrations, etc... sont devenus l’objet de mauvais présages. En voici quelques exemples...

  • Balancer un berceau vide donne des coliques aux bébés.
  • Quand on marche avec quelqu’un, se laisser séparer par un arbre, un poteau ou une autre personne est un présage de déceptions.
  • Si on entaille les érables un Vendredi saint, ce sont des gouttes de sang qui s’écoulent.
  • Quand il y a un décès, frapper le cercueil contre le cadre de porte de la maison du défunt annonce un autre décès pour la famille.
  • La femme qui a ses règles fait tourner le lait et les sauces, ou ne peut réussir son pain ni ses gâteaux, ou ses conserves surissent, ou encore ses cheveux ne frisent pas.
  • Chanter la messe des Morts sans raison attire la mortalité.
  • Pleurer le jour des noces attire le malheur.

Heureusement, plusieurs gestes sont porteurs de chance, tel garder sur soi une patte de lapin ou tuer une araignée avec la main ou le pied gauche. Installer des branches de cormier dans la maison porte aussi bonheur, parce qu’ils la protègent de la foudre et des mendiants.

Certains gestes superstitieux cherchent à influencer le futur de façon très précise. Si une guêpe s’apprête à piquer, on croit que de se mordre la langue éloignera l’insecte. Si on a le hoquet, on croit que de penser à celui que l’on épousera le fera cesser. De même, si une femme attend un enfant et qu’elle souhaite un garçon plutôt qu’une fille, il lui faut mettre une couverture de laine sous les pieds du mari ou manger des grains de blé en nombre pair. Pour avoir une fille, elle devra placer des plumes en nombre impair sous l’oreiller du mari ou manger des grains de blé en nombre impair.

La marge est souvent mince entre superstition et sorcellerie. Certaines pratiques sont tolérées par l’Église mais d’autres sont condamnées, le tout étant très variable selon les époques et l’interprétation de chaque évêque. Ainsi, prier afin d’empêcher les chiens de japper est considéré comme une superstition inoffensive par Mgr de Pontbriand. Par contre, manger de la viande le vendredi pour qu’il fasse beau et boire de l’alcool à outrance pour qu’il pleuve sont de mauvaises superstitions. Dans les années 1860, l’utilisation du pain bénit et des scapulaires pour faire surnager le corps des noyés est condamnée comme sorcellerie.

Parfois, les superstitions ont certains fondements. On croit, par exemple, qu’il y aura un trou dans la cuillère d’étain si on plante une aiguille sous la chaise du fondeur ou si, pendant qu’il travaille, on utilise dans la maison un objet pointu comme une broche à tricoter. Dès que la cuillère a un trou, le fondeur regarde ainsi sous sa chaise à la recherche de l’aiguille. En réalité, il est normal que des trous apparaissent dans les premières pièces que fabrique un fondeur parce que le moule n’est pas suffisamment chauffé. Ainsi, quand un farceur plante une aiguille sous la chaise, le tour fonctionne souvent. Or, comme l’être humain retient plus facilement les faits qui font son affaire, certaines superstitions peuvent se perpétuer de cette façon.

Ainsi prend fin la série de chroniques portant sur les Croyances populaires et les superstitions au Québec.

Sources
  • BERNARD, Louise, «Tour, superstition ou défaut dans la technique du moulage des cuillères d’étain», dans René BOUCHARD, et autres, La vie quotidienne au Québec: histoire, métiers, techniques et traditions, Sillery, Presses de l’Université du Québec, 1983, pp. 265-262.
  • CLICHE, Marie-Aimée. Les pratiques de dévotion en Nouvelle-France: comportements populaires et encadrement ecclésial dans le gouvernement de Québec, Québec, Presses de l’Université Laval, 1988, 354 p.
  • DESRUISSEAUX, Pierre. Dictionnaire des croyances et des superstitions, Montréal, Triptyque, 1989, 225 p.
  • DUPONT, Jean-Claude. Coutumes et superstitions, 2e éd., Sainte-Foy, Éditions J.-C. Dupont, 1994, 63 p.

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La lessive de la Vierge
Selon une croyance populaire, le soleil se montre toujours au moins quelques instants le samedi. En effet, c’est le samedi que Marie, mère de Jésus, lave les couches de son enfant pour que celles-ci soient bien propres le dimanche. Marie a besoin d’une journée ensoleillée pour les faire sécher!
La criée
Au cours d’une criée, on vend des objets à l’encan.
Le curé sans tête
Les contes québécois traditionnels regorgent d’histoires de fantômes. Dans La messe du revenant, un conte de Louis Fréchette, un prêtre défunt doit, la nuit de chaque jour des Morts, revenir chanter cette messe pour avoir eu de mauvaises pensées, de son vivant, durant les offices. Son problème est qu’il n’a pas de servants de messe pour répondre aux prières. Ce n’est qu’après plusieurs siècles que ce curé sans tête réussit à convaincre quelqu’un de répondre, ce qui le délivre du sortilège.
Pas besoin de gardienne!
Ce témoignage a été recueilli en 1975 lors d’une enquête ethnologique dans la région de Charlevoix. Il existe dans cette région une dame qui, lorsqu’elle sort le soir, ne se préoccupe pas de trouver quelqu’un pour surveiller ses enfants. En effet, leur père défunt veille sur eux, chauffant le poêle et berçant les enfants.
Un cri déchirant
En Gaspésie, un couple écosse des pois à la cuisine. Il est 16 h. Soudain, ils entendent crier «Maman» et en même temps, un chien hurle. L’homme explore les environs sans trouver la source du cri. Le lendemain, l’homme et la femme reçoivent une lettre leur annonçant la mort de leur fils survenue par noyade, la veille, à l’heure exacte où ils avaient entendu le cri.
Alerte au loup-garou!
Tel que publié dans La Gazette de Québec, le 10 décembre 1767:
De Kamouraska, le 2 Decembre.
Nous apprenons qu’un certain Loup Garoux, qui roule en cette province de puis plusieurs Années, et qui a fait beaucoup de dégat dans le district de Québec, à réçû plusieurs assaults considerables au mois d’Octobre dernier, par divers animaux que l’on avoit armés et dechainés contre ce monstre, et nottamment, le trois de Novembre suivant, qu’il reçû un si furieux coup par un petit animal maigre, que l’on croïoit être entierement delivré de ce fatal animal, vû qu’il a resté quelque tems retiré dans sa taniere, au grand contentement du public. Mais l’on vient d’apprendre, par le plus funeste des malheurs, que cet animal n’est pas entièrement défait, qu’au contraire il commence à reparoitre plus furieux que jamais, et fait un carnage terrible partout où il passe. Deffiez vous donc tous des ruses de cette maligne Bête, et prenez bien garde de tomber entre ses pattes.
Faire ses Pâques
Les catholiques ont longtemps été dans l’obligation de se confesser et de communier au moins une fois par année, à Pâques. C’est ce qu’on appelle «faire ses Pâques».
Le diable parmi nous
Dans les contes comme dans la vie, les apparitions du diable sont souvent bruyantes. C’est le cas de celles que rapporte l’annaliste Marie Morin. À l’Hôtel-Dieu de Montréal, le diable
«courait sur le plancher comme un jeune cheval qui court la poste» et «marchait comme un homme chausse des sabots, le long du dortoir».
Le pacte de La chasse-galerie
L’un des contes les plus connus du répertoire québécois, La chasse-galerie, concerne un pacte conclu avec le diable. Voici par quelles paroles ce pacte est scellé dans le conte d’Honoré Beaugrand.
Satan! roi des enfers, nous te promettons de te livrer nos âmes, si d’ici à six heures nous prononçons le nom de ton maître et du nôtre, le bon Dieu, et si nous touchons une croix dans le voyage. À cette condition tu nous transporteras, à travers les airs, au lieu où nous voulons aller et tu nous ramèneras de même au chantier! Acabris! Acabras! Acabram! Fais nous voyager par dessus les montagnes!
Ne manquez pas notre prochain numéro!
Au 19e siècle, les contes et les romans sont couramment publiés dans les journaux sous forme de feuilletons. Ce type de publication rend la littérature accessible à un plus grand nombre de lecteurs, tout en dépannant les journaux quand les nouvelles se font rares, entre autres pendant la saison hivernale.