Chroniques

De la chandelle à l'ampoule électrique, que d'idées lumineuses!

De la chandelle à l'ampoule électrique, que d'idées lumineuses!

Source: Notre mémoire en ligne, site Internet réalisé par Canadiana.org, ICMH # 26301.

Durant des millénaires, le feu est le principal moyen d’éclairage des hommes. Pour affronter l’obscurité, ils sont munis de torches, de lampes rudimentaires et de chandelles. Ces instruments produisant une lumière plutôt faible, la nuit demeure, pour une majorité de gens, un monde inconnu, peuplé de fantômes et de joueurs de tours, où la meilleure chose à faire est de dormir.

Au cours du 19e siècle, de nombreuses inventions augmentent de façon substantielle l’efficacité de l’éclairage dans les rues et les maisons, transformant la vie nocturne en un moment beaucoup plus sécurisant, où le divertissement et même le travail sont possibles. Puis, au 20e siècle, l’électricité fait presque oublier ce que signifie vivre dans la noirceur. Quelle révolution, en si peu de temps!
Cette nouvelle série de chroniques vous invite à découvrir la captivante histoire de l’éclairage, des modestes appareils utilisés par les premiers arrivants dans la vallée du Saint-Laurent jusqu’à la modernisation des systèmes d’éclairage de ce siècle, le 21e siècle.

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Premier épisode
L’éclairage sous le Régime français
De la chandelle à l'ampoule électrique, que d'idées lumineuses!

Aquarelle: Un menuet canadien
Source: Bibliothèque et Archives Canada/e001201248

Durant la Préhistoire, le premier moyen d’éclairage utilisé par les hommes est, tout simplement, la bûche enflammée. Quand celle-ci contient beaucoup de résine, elle dégage une lumière très vive. Astucieux, les hommes apprennent rapidement à enduire les bûches de résine avant de les enflammer. De cette façon, le bois brûle peu mais constitue une sorte de «mèche» où est déposé le combustible. Les lampes à gras animal et les chandelles sont les descendantes des premières torches.

À l’époque de la Nouvelle-France, elles sont encore les principaux moyens d’éclairage utilisés, venant complémenter la lumière produite par les poêles et les foyers.

La lampe la plus commune sous le Régime français est le «bec-de-corbeau». Il s’agit d’un récipient capable de contenir une petite quantité de gras animal dont une partie, allongée, supporte une mèche. Cette lampe est généralement faite d’une matière conduisant la chaleur, comme le fer, afin que le suif solide puisse se liquéfier et remonter le long de la mèche. Les huiles de poisson, de loup-marin, de baleine et de marsouin peuvent aussi être utilisées en guise de combustibles. Quand le bec-de-corbeau est muni d’une tige terminée d’un crochet, il peut être suspendu à une poutre. La lampe «Betty» est un bec-de-corbeau dont le réservoir est fermé. De telles lampes sont économiques, mais peu efficaces et malpropres, le combustible ayant tendance à dégoutter de la mèche. Pour remédier à ce problème, certaines lampes sont munies de dispositifs servant à recueillir les gouttes.

Beaucoup plus sécuritaire que la lampe, la chandelle (bougie) présente un combustible solide plutôt que liquide, il ne peut donc pas se renverser. La chandelle est généralement faite de suif, mais elle peut aussi être faite de cire d’abeille. Pour confectionner les chandelles à partir de suif, il existe deux méthodes. La première consiste à saucer des mèches, attachées à une baguette, dans le suif liquide. Quand l’ensemble a refroidi, on recommence l’opération jusqu’à ce que les chandelles aient une bonne dimension. La deuxième méthode consiste à couler le suif dans des moules en fer-blanc où une mèche a préalablement été installée. Les moules se présentent de façon unitaire, ou en groupes de deux, quatre ou six. La majorité des habitants confectionnent leurs propres chandelles, mais il est aussi possible d’en acheter auprès de ceux qui en font un métier, les chandeliers et les ciergiers.

Quand vient le temps d’utiliser les chandelles, elles peuvent être fixées à n’importe quelle surface à l’aide d’un peu de cire fondue, ou empalées sur un clou. Toutefois, il est plus sécuritaire d’utiliser des bougeoirs et des chandeliers. Les bougeoirs sont des plateaux conçus pour une seule chandelle installée soit sur une pointe de métal, soit dans une bobèche. Ils sont souvent munis d’une poignée. Ceux qui possèdent un long manche sont appelés martinets. Les chandeliers, quant à eux, sont composés d’un pied, d’une tige et d’une bobèche. Ils possèdent une ou plusieurs branches. Certains chandeliers sont installés aux murs et d’autres sont suspendus au plafond, comme les lustres. Les morceaux de cristal décorant parfois les chandeliers servent à augmenter leur puissance lumineuse par réfraction.

Pour conserver un bon éclairage tout au long de la combustion, il est important de couper régulièrement la mèche carbonisée des lampes et des chandelles à l’aide de mouchettes. Une mèche effilochée et trop longue amène les chandelles à brûler moins bien, à couler et à fumer davantage. Pour éteindre les chandelles, il est possible d’utiliser un éteignoir, instrument dont l’extrémité en forme de cône sert à étouffer la flamme.

Très présente dans la vie quotidienne, la chandelle est l’objet de plusieurs superstitions. On dit, par exemple, qu’une chandelle qui pleure annonce une déception et qu’une chandelle dont la flamme se met à sautiller signifie qu’une âme du purgatoire a besoin d’une prière. On croit aussi que de placer sa gorge entre deux cierges, le jour de la Saint-Blaise, protège du mal de gorge.

Les chandelles et les lampes à base de gras animal sont en usage au Québec jusqu’au 19e siècle. Toutefois, les besoins d’éclairage de plus en plus grands à l’ère industrielle entraînent l’expérimentation de nouveaux combustibles et l’introduction d’une variété d’améliorations sur les lampes. Pour en savoir plus sur cette petite révolution de l’éclairage, nous vous donnons rendez-vous le 5 août 2008.

Sources
  • LEMIEUX, Germain. La Vie paysanne, 1860-1900. Sudbury, Éditions Prise de parole; Laval, Éditions FM, 1982. 239 pages.
  • LESSARD, Michel et Huguette Marquis. Encyclopédie des antiquités du Québec: trois siècles de production artisanale. Montréal: Editions de l'Homme, 1971. 526 pages.
  • POMERLEAU, Jeanne. Arts et métiers de nos ancêtres, 1650-1950. Montréal, Guérin littérature, 1994. 507 pages.
  • PROVENCHER, Jean. C'était l'hiver. La vie traditionnelle rurale dans la vallée du Saint-Laurent. Montréal, Boréal,1986. 278 pages.
  • SCHIVELBUSCH, Wolfgang. La nuit désenchantée: à propos de l'histoire de l'éclairage artificiel au XIXe siècle. [Paris], Gallimard, 1993. 199 pages.
  • WOODHEAD, E. I. et al., Appareils d'éclairage: collection de référence nationale, Parcs Canada, Ottawa, Parcs Canada, Direction des lieux et des parcs historiques nationaux, 1984. 103 pages.

Deuxième épisode
Le système d’éclairage au 19e siècle, une révolution!

Avec l’industrialisation, au 19e siècle, les besoins en éclairage augmentent. Dans les grandes villes, les manufactures fonctionnent de longues heures, de jour comme de nuit, et de plus en plus de gens veulent lire, écrire et se réunir à toute heure. Pour répondre aux nouvelles demandes, les appareils d’éclairage se modernisent et révolutionnent le siècle. Enfin, on peut s’éclairer la nuit.

Dans l’espoir de créer des lampes capables de brûler plus longtemps, on s’intéresse d’abord à l’alimentation en combustible. On découvre que l’installation d’un réservoir d’huile au-dessus ou à côté du brûleur permet d’éviter les désagréments d’un niveau d’huile qui baisse constamment. En effet, quand l’huile s’écoule par gravité, il n’y a qu’à en contrôler le débit pour obtenir un ravitaillement continu. L’idée, développée durant le Moyen Âge, est reprise par de nombreux concepteurs de lampes au 19e siècle. D’autres inventeurs entreprennent plutôt d’élever l’huile vers la mèche en utilisant des pompes, des mécanismes d’horlogerie ou tout simplement la pression de l’eau.

De telles innovations n’accroissent toutefois pas la luminosité des lampes. Dans ce domaine, le vrai changement survient à la fin du 18e siècle avec le physicien genevois Ami Argand. Sa lampe «à double courant d’air», produit une lumière qui se compare à celle de dix ou douze bougies. Pour augmenter la superficie de la mèche et améliorer son oxygénation, il utilise une mèche ayant la forme d’un long tube. Cette mèche est insérée entre deux cylindres de métal placés l’un dans l’autre, le cylindre intérieur permettant la circulation de l’air au centre de la flamme. Argand découvre également qu’une cheminée de verre autour de la flamme fait augmenter l’intensité lumineuse tout en protégeant des courants d’air, et il invente un dispositif permettant d’élever ou d’abaisser la mèche pour régler l’intensité lumineuse. Suite à ces innovations, une série d’ajustements sont portés aux lampes, mais la base est en place.

Le 19e siècle voit aussi naître de nouveaux combustibles, qu’on souhaite accessibles à tous et plus pratiques. L’un d’eux, appelé «fluide» ou «camphène», se compose d’un mélange d’alcool et de térébenthine plutôt dangereux. On lui préfère rapidement les combustibles tirés de la distillation du pétrole. En 1846, le kérosène ou pétrole lampant est inventé par le canadien Abraham Gesner et, dans les mêmes années, l’huile de paraffine est mise au point par l’anglais James Young. Ces nouveaux combustibles sont utilisés au Canada dès 1860, en même temps que prolifèrent dans le pays les puits de pétrole. Les lampes à pétrole ressemblent grandement aux lampes à huile, à quelques ajustements près. En porcelaine, en cuivre ou en verre, elles peuvent être très élégantes. Un autre combustible mis au point au 19e siècle pouvant être utilisé pour l’éclairage est un gaz inflammable. Ce gaz peut être produit artificiellement ou recueilli à des sources naturelles. Au Canada, c’est dans les grandes villes telles Montréal, Québec et Toronto que le service de distribution du gaz est offert à partir de 1840. On l’utilise pour éclairer les édifices publics et les rues, ainsi que quelques résidences.

Ces toutes nouvelles lampes ont un règne de bien courte durée. Dès le 20e siècle, elles sont éclipsées par l’électricité. La première ampoule électrique présentée au public est celle de l’anglais Joseph Swan, en 1878. Grâce à l’électricité, le filament qu’elle contient est chauffé jusqu’à l’incandescence, produisant de la lumière. Un an plus tard, Edison réussit à faire le vide dans une ampoule de verre, et, avec un fil de coton, sa lampe reste allumée plus de 45 heures. Après plusieurs expérimentations pour trouver le meilleur matériau pour le filament, c’est finalement le tungstène qui est retenu, vers 1910, pour sa bonne résistance à la chaleur. Afin d’allonger la durée de vie des ampoules, on les emplit d’un gaz rare, l’argon, qui retarde la combustion du filament. On satine aussi l’intérieur du globe afin d’obtenir une lumière moins éblouissante. Les Canadiens découvrent l’éclairage électrique au fur et à mesure que se développe le réseau électrique, à la fin du 19e siècle et au début du 20e siècle.

Depuis le Régime français, les appareils d’éclairage utilisés dans les maisons ont beaucoup évolué. Il en est de même pour les moyens d’éclairage utilisés à l’extérieur. Pour en savoir davantage sur les lanternes et autres lampes portatives, nous vous donnons rendez-vous le 16 septembre 2008.

Sources
  • DÉRIBÉRÉ, Maurice et Paulette Déribéré. Préhistoire et histoire de la lumière. Paris, France-Empire, 1979. 299 pages.
  • JOLY, Dominique. L'ampoule électrique: et la lumière fut. Tournai, Casterman, 1992. 45 pages.
  • LESSARD, Michel et Huguette Marquis. Encyclopédie des antiquités du Québec: trois siècles de production artisanale. Montréal, Éditions de l'Homme, 1971. 526 pages.
  • MAHOT, Bernard. Les lampes à huile. Paris, Massin, 2005. 233 pages.
  • MAHOT, Bernard. Les lampes à pétrole: l'éclairage de nos aïeux. Paris, Massin, 2006. 237 pages.
  • WOODHEAD, Eileen, Catherine Sullivan et Gérard Gusset. Appareils d'éclairage: collection de référence nationale, Parcs Canada. Ottawa, Parcs Canada, Direction des lieux et des parcs historiques nationaux, 1984. 103 pages.

Troisième épisode
L’éclairage pour emporter
De la chandelle à l'ampoule électrique, que d'idées lumineuses!

Photographie: Le garde-freins balance sa lanterne afin de donner le «feu vert» au train, 1943
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Crédit: Nicholas Morant/e000761160

Depuis des millénaires, les hommes, désireux de s’aventurer au coeur de la nuit, font preuve d’ingéniosité pour éclairer leurs pas. Les premières «lampes de poche» sont, bien sûr, les torches. Elles sont fabriquées à partir d’une ou de plusieurs branches d’arbres, enduites d’un combustible tels le gras, la poix ou la résine.

Apparues durant le Moyen Âge, les premières lanternes permettent le transport des chandelles et des lampes à combustible liquide. Ce faisant, elles ouvrent de nouvelles possibilités pour l’éclairage extérieur. Par exemple, en Nouvelle-France, la lanterne dite sourde ou poinçonneuse est fort commune. Généralement ronde, elle est faite d’une tôle de fer-blanc trouée de motifs. Une telle lanterne sert surtout au transport de la lumière. Quand on veut s’installer et bénéficier de l’éclairage, on ouvre la porte de la lanterne ou encore on place la chandelle sur une douille fixée au-dessus de celle-ci.

La lanterne à fenêtre, aussi appelée fanal, est une enveloppe de fer-blanc, de cuivre ou de laiton sur laquelle est installée une matière translucide comme la corne, l’ivoire, le papier huilé, le talc, la vessie de porc, le parchemin. À partir du 16e siècle, on commence à utiliser le verre. La lanterne est carrée ou ronde. Pour permettre à l’air de circuler, des trous sont pratiqués au bas de la lanterne avec une ouverture vers le haut permettant à la fumée de sortir.

Au milieu du 18e siècle, apparaît une lanterne dite «oeil-de-boeuf». Sa lentille convexe en verre concentre la lumière pour la rendre plus intense. D’autres lanternes, joliment décorées, sont fabriquées par des orfèvres pour les cérémonies religieuses. Symbolisant la divinité et ajoutant de l’éclat aux processions, elles sont entre autres utilisées à la Fête-Dieu et à la Saint-Marc.

Avec l’arrivée des lampes à pétrole au 19e siècle, les lanternes se transforment. Par exemple, le fanal au kérosène est mis au point après 1870. Il ressemble à une lampe d’intérieur dont le globe, moins élancé, serait fermé au sommet par un capuchon métallique troué. Ce fanal comporte une poignée de broche permettant de le transporter et de le suspendre. Les lanternes s’adaptent aussi aux moyens de transport, se fixant aux voitures à cheval, aux trains, aux navires, aux bicyclettes et aux automobiles. Au départ, toutefois, elles servent davantage à signaler la présence des véhicules qu’à éclairer ceux-ci!

Les lanternes sont fabriquées par des lanterniers, un métier relevant de la ferblanterie. Nombreux toutefois sont les lanterniers qui fabriquent aussi d’autres objets de tôle. En Europe, les riches bourgeois et les gentilshommes peuvent faire appel à des porteurs de lanternes. Ces hommes, payés à la course, les précèdent quand ils se promènent dans les rues. À Québec et à Montréal, au 19e siècle, ce sont les hommes chargés de faire le guet qui travaillent à la lumière des lanternes.

Pour les gens qui ne disposent pas d’une lanterne et qui sont aux prises avec des travaux extérieurs urgents à terminer, il est aussi possible d’allumer simplement un feu. Pour ne pas avoir à se préoccuper de l’alimentation en bois, certains, ingénieux, installent au-dessus du feu un navet ou un sabot, percé à la base, qu’ils remplissent d’huile. L’huile qui s’écoule lentement alimente le feu.

En plus de faciliter les déplacements nocturnes, l’arrivée de la lanterne permet le développement de l’éclairage extérieur fixe. Pour en savoir davantage sur l’éclairage des rues, nous vous donnons rendez-vous le 30 septembre 2008.

Sources
  • DÉRIBÉRÉ, Maurice et Paulette. Préhistoire et histoire de la lumière. Paris, France-Empire, 1979. 299 pages.
  • GENÊT, Nicole, et al. Les objets familiers de nos ancêtres. Montréal, Éditions de l'homme, 1974. 303 pages.
  • LEMIEUX, Germain. La vie paysanne, 1860-1900. Sudbury, Éditions Prise de parole ; Laval, Éditions FM, 1982. 239 pages.
  • POMERLEAU, Jeanne. Arts et métiers de nos ancêtres, 1650-1950. Montréal, Guérin littérature, 1994. 507 pages.
  • WOODHEAD, E I , et al. Appareils d'éclairage: collection de référence nationale, Parcs Canada. Ottawa, Parcs Canada, Direction des lieux et des parcs historiques nationaux, 1984. 103 pages.

Quatrième épisode
L’éclairage des rues
L’éclairage des rues

Aquarelle: Une rue à Québec
Source: Bibliothèque et Archives Canada/e001201215

Sous le Régime français, les rues de Québec, de Trois-Rivières et de Montréal ne sont pas éclairées. Les personnes devant se déplacer la nuit doivent ainsi faire attention aux obstacles se trouvant sur leur route, de même qu’aux voleurs et aux «coureurs de nuit». Depuis le Moyen Âge, les populations urbaines se préparent à affronter la noirceur comme les marins s’affairent à la veille d’une tempête. Toutes les portes des villes et des maisons sont bien fermées et des guetteurs se mettent à arpenter les rues. Dans ce contexte, tout promeneur nocturne est considéré comme suspect.

En France, c’est à la fin du 17e siècle que s’organise véritablement l’éclairage public. Dans la vallée du Saint-Laurent, il faut attendre le 19e siècle. Aux premiers temps de l’éclairage urbain, les habitants utilisent encore le fanal pendant leurs déplacements, les rues n’étant que faiblement éclairées et les lampes n’étant pas allumées certains soirs de pleine lune, par mesure d’économie.

Les premiers appareils d’éclairage urbain sont les lanternes, certaines étant munies d’une plaque de fer-blanc polie visant à diffuser la lumière. Elles abritent des lampes à huile. À Montréal, les premières lanternes sont posées et entretenues par des particuliers et, vers 1818, la ville en fait installer une centaine.

L’organisation de l’éclairage public entraîne l’apparition d’un nouveau métier, l’allumeur de réverbères. Celui-ci est chargé d’allumer, d’éteindre et d’entretenir les lampes. À Québec, les réverbères mesurant de huit à dix pieds de haut, l’allumeur doit être muni d’une échelle. Il transporte un petit coffre rempli de mèches et ses habits sont généralement tachés d’huile. Remplaçant les lampes à huile, les réverbères au gaz font leur apparition vers 1838 à Montréal, et une dizaine d’années plus tard à Québec. L’allumeur de réverbères doit alors troquer son échelle contre une longue perche permettant d’ouvrir et de fermer les robinets de gaz.

Une amélioration notable dans l’éclairage urbain survient durant les années 1880 alors que l’électricité remplace progressivement le gaz. Si les réverbères au gaz permettent d’obtenir une pénombre dans les rues, les lampes à incandescence et les lampes à arc électrique permettent enfin aux gens d’avoir une vision nocturne s’apparentant à celle qu’ils ont durant le jour. De lieu insécurisant, la nuit devient lieu de plaisir. Les commerces en profitent et éclairent leurs vitrines. Le changement dû à l’électricité est tel que certains se mettent à imaginer des rues éclairées comme en plein jour, d’autres vont jusqu’à rêver à une très haute tour qui, à elle seule, serait capable d’éclairer toute une ville. On réalise toutefois rapidement qu’un éclairage intense n’est pas souhaitable, parce que trop coûteux et trop éblouissant.

L’arrivée des lampadaires électriques ne signifie pas la disparition complète des allumeurs de réverbères. Dans certains villages, jusque dans les années 1960, les lampadaires s’allument grâce à un commutateur situé vers le haut d’un poteau. Les allumeurs se promènent ainsi d’un lampadaire à l’autre, munis d’un long bâton se terminant par un crochet.

Dans les villes, l’éclairage rend les déplacements nocturnes plus sécuritaires. Il en est de même pour l’éclairage en mer. Pour en apprendre davantage sur les phares, nous vous donnons rendez-vous le 14 octobre 2008.

Sources
  • LACHANCE, André. Vivre à la ville en Nouvelle-France. Outremont, Libre expression, 2004. 306 pages.
  • POMERLEAU, Jeanne. Arts et métiers de nos ancêtres, 1650-1950. Montréal, Guérin littérature, 1994. 507 pages.
  • SCHIVELBUSCH, Wolfgang. La nuit désenchantée: à propos de l'histoire de l'éclairage artificiel au XIXe siècle. [Paris], Gallimard, 1993. 199 pages.
  • WOODHEAD, E. I. et al., Appareils d'éclairage: collection de référence nationale, Parcs Canada. Ottawa, Parcs Canada, 1984. 103 pages.

Cinquième épisode
L’éclairage en mer
L’éclairage en mer

Aquarelle: Les Mille Îles, 1865
Source: Bibliothèque et Archives Canada
Crédit: Acquis avec l’aide d’une subvention du ministère des Communications en vertu de la Loi sur l’exportation et l’importation des biens culturels/c120460k

Depuis l’Antiquité, des phares sont construits pour guider les marins. C’est sur l’île de Pharos, vers 300 av. J.-C., que les Égyptiens construisent le tout premier phare. Éclairant la nuit, sa présence près des côtes rend l’espace maritime plus sécuritaire. Dans le golfe et le fleuve Saint-Laurent, les phares sont bien utiles car des récifs, des hauts-fonds et des bancs de sable s’y trouvent, sans parler des courants et des marées. Or, sous le Régime français, le seul phare construit est celui de Louisbourg.

Au 19e siècle, avec l’augmentation du trafic maritime sur le Saint-Laurent, le Trinity House, (aujourd’hui le Ministère des Transports) prend en charge la construction de phares pour baliser le fleuve. La première de ces coûteuses installations est celle de l’île Verte. Jusqu’en 1862, 22 phares sont bâtis avec leurs dépendances. Ces phares sont généralement blancs et rouges, de sorte que, durant la journée, ils demeurent des repères visuels.

Aux 18e et 19e siècles, les phares fonctionnent grâce à des lampes alimentées à l’huile de baleine, puis des lampes à pétrole ou à acétylène. Des réflecteurs et des lentilles, perfectionnés en Europe, sont utilisés pour amplifier la lumière. Certains de ces appareils sont si puissants que, lorsque le soleil frappe les lentilles, il faut tirer les rideaux pour éviter les incendies. Certains phares sont également munis d’un mécanisme d’horlogerie semblable à celui d’une horloge grand-père. Le mécanisme fait tourner le dispositif lumineux, ce qui permet d’obtenir un effet discontinu dans l’éclairage.

L’homme, veillant au bon fonctionnement de ces appareils, est le gardien de phare. Ce poste ne requiert aucune formation mais le candidat doit avoir une bonne santé et une excellente vision, être reconnu pour sa bonne conduite, savoir lire, écrire, connaître l’arithmétique et, idéalement, avoir déjà travaillé en mer. Souvent, ce poste se transmet de père en fils.

Durant la saison de navigation, le gardien travaille de longues heures. Il allume et éteint la lampe du phare, entretient et répare les appareils, surveille les mouvements maritimes, se porte au secours des naufragés et tient un registre de ses activités. Les lumières tournantes nécessitent, de plus, que le gardien se lève deux ou trois fois par nuit pour remonter les poids du système d’horlogerie. Toutefois, lorsque l’hiver arrive, le gardien bénéficie de quelques mois de congé.

L’emplacement des phares étant choisi en fonction des besoins de la navigation et non pas de ceux du gardien, ils ne sont pas toujours construits à des endroits commodes pour lui. Les phares situés près des villages sont très convoités car le gardien peut y résider avec sa famille. D’autres phares sont localisés dans des lieux inhospitaliers tels de petites îles inhabitées ou, pire encore, sur des bateaux ou des piliers. Ceux-ci sont complètement entourés d’eau. Le gardien y vit isolé avec ses assistants.

Les jours de brouillard, quand la lumière devient inefficace, c’est le son qui prend la relève. Des canons chargés à blanc sont d’abord utilisés, puis des sifflets à air comprimé, fonctionnant grâce à des moteurs, qu’on appelle parfois des cornes de brume. Installés à partir de 1860, ces sifflets émettent des sons à intervalle régulier. Contrairement à la lumière, le son voyage de façon imprévisible sur l’eau et donne parfois des indications trompeuses.

Le réseau électrique se développant au 20e siècle, les phares adoptent progressivement cette nouvelle forme d’énergie. De plus en plus, ils deviennent automatisés, exigeant moins la présence des gardiens. Par ailleurs, les radars et la navigation assistée par des satellites rendent les phares de moins en moins nécessaires.

Au 21e siècle, les technologies d’éclairage sont de plus en plus perfectionnées mais ont aussi à relever de nouveaux défis. Pour en savoir davantage sur les problématiques contemporaines de l’éclairage, nous vous donnons rendez-vous le 28 octobre 2008.

Sources
  • BENT, Jason. «Les phares des îles de la Madeleine», Cap-aux-Diamants, no 74, été 2003, pp. 39-43.
  • HALLEY, Patrice. Les sentinelles du Saint-Laurent: sur la route des phares du Québec. [Montréal], Éditions de l'Homme, 2002. 246 pages.
  • LAFRENIERE, Normand. Le gardien de phare dans le Saint-Laurent: un métier disparu. Toronto, Approvisionnement et Services Canada, 1996. 110 p.

Sixième épisode
L’éclairage contemporain

L’éclairage contemporainDes sources de lumière minuscules et aux couleurs changeantes, des lampes fonctionnant grâce à l’énergie du soleil et de nouvelles technologies qui, pour nos ancêtres, auraient été de la science-fiction, produisent l’éclairage voulu. Par bonheur, les progrès du 21e siècle ne se traduisent pas nécessairement par une démesure. De plus en plus, les spécialistes en aménagement urbain sont confrontés à de nouveaux besoins et à de nouvelles préoccupations. Ils réalisent qu’éclairer mieux ne veut pas nécessairement dire éclairer plus.

Durant le 20e siècle, les lampes électriques deviennent de plus en plus performantes. Reprenant le principe de l’ampoule à incandescence, la lampe halogène produit une lumière intense, tout en perdant très peu de chaleur. Durables et peu énergivores, les lampes «à décharge» produisent de la lumière grâce au passage d’un courant électrique dans un gaz. Ce sont les tubes florescents, les néons, les lampes à vapeur de sodium, les lampes au xénon et, d’un format convenant mieux à l’éclairage domestique, la lampe fluocompacte. Dans les années 1990, les diodes électroluminescentes (LED) offrent, pour leur part, de nouvelles possibilités. Ces diodes minuscules ont l’avantage de pouvoir émettre différentes couleurs. Certaines, les «diodes lumineuses organiques» (O-LED) sont souples et transparentes. On les utilise déjà dans la fabrication de montres et de téléphones.

Bien entendu, ces avancées technologiques sont mises à contribution dans l'éclairage public, et aussi, dans l’éclairage commercial. Longtemps, la mise en lumière des villes s’est développée de façon anarchique, entraînant une surabondance de lumière dans les villes et un éclairage banal et uniforme. Or, de plus en plus, des groupes composés d’urbanistes, d’architectes et d’ingénieurs repensent la mise en lumière des bâtiments et planifient l’éclairage de quartiers entiers en se souciant davantage de l’esthétisme. Ainsi, plutôt que de tout éclairer indifféremment, ils préfèrent mettre en évidence certains bâtiments, privilégiant par exemple les édifices ayant une importance patrimoniale, sportive ou économique. Ils cherchent à mettre en lumière ce qui compose l’identité d’une ville. Ce faisant, certains se comparent à des artistes créant une oeuvre d’art.

Dans le Vieux-Montréal, quartier où l’éclairage a été l’objet d’une planification d’ensemble, des mises en lumière fort originales ont été réalisées. Par exemple, on éclaire le dôme du Marché Bonsecours d’une couleur différente à chaque quart d’heure pour ponctuer l’intensité de la nuit. Sur la Place d’Armes, les monuments s’éclairent à tour de rôle, dans l’ordre historique de leur construction. Et, clin d’oeil au passé, la rue Sainte-Hélène est éclairée par 22 lanternes au gaz. Réussi, un tel éclairage est, pour une ville, un attrait supplémentaire.

Ces mises en lumière se sont prolongées à Pointe-Saint-Charles, sur le site de la Maison Saint-Gabriel par un éclairage des bâtiments datant du Régime français. L’éclairage a été réalisé pour donner l’impression des premiers temps de la Nouvelle-France.

Outre l’esthétisme, une autre problématique peut être prise en considération lors des planifications d’éclairage, celle de la pollution lumineuse. L’éclairage surabondant voile en effet la vue sur les étoiles et dérange les rythmes naturels de la faune et de la flore. Pour minimiser l’impact environnemental des lampes, celles qui sont tournées vers le sol sont privilégiées et des visières sont suggérées pour limiter la portée de la lumière dirigée vers le haut. Les couleurs jaune, ambrée et rouge provoquent également moins de brillance que les teintes de bleu. De plus, il n’est pas nécessaire d’éclairer toute la nuit. Dans le Vieux-Montréal, la plupart des lumières sont éteintes après 23 h ou, certains soirs, après minuit. Les plus consciencieux font également attention à utiliser les appareils consommant le moins d’énergie possible. Ainsi, les technologies développées durant le 20e siècle offrent des réponses à de nouvelles préoccupations.

Ainsi se termine cette chronique portant sur l’éclairage.

Sources
  • DESCHÊNES, Marie-Josée. «Lumière sur la ville», Continuité, no 103, hiver 2004-2005, pp. 27-30.
  • FIELL, Charlotte et Peter. 1000 lights: 1960 to present. Köln, Taschen, 2005. 575 pages.
  • LEGRIS, Chloé, «Où sont passées les étoiles?», Continuité, no 103, hiver 2004-2005, pp. 23-25.
  • MOREL, Gilles et Colette Proulx. «Idées brillantes pour le Vieux-Montréal», Continuité, no 103, hiver 2004-2005, pp. 32-35.
  • VACHON, Geneviève et Pierre Larochelle. «Pour éclairer le sens de la ville», Continuité, no 103, hiver 2004-2005, pp. 19-22.
  • WOODHEAD, E. I. et al., Appareils d'éclairage: collection de référence nationale. Ottawa, Parcs Canada, 1984. 103 pages.

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Des étoiles en voie de disparition
À l’oeil nu, on peut distinguer une vingtaine d’étoiles à Montréal alors qu’au lac Mégantic, près de 3000 étoiles sont visibles.
Pollution lumineuse
La pollution lumineuse, c’est une perte de lumière vers le ciel. Cette lumière rencontre des particules présentes dans l’atmosphère et est rediffusée vers la terre. La situation est pire l’hiver, alors que la lumière se reflète aussi sur la neige.
La sécurité d’abord!
Le premier objectif de l’éclairage urbain a longtemps été la sécurité du public. Or, de façon étonnante, c’est parfois en éclairant moins certains endroits qu’on les rend plus sécuritaires. Certaines écoles américaines, en cessant d’éclairer le campus la nuit, ont remarqué une diminution du vandalisme.
Lampe au xénon
Les lampes au xénon, fournissant une lumière blanche éclatante, sont entre autres utilisées pour les phares d’automobiles.
Lampe à vapeur de sodium
Commercialisées en 1932, ces lampes sont utilisées pour éclairer les routes. Elles dégagent une vive lumière jaune.
Néon
Le néon produit une lumière rouge qu’on utilise beaucoup à des fins publicitaires.
Tube fluorescent
Lorsqu’une décharge électrique traverse le gaz d’un tube fluorescent, l’ionisation des atomes dégage un rayonnement ultraviolet. C’est la poudre blanche qui recouvre la surface intérieure du tube qui le rend visible.
Lampe halogène
Le gaz halogène présent dans ce type de lampe, souvent l’iode ou le brome, récupère le tungstène s’évaporant pour le redéposer sur le filament.
Quand le silence réveille...
Les gardiens deviennent si habitués au bruit régulier de la corne de brume que certains se réveillent en sursaut si la sirène manque un son.
Les piliers-phares
Ces phares reposent sur un massif de maçonnerie, construit en pleine mer. À la différence des bateaux-phares, ils ont l’avantage d’être stables.
Les bateaux-phares
Ces bateaux rouges ou noirs, munis de lampes et de signaux sonores, sont utilisés comme phares temporaires, ou bien sont utilisés pour baliser le fleuve là où il serait impossible de construire un phare conventionnel. Plusieurs bateaux-phares n’ont pas de moteurs et doivent être remorqués. Les hommes veillant au bon fonctionnement des lampes sur ces phares subissent le roulis constant du fleuve et ont très peu de journées de congé. Au Québec, sept à huit de ces bateaux sont utilisés entre 1830 et 1960. Dans les années 60, on les remplace par des bouées automatiques et des piliers-phares.
Des gardiens ingénieux
Pour avoir à se lever moins souvent, certains gardiens se montrent débrouillards. L’un d’eux, par exemple, perce un trou au plafond de sa maison pour que les poids descendent plus longtemps, retardant ainsi le moment de les remonter. Un autre fait installer une sonnerie l’avertissant du moment où il doit remonter les poids.
Des dynasties de gardiens
À l’île Verte, la famille Lindsay garde le phare durant plus de 137 ans. À Pointe-des-Monts, ce sont les Fafard qui le font durant plus de 81 ans.
Savoir distinguer les couleurs
Le daltonien ne peut devenir gardien de phare car il ne pourrait décoder les fanions colorés utilisés comme code dans la marine.
Catoptrique, dioptrique ou catadioptrique?
Les premiers phares construits sur le Saint-Laurent bénéficient généralement d’un système catoptrique, c’est-à-dire d’un ensemble de réflecteurs paraboliques. Quelques phares ont un système dioptrique, composé de lentilles de verre au lieu de réflecteurs métalliques, ce qui crée un faisceau lumineux d’une meilleure portée, d’une meilleure intensité et d’une meilleure précision. Enfin, d’autres ont un système encore plus perfectionné, qu’on dit catadioptrique, qui utilise à la fois la réfraction et le réfléchissement de la lumière. Le phare de Cap-des-Rosiers, construit vers 1858, est de ce type. Son système optique est fabriqué en France et installé par des techniciens français.
La lampe à acétylène
L’acétylène est un gaz combustible et explosif. On le produit en faisant réagir du carbure de calcium avec de l’eau. L’acétylène produit une lumière blanche éclatante.
Que de lampes!
Le phare de Louisbourg fonctionne grâce à 32 lampes alimentées à l’huile de baleine.
Les dépendances
Les phares sont souvent accompagnés d’autres bâtiments tels un hangar à pétrole, une poudrière ou un entrepôt de provisions pour les naufragés.
Des phares coûteux
En 1831, le phare construit sur l’île d’Anticosti coûte plus de 33 800 $.
Voir comme en plein jour
La lumière électrique se rapproche tellement de la lumière du jour que l’oeil voit comme en plein jour, en utilisant les cônes. Dans la pénombre des lampes à gaz, l’oeil a une vision «de nuit», c’est-à-dire qu’il utilise les bâtonnets. L’effort fourni par l’oeil est alors beaucoup plus important..
Les lampes à arc électrique
Pour créer un arc électrique, deux baguettes de graphite sous tension sont amenées l’une contre l’autre. Une étincelle jaillit alors. Les deux baguettes sont éloignées, faisant surgir un arc lumineux qui dégage une lumière intense, comparée à la puissance de 2000 chandelles. En comparaison, la lampe à incandescence est comparée à 65 chandelles. Les lampes à arc sont utilisées, jusque dans les années 1950, pour éclairer les rues et les grands bâtiments. On les utilise également pour les projecteurs et les phares. Elles produisent beaucoup de chaleur et de fumée mais elles sont odorantes et bruyantes.
L’éclairage parisien
À Paris, c’est en 1667 qu’est promulguée une loi demandant aux bourgeois d’assurer l’entretien des lanternes des rues, qui devront être allumées le soir, suivant un certain calendrier.
Des joueurs de tour...
L’obscurité est une alliée efficace pour les jeunes gens souhaitant jouer des tours. Par exemple, certains chenapans profitent de la nuit pour creuser des trous dans lesquels tomberont les promeneurs, d’autres prennent plaisir à démonter des bancs ou remplir de déchets les loquets.
Un éclairage exceptionnel
À l’occasion de certaines fêtes, les villes de la Nouvelle-France sont éclairées à l’aide de torches enduites de suif.
L’homme du guet
C’est en 1816 que l’on établit le guet dans les rues de Québec et de Montréal. Les hommes du guet sillonnent les rues de la ville en criant les heures et le temps qu’il fait. Ils sont armés d’un bâton et sont munis d’une crécelle, pour appeler à l’aide. Si le feu éclate, on peut compter sur eux pour crier « Fire! ».
Le parchemin
Un parchemin est une peau d’animal préparée pour servir à l’écriture.
Le fanal
À l’origine, ce mot désigne une grosse lanterne placée sur la poupe d’un navire pour le rendre visible la nuit.
Un bois qui éclaire bien
On choisit de préférence les bois tels le genévrier, la vigne ou le pin, qui font plus de lumière et moins de fumée. Pour leur part, les Amérindiens utilisent aussi de l’écorce de bouleau roulée.
Le tungstène
Le passage de l’électricité chauffe le tungstène à environ 2500 degrés celsius sans le fondre. Il peut ainsi éclairer plus de 1000 heures.
Matériau recherché
Parmi les matériaux expérimentés, on retrouve le papier, la platine et le bambou carbonisé.
Les ampoules
D’une façon un peu étonnante, le globe de l’ampoule électrique n’est pas une forme nouvelle. Au 18e siècle, il existe au sud de la France une lampe en verre fonctionnant avec de l’huile d’olive qu’on appelle «viholo», ou «veillole», ce qui signifie veilleuse. Elle a la même forme qu’une ampoule électrique d’aujourd’hui. Toutefois, son sommet est percé d’un trou pour laisser passer une mèche, elle est remplie d’huile d’olive et sa base peut s’insérer dans la bobèche d’un chandelier.
Les lampes à pétrole
Pour adapter les lampes à huile à ce nouveau combustible, des modifications sont apportées au brûleur. Il est finement troué, ce qui permet de laisser passer une juste quantité d’oxygène, pour une meilleure combustion. Les mèches plates sont préférées aux mèches rondes et les cheminées sont étudiées pour offrir à la flamme la quantité d’air optimale.
Une huile de charbon...
Une fois le pétrole distillé pour en éliminer les gaz explosifs et les éléments lourds, il devient une huile inflammable sécuritaire.
Danger d’explosion
Les lampes à fluide sont très dangereuses. Elles ont été la cause d’un incendie, en 1846, au Théâtre Saint-Louis de Québec. L’une de ces lampes a explosé, causant la mort de 50 personnes.
Mèche tubulaire
La mèche utilisée par Ami Argand est une longue mèche plate repliée sur la largeur. Les mèches tressées et plates sont mises au point par Monsieur Léger, en 1766.
L’eau dans les lampes, un vieux truc
Une très ancienne façon de régler le problème de la baisse du combustible est de faire remonter celui-ci vers la mèche en ajoutant de l’eau.
Une idée très ancienne
Les premières lampes à réservoir latéral, conçues au 6e siècle, s’inspirent des clepsydres égyptiennes pour contrôler le débit de l’huile. La clepsydre est une horloge mesurant le temps par l’écoulement régulier de l’eau dans un vase gradué.
Problème de ravitaillement
Quand le niveau d’huile est bas, le combustible ne peut plus remonter la mèche par capillarité. Pour cette raison, les lampes à huile nécessitent des soins puisqu’il faut toujours ajouter du combustible.
Un réservoir latéral encombrant...
Pour éviter l’ombre créée par un réservoir latéral, on invente, au début du 19e siècle, un réservoir en forme de couronne au centre duquel on pose un brûleur, le tout étant surplombé d’un dôme de verre dépoli. On qualifie cette lampe d’«astrale». D’une façon un peu similaire, les lampes «solaires» ont un brûleur situé au centre d’un réservoir circulaire dont la base est percée de trous pour laisser passer l’air. Elles sont capables d’utiliser différents combustibles, même le suif.
Mouchettes
Il s’agit d’une paire de ciseaux munie d’une petite boîte, où retombe la mèche coupée. Cet instrument devenant rapidement sale, on le dépose sur un plateau nommé «porte-mouchettes».
Bobèche
Il s’agit d’un petit cylindre conçu pour accueillir le pied de la chandelle. Quand ce cylindre est long, un dispositif à ressort permet de faire monter la chandelle.
Les ciergiers
Quand elles sont utilisées dans le cadre de célébrations religieuses, les chandelles sont appelées des «cierges». Elles sont habituellement faites de cire d’abeille. En Nouvelle-France, les cierges sont majoritairement confectionnés par des communautés religieuses.
Les chandeliers
En 1744, à Québec, Jean Drogni exerce le métier de chandelier. En 1825, à Montréal, ils sont au moins 23. Comme la matière première utilisée par les chandeliers est le suif, aussi utilisé pour la fabrication du savon, plusieurs chandeliers sont aussi savonniers.
Refroidir les chandelles
Pour accélérer le refroidissement des chandelles, une technique consiste à les plonger dans un chaudron d’eau froide. De telles chandelles sont appelées «chandelles à l’eau».
La cire d’abeille
Les chandelles de cire brûlent mieux et n’ont pas d’odeur, mais elles coûtent très cher et ne sont donc utilisées que par les élites et par l’Église.
Bougie
Au 17e siècle, la chandelle est aussi appelée « bougie». Ce nom fait référence à la ville de Bougie, en Algérie, d’où les Européens importaient de la cire.
Le suif
Le plus souvent, il s’agit de gras de boeuf ou de mouton. Le suif ne sent pas bon et est convoité par les rongeurs.Tooltip content goes here.
La mèche
La mèche des lampes et des chandelles est
constituée de fils de lin, de coton ou de laine torsadés. Au 19e siècle, on les tresse.
Le poêle comme moyen d’éclairage
En laissant la porte d’un poêle entrouverte, il est possible d’obtenir un peu de lumière. Les Acadiens appellent cela «s’éclairer à la craque».