Chroniques

De village en village... Des métiers ambulants...

Ils se déplacent de village en village. Ils s’arrêtent le long des chemins ou sur les places publiques, ils frappent aux portes. La poussière de la route couvre leurs vêtements mais il ne faut pas se méprendre, ils ne sont pas des indigents! Longtemps, des hommes, des femmes et même des enfants sillonnent les routes du Québec, pratiquant un métier ambulant.

Les travailleurs itinérants sont généralement bien connus des habitants et leurs compétences sont hautement appréciées. D’un endroit à l’autre, ils colportent également les nouvelles, ce qui leur donne un rôle social important dans le village ou le canton. En contrepartie, ces voyageurs doivent souvent faire appel à la générosité des habitants quand il s’agit, par exemple, de trouver un gîte pour la nuit.

Ils sont artisans, marchands, réparateurs, artistes... Ils sont des personnages singuliers qui, longtemps, ont fait partie du paysage québécois. Cette nouvelle série de chroniques leur est consacrée.

De village en village... Des métiers ambulants...

Aquarelle: Deux habitants, l'un avec un cheval, traîneau et un tonneau, l'autre avec des mocassins
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Collection Sir George Gipps/C-000117

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Premier épisode
Des artisans ambulants aux mille talents
Les chemins de la fourrure

Peinture : Jeune fille avec des paniers
Source : Bibliothèque et Archives Canada/Collection Cornelius Krieghoff/C-004669

Tout l’hiver, les artisans travaillent d’arrache-pied pour fabriquer des outils, des meubles, des récipients, des tissus. Quand arrive la belle saison, nombreux sont ceux qui prennent la route pour aller à la rencontre des clients, dans les villes et les villages. Ils offrent leur production ainsi que leur savoir-faire. Sur place, les artisans ambulants peuvent fabriquer certaines pièces, accepter des demandes spéciales, faire des réparations et donner des conseils. La vocation de chacun est généralement reconnaissable à la marchandise qu’ils exposent fièrement dans les rues.

Se déplaçant à pied avec un havresac, le ferblantier tient à la main une longue tige de fer sur laquelle est enfilé un exemplaire de chacun des objets en fer-blanc qu’il a à vendre. Ce sont, par exemple, des moules à chandelles et à gâteaux, des entonnoirs, des théières, des récipients à mesurer de toutes les dimensions. Les plus petits objets, tels les gobelets et les bougeoirs, sont suspendus autour de sa taille. Ces objets n’ont pas de fond. Quand le ferblantier en vend un, il sort les outils à souder qu’ils transporte avec lui pour effectuer, sur place, la finition. La fumée de la soudure lui donne un air plutôt malpropre. Vers la fin du 19e siècle, le ferblantier utilise la voiture à cheval, ce qui lui permet de transporter des pièces volumineuses comme de grandes cuvettes ou des écrémeuses à lait.

Trois ou quatre fois par année, le potier fait sa tournée. Sa marchandise bien protégée dans de la paille, il en exhibe quelques échantillons au bout de longs bâtons. Pour mieux se faire remarquer, certains potiers soufflent dans une cruche, d’autres cognent ensemble deux pots pour faire du bruit. Ils démontrent, par la même occasion, leur solidité. Parmi ces potiers ambulants, plusieurs ne font que vendre les produits fabriqués par d’autres potiers. Il y en a toutefois quelques-uns qui façonnent et vendent leurs propres objets de terre cuite. Au Canada, les Amérindiens pratiquent la poterie depuis des milliers d’années tandis que les Français la pratiquent depuis le 17e siècle. La glaise est la principale matière première. Elle est nettoyée de ses pierres et autres déchets, piétinée et coupée en boules avant d’être façonnée.

De leur côté, les vanniers transportent des objets tressés, légers tels des chapeaux et des paniers. Bon nombre de ces artisans sont des femmes, et les Amérindiennes, en particulier, vendent souvent leurs produits sur les routes. La vannerie est un savoir-faire ancien, pratiqué depuis la Préhistoire dans un grand nombre de pays. En Amérique du Nord, les matières utilisées pour tresser les récipients sont principalement la paille, solide et flexible, l’osier, l’écorce, le cornouiller sauvage et même de fines lames de bois. Les Amérindiens travaillent également avec le roseau, le poil d’élan, les enveloppes de maïs et la babiche.

Entrelaçant des fils de laine ou de lin plutôt que de la paille, les tisserandes confectionnent des tissus. Bon nombre de femmes, dans leur famille, manient les cardes, le rouet et le métier à tisser. Certaines d’entre elles décident de mettre leur savoir-faire à profit et vont, sur les routes, offrir leurs services. Plutôt que de transporter des marchandises, la tisserande transporte son rouet. Elle offre son aide pour le filage et le tissage, mais aussi pour d’autres travaux comme le bourrage d’oreillers et de matelas, ainsi que le reprisage des filets de pêche. À l’occasion, elle travaille à son domicile. En guise de rémunération, il lui arrive de recevoir de la laine, des couvertures ou de l’étoupe.

Nombre d’artisans ambulants se spécialisent dans le travail du bois. Se promenant durant l’été avec une charrette remplie de chaises, le chaisier sait bien choisir le bois vert et le bois sec qui formeront le cadre de la chaise. Il arrive ainsi à l’assembler solidement, sans colle. De son côté, le faiseur de bardeaux se déplace pour vendre ses bardeaux de chêne, de pin ou de cèdre. Il transporte ses outils, car il offre également de les tailler sur place et de les poser. Le boisselier fabrique et vend des récipients de bois tels des seaux, des cuves, des barattes. Le tonnelier, quant à lui, se retrouve sur les routes pour livrer les barils bombés qu’il fabrique sur commande. Tous ces récipients sont particulièrement en demande au moment des récoltes. Ils doivent être de bonne qualité car la conservation d’aliments tels le beurre, le lard et le poisson en dépend. Le transport des marchandises nécessite également une grande quantité de tonneaux.

Si fabriquer des objets est très important, savoir les entretenir et les réparer l’est tout autant. Plusieurs artisans itinérants se spécialisent dans la réparation d’objets. Pour en savoir davantage à leur sujet, nous vous donnons rendez-vous le 25 novembre 2008.

Sources
  • LESSARD, Michel. La nouvelle encyclopédie des antiquités du Québec. Montréal, Éditions de l'Homme, 2007. 1103 pages.
  • POMERLEAU, Jeanne. Métiers ambulants d’autrefois. Montréal, Guérin littérature, 1990. 467 pages.
  • SENTANCE, Bryan. La vannerie: techniques et traditions à travers le monde. [Paris], Flammarion, 2001. 215 pages.

Deuxième épisode
Réparer le pots cassés

Le rémouleurAu 21e siècle, jeter un objet brisé est un geste banal. Quand ces derniers sont de piètre qualité et peu coûteux, pourquoi se donner la peine de les remettre en état? Or, très longtemps, les Québécois ont préféré réparer ou transformer leurs vieux objets. Ils réussissaient ainsi à prolonger leur vie ou à leur en donner une deuxième. Dans un tel contexte, les réparateurs ambulants ne manquaient pas de clients.

Le fondeur de cuillères, aussi appelé «potier d’étain», est sans nul doute le réparateur itinérant le plus connu. C’est vers la fin du Régime français qu’il fait son apparition sur les routes de la vallée du Saint-Laurent. Une fois par année, au moins, il visite les villages. Ceux qui ont mis de côté des cuillères d’étain brisées font alors appel à ses services pour qu’il les transforme en cuillères neuves et brillantes. Pour fondre l’étain, le fondeur de cuillères peut utiliser le poêle de la maison. Il connaît l’art de bien réchauffer les moules, pour que l’étain en fusion ne se solidifie pas trop rapidement. Une fois les cuillères démoulées, le fondeur doit retirer le métal excédentaire. Les ustensiles d’étain, fort populaires, sont considérés comme l’argenterie des humbles. Le fondeur vend aussi divers objets d’étain tels des crucifix, des boutons et des épingles.

Lors de la fabrication des couteaux, l’émouleur est l’artisan qui utilise la meule pour affiler la lame et lui donner un premier tranchant. Le rémouleur, pour sa part, pose les mêmes gestes dans le but d’aiguiser les couteaux dont la lame s’est émoussée. Le rémouleur installe sa meule sur le bord des rues, dans les villes. Il est reconnaissable à son tablier de cuir qui le protège des étincelles et des éclaboussures d’eau. Quand il n’utilise pas sa meule, il peut travailler avec une simple pierre et une ceinture de cuir. À la fin de l’aiguisage, certains rémouleurs font mine de s’arracher un cheveu et de le couper en deux, pour souligner la perfection de leur travail. Les rémouleurs sont moins en demande dans les campagnes, les habitants étant généralement capables d’aiguiser eux-mêmes leurs objets tranchants.

Sous le Régime français, les objets en terre cuite sont courants dans les maisons, tandis que la faïence et la porcelaine se retrouvent surtout chez les plus fortunés. Après la Conquête, ces objets de luxe sont beaucoup plus répandus. Le raccommodeur de faïence est l’artisan spécialisé dans la remise en état de ces matières fragiles. Transportant son coffre d’outils, il ne fait qu’une tournée par année. Avec beaucoup de précaution, l’artisan perce l’émail, puis la terre cuite. Il rassemble les morceaux de faïence avec de la broche, et recouvre le tout d’un mastic. Consciencieux, l’artisan cherche à cacher les traces de la réparation à l’intérieur des pots et au dos des assiettes. La réparation de la porcelaine, quant à elle, est plus facile. Le raccommodeur de faïence utilise un mastic de chaux vive et de blanc d’oeuf et n’a qu’à ficeler la pièce pendant le séchage.

Sur son dos, le vitrier transporte des feuilles de verre fixées à une petite échelle, qui sera utilisée lors de l’installation des vitres. Son arrivée est grandement appréciée, en particulier à l’approche de l’hiver, alors que les habitants sont plus soucieux de réparer leurs fenêtres. La présence de vitriers est attestée dès le 18e siècle, mais ce ne sont pas toutes les maisonnées qui ont les moyens d’acheter du verre. Pour effectuer une réparation, le vitrier est capable de tailler les vitres sur mesure, quoique le plus souvent, il utilise des carreaux découpés à l’avance qui conviennent à la plupart des fenêtres.

À l’époque de la Nouvelle-France, ce sont surtout les familles aisées et les communautés religieuses qui possèdent des horloges. Deux siècles plus tard, rares sont les habitants qui n’en ont pas! Au cours du 18e siècle, les premiers horlogers arrivent dans la colonie, puis, au 19e siècle, une forte concurrence vient des vendeurs d’horloges américains qui sillonnent les routes. En parallèle avec ces vendeurs, il existe des horlogers itinérants qui se consacrent spécifiquement à l’entretien et à l’ajustement des horloges. Pour les lubrifier, l’horloger utilise une «huile d’horloger» spéciale, dont il garde le secret, qu’il applique à l’aide d’une plume d’oie. Si l’horloge est défectueuse, l’horloger soupçonne parfois la maison d’avoir bougé, créant un déséquilibre dans l’horloge.

Dans les maisons, bien d’autres objets bénéficient du travail d’un réparateur ambulant. Par exemple, le rempailleur de chaise sait travailler divers matériaux pour remplacer les sièges usés, et le réparateur de harnais connaît tous les secrets pour coudre le cuir. Nos ancêtres réparent une grande variété d’objets, mais malgré tout, ils se débarrassent de certaines choses. Pour en savoir davantage sur les métiers ambulants consacrés à la récupération de matières usagées, nous vous donnons rendez-vous le 9 décembre 2008.

Sources
  • LESSARD, Michel. La nouvelle encyclopédie des antiquités du Québec. Montréal, Éditions de l'Homme, 2007. 1103 pages.
  • POMERLEAU, Jeanne. Métiers ambulants d’autrefois. Montréal, Guérin littérature, 1990. 467 pages.
  • RICHET, Pascal. L’âge du verre. [Paris], Gallimard, 2000. 159 pages.

Troisième épisode
Rien ne se perd, rien ne se crée
Rien ne se perd, rien ne se crée

Photographie: Beaupré, [vers 1900]. Photographe: Livernois Source: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P560, s1, p110

Très à la mode en ce début de 21e siècle, le recyclage est loin d’être une pratique nouvelle. Depuis des siècles, les hommes récupèrent certains «déchets» et les utilisent pour fabriquer de nouveaux objets. Parmi les travailleurs itinérants, certains se consacrent ainsi à la collecte de toutes sortes de matières. Pour débarrasser les gens de leurs «vieilleries», ils sont parfois prêts à donner quelques sous.

Se spécialisant dans la récupération de vieux tissus, le guenillou a une place spéciale dans l’imaginaire populaire. Dans le récit La petite patrie, Claude Jasmin décrit, par exemple, le guenillou comme un personnage effrayant et énigmatique, taquiné par les enfants qui lui crient: «guenillou plein d’poux, les oreilles plein’d’poil!». Le guenillou se promène à pied en traînant une poche ou en poussant une petite charrette. Certains utilisent des véhicules à chevaux, ce qui leur permet de transporter encore plus d’objets. Le guenillou est mal habillé et fait sa tournée durant la belle saison. Les gens qui souhaitent se débarrasser des linges usés lui crient «guenille, hou-hou». De cela viendrait le nom «guenillou». Les chiffons en bon état sont vendus pour quelques sous, les autres guenilles sont généralement données au guenillou.

Les chiffons de coton et de lin, de même que les vieux filets et les vieux cordages, sont très recherchés puisqu’ils sont longtemps utilisés dans la fabrication du papier. Le guenillou tire un revenu de la vente de ses chiffons à des papeteries. Avant de devenir du papier, les vieux tissus sont triés en fonction de leur nature, de leur couleur et de leur qualité. Les coutures et les boutonnières sont défaites. Puis, les chiffons sont déchiquetés, et mis à fermenter. Les fibres sont battues et blanchies, puis mises dans une cuve pour former la pâte à papier. Au 19e siècle, une pénurie de fibres textiles amène les papeteries à rechercher de nouvelles matières premières. Elles se tournent alors vers les fibres de bois.

En plus des tissus usés, le guenillou recueille des objets faits de laiton, de fer-blanc, de cuivre, des tapis et parfois même du gras, des os, des bouts de chandelles. Les métaux sont revendus à des manufactures, les os sont transformés en engrais. La laine est offerte à des moulins qui l’utilisent pour fabriquer de nouveaux tissus. Le gras entre dans la composition des moulées et du savon.

Chez les habitants, les restes de table sont parfois bouillis pour en retirer le gras. Quand on ajoute à ce gras de l'eau de lessi, de la résine, de l’eau et du sel, il devient du savon. L’eau de lessi est obtenue à partir de la cendre et elle est à la base de la potasse, une substance essentielle pour les manufactures de verre, de papier et de tissus.

Jusqu’au début du 20e siècle, la cendre est très en demande et le ramasseur de cendre se charge de la recueillir durant l’hiver, de maison en maison. Les habitants des villes et des villages conservent la cendre dans un récipient placé à la cave ou à l’extérieur, loin des maisons. La cendre est échangée contre un peu d’argent ou, parfois, une denrée telle la mélasse. Comme la demande est forte, bien des défricheurs brûlent les arbres directement sur leur terrain afin d’en vendre les cendres.

Dès 1671, Jean Talon fait construire un bâtiment spécial pour produire de la potasse. Des centaines de potasseries et de «perlasseries» sont par la suite mises sur pied. Certains habitants font leur propre potasse pour la vendre à des marchands. Ou bien, ils la vendent à l’acheteur de potasse qui recueille cette denrée, de village en village.

Les métiers ambulants dédiés à la récupération de certaines matières rendent de bons services à la population. Comme eux, d’autres travailleurs itinérants se consacrent à rendre service. Pour en connaître davantage sur le ramoneur, la blanchisseuse, le cireur de chaussures, le déneigeur et le scieur de bois, nous vous donnons rendez-vous le 23 décembre 2008.

Sources
  • DESAUTELS, Yvon. Les coutumes de nos ancêtres. Montréal, Éditions paulines, 1984. 55 pages.
  • JASMIN, Claude. La petite patrie: récit. Montréal, La Presse, 1972. 141 pages.
  • POMERLEAU, Jeanne. Métiers ambulants d’autrefois. Montréal, Guérin littérature, 1990. 467 pages.
  • SIMARD, Cyril. Les papiers Saint-Gilles: héritage de Félix-Antoine Savard. Québec, Presses de l'Université Laval, 1988. 157 pages.

Quatrième épisode
Besoin d’un petit service?
Besoin d’un petit service?

Illustration: «Rien à boire!», caricature de Edward Jump parue dans L'opinion publique, vol. 4, no 9, p. 102.
Source: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, collection numérique

Les métiers ambulants liés aux services sont pratiqués par des hommes, des femmes et aussi des enfants. Ces vaillants travailleurs, petits et grands, offrent à la population de prendre en charge des corvées pénibles et souvent ennuyantes. Signe que de tels services sont encore attrayants, la plupart de ces métiers existent toujours.

Le ramoneur est présent dans la vallée du Saint-Laurent depuis plus de trois siècles. Dès l’époque de la Nouvelle-France, de multiples ordonnances rendent obligatoire le ramonage régulier des cheminées dans les villes. La suie, en s’accumulant contre les parois de la cheminée, peut s’enflammer et provoquer des incendies. Dans les rues, le ramoneur est facile à reconnaître. Il est en général petit et couvert de suie. Pour cette raison, le ramoneur est couramment appelé «Monsieur Suie» ou bien «Savoyard», car en France, un grand nombre d’entre eux sont recrutés en Savoie.

En Nouvelle-France, dès l’âge de 13 ou 14 ans, le ramoneur apprend le métier auprès d’un maître. À cette époque, les âtres et les cheminées sont larges. Un homme de petite taille ou un enfant peut ainsi se glisser à l’intérieur pour enlever la suie à l’aide d’une gratte et d’un balai. Pour ne pas être asphyxié, le ramoneur se couvre la tête du mieux qu’il peut. Il porte des vêtements longs, des genouillères, mais travaille souvent nu-pieds pour mieux grimper aux parois des cheminées. Parfois, il utilise une corde pour se protéger des chutes. Le travail du ramoneur est difficile et certaines maladies, comme la tuberculose, le guettent.

Au 19e siècle, les poêles à bois supplantent les foyers et les cheminées sont plus petites. Les techniques du ramoneur changent. Pour frotter les parois de la cheminée, il utilise un sapin manipulé à l’aide de cordes et lesté d’un poids. Il peut également utiliser une chaîne métallique qu’il fait tournoyer ou alors une brosse appelée hérisson. Pour préparer sa venue, le ramoneur demande à ses clients de s’abstenir d’utiliser le foyer une journée à l’avance. Les femmes de la maison ont avantage à bien couvrir les meubles et la vaisselle, mais doivent s’attendre à devoir tout de même laver le plancher après le passage du ramoneur.

Comme le ramoneur, la blanchisseuse est également présente dès le Régime français. Par exemple, vers 1660, Marguerite Bourgeoys et ses compagnes effectuent des travaux d’aiguille et des lessives pour être en mesure de subsister. Cela est très utile dans une colonie naissante où il y a peu de femmes et, également, peu de vêtements. À leur image, aux 19e et 20e siècles, des femmes offrent le service de blanchissage à des familles bourgeoises et à certains hôtels. La blanchisseuse recueille le linge sale, le lave et le ramène bien propre, plié et trié, dans de grands paniers d’osier.

La blanchisseuse s’installe sur le bord des rivières, durant la belle saison, avec un gros chaudron. Laver les vêtements est un long travail comportant plusieurs étapes. Avant l’utilisation des cordes à linge, elle étend le linge propre où elle peut, utilisant même les arbustes et les clôtures. Au 20e siècle, certaines blanchisseuses disposent d’un local où se trouve l’équipement nécessaire: de grands récipients de bois, un berceau, un endroit pour faire le feu, des cordes à linge.

Pendant que la jeune fille apprend à laver les vêtements, le jeune homme, de son côté, est initié à l’art de couper le bois de chauffage. Après s’être fabriqué une scie et un chevalet, il découvre comment fendre une bille de bois avec un coin de fer, comment retirer une lame bloquée, comment corder le bois pour le protéger de l’eau. Vers l’âge de 13 ans, certains garçons deviennent scieurs de bois. Ils se déplacent de maison en maison pour offrir de préparer les bûches, transportant un chevalet, une scie et une hache. Ses clients sont, entre autres, des veuves et des couples âgés. Plusieurs scieurs de bois deviennent, plus tard, travailleurs dans les chantiers forestiers.

D’autres jeunes hommes offrent de déblayer des entrées ou de déneiger des toits. Vers la fin de l’hiver, alors que la neige et la glace, en se détachant, menacent de blesser les passants, déneiger le toit devient une nécessité. Le déneigeur de toit utilise un balai, une gratte avec un très long manche et une masse en bois pour casser la glace. Il demande souvent l’aide d’un collègue qui, demeuré au sol, avertit de la présence d’un passant.

Au 19e siècle, le cireur de chaussures, pour sa part, est un jeune garçon n’ayant bien souvent pas eu la «chance» d’être employé dans une manufacture. Il se place dans un lieu fréquenté tel un marché ou une gare. Sale et mal habillé, il traîne une brosse, du cirage noir ainsi qu’une boîte sur laquelle ses clients sont invités à mettre le pied. Ceux-ci se tiennent debout devant le petit cireur de chaussures. Au 20e siècle, le métier est davantage exercé par des adultes qui louent des espaces à l’intérieur de bâtiments et qui mettent des sièges à la disposition de la clientèle.

Les travailleurs itinérants affectés aux services ont à offrir leur force de travail. À leurs côtés, dans les rues, d’autres offrent plutôt une multitude d’objets et de denrées. Pour en connaître davantage sur les vendeurs ambulants, nous vous donnons rendez-vous le 6 janvier 2009.

Sources
  • POMERLEAU, Jeanne. Métiers ambulants d’autrefois. Montréal, Guérin littérature, 1990. 467 pages.
  • PROVENCHER, Jean. C'était l'hiver: la vie traditionnelle rurale dans la vallée du Saint-Laurent. Montréal: Boréal, 1986. 278 pages.
  • SAINT-LAURENT, Agnès, et al. L'art de vivre au temps jadis: tout le savoir-faire de nos grands-parents. Montréal, Sélection du Reader's Digest, 1981. 384 pages.
  • SIMPSON, Patricia. Marguerite Bourgeoys et Montréal, 1640-1665. Montreal, McGill-Queen's University Press, 1999. 269 pages.
  • Au sujet des petits ramoneurs, le site de l’Assemblée des pays de Savoie présente des informations intéressantes. Voir, entre autres, le texte de Monique Dejammet, Les "hirondelles d’hiver" (http://www.sabaudia.org/v2/dossiers/petitsramoneurs/public1.php).

Cinquième épisode
Les «magasins» ambulants
Les «magasins» ambulants

Peinture: Le vendeur de mûres
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Collection Cornelius Krieghoff/C-010698

Encore aujourd’hui, des vendeurs itinérants s’installent le long des routes ou sur les trottoirs des grandes villes. Ils courtisent les foules, les touristes, profitent de certains événements. Leur présence ne date pas d’hier. Les jours de marché, dans les villes, bon nombre d’habitants font du porte à porte, pour écouler leurs marchandises. Voici quelques-uns de ces métiers qui ont longtemps fait partie du paysage, dans la vallée du Saint-Laurent.

Véritable petit magasin ambulant, présent dans les villes comme dans les campagnes, le colporteur est particulièrement apprécié par les habitants incapables de se rendre régulièrement chez les marchands. Il vend de tout: médicaments, boules à mites, instruments de couture, peignes, bijoux, pipes, canifs, jouets, allumettes, etc. Obtenues chez un grossiste, ces marchandises sont transportées dans un éventaire, dans un sac, dans une valise attachée sur son dos, dans une charrette. Pour attirer les regards, le colporteur épingle parfois quelques produits à son chapeau.

Certains colporteurs se spécialisent dans la vente de médicaments, de livres, de montres, de journaux. Quand ils disposent d’une voiture, ils peuvent transporter de grands objets comme des vêtements ou des tapis. Le colporteur invité à entrer dans une maison attire toujours la curiosité des enfants. À l’occasion, il leur offre des cadeaux, dans l’espoir de susciter des ventes.

Nombreux sont les vendeurs itinérants se consacrant à la vente de denrées alimentaires. Le premier à faire sa tournée, le matin, est le laitier. Il se lève avant l’aube pour traire les vaches ou pour aller chercher le lait chez un fermier. Les bidons de lait sont ensuite déposés sur une charrette tirée par un chien ou un cheval. Le laitier transvide le lait dans les récipients laissés par ses clients. Pour éviter que les chats n’y mettent le museau, les contenants sont placés dans une boîte fermée soit en métal, soit en bois. Certains laitiers livrent du lait déjà embouteillé. Ils n’ont qu’à échanger les bouteilles vides et pleines.

Le poissonnier choisit le jeudi, veille d’un jour maigre, pour visiter les maisons. Il se rend d’abord aux villages les plus près des côtes, offrant des poissons frais. Il visite ensuite les endroits les plus éloignés, transportant davantage de poissons salés, fumés, ou encore vivants. Quand arrivent le Carême et les jours maigres, ce sont des poissons congelés que les gens se procurent en grande quantité. Certains poissons ne sont pas vendus au poids ni à l’unité, mais par bolée.

Également consommés durant le Carême, les oeufs sont offerts par certains fermiers, de porte en porte, dans les villes et les villages. Transportant leurs oeufs frais dans des paniers ou dans des caisses, ces marchands utilisent une clochette pour annoncer leur venue. Certains acheteurs ne mangent pas les oeufs. Ils les font couver pour renouveler leur basse-cour. Bien entendu, ils s’assurent que ces oeufs viennent d’un endroit où il y a un coq.

S’approvisionnant au marché le matin, les vendeurs de fruits et de légumes parcourent la ville en offrant des bananes, du maïs, des citrouilles, des patates, des pommes, etc. Durant la belle saison, des enfants les imitent en allant vendre des petits fruits sauvages. Le vendeur d’épices, pour sa part, transporte une denrée précieuse pour améliorer le goût des aliments moins frais. Il offre, entre autres, de la cannelle, de la muscade, du gingembre, du thé, du café et parfois des herbes médicinales.

Au 20e siècle, peu avant Noël, les campagnes sont visitées par le vendeur de bonbons, de pommes et d’oranges. Ces délices sucrés et ces fruits sont offerts aux enfants durant le temps des fêtes. À l’approche de l’hiver, le marchand de miel trouve aussi preneur pour sa marchandise qui, dit-on, soigne bien les rhumes. Au printemps, c’est le vendeur des produits de l’érable qui fait sa tournée. Le sirop est transporté dans de grands contenants, puis transvidé. Pour ce qui est du sucre, les jolies pièces moulées sont appréciées comme cadeaux à la veille de Pâques. Le sucre d’érable est aussi offert sous forme de gros pains devant durer toute l’année.

D’autres vendeurs profitent de certains événements pour solliciter les clients, comme le vendeur de frites et de hot-dog qui, au 20e siècle, s’installe le dimanche et les jours de fête près de l’église. Le vendeur de crème glacée et la vendeuse de bière d'épinette s’installent également, l’été, dans des endroits fréquentés. Pour sa part, le vendeur de fèves au lard est particulièrement apprécié dans les chantiers forestiers où il n’y a aucun cuisinier. Quand il repart, il emporte avec lui des lettres destinées aux familles des bûcherons.

Les vendeurs ambulants répondent aux besoins de la population, qu’ils soient ceux de la vie quotidienne ou d’autres besoins, plus exceptionnels, liés à des événements festifs. Le tireur de portraits, pour sa part, répond à un besoin très particulier, celui d’immortaliser des événements importants de la vie et des visages. Pour en savoir davantage à son propos, nous vous donnons rendez-vous le 20 janvier 2009.

Sources
  • LACHANCE, André. Vivre à la ville en Nouvelle-France. Outremont: Libre expression, 2004. 306 pages.
  • POMERLEAU, Jeanne. Métiers ambulants d’autrefois. Montréal, Guérin littérature, 1990. 467 pages.

Sixième épisode
Se faire tirer le portrait
Se faire tirer le portrai

Photographie: Couple Wilfrid Sanche et Dona Laflèche, 1903
Source: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P106,s1,p15

Le portraitiste est quelqu’un que l’on estime mais aller chez lui est considéré comme un luxe. Il ne réchauffe pas les pieds durant l’hiver, ni ne remplit les panses dans les moments de disette. Toutefois, en rendant immortel le visage d’êtres aimés, il offre un petit trésor qui nourrit l’âme et le coeur. De village en village, le peintre et le photographe ambulants proposent de réaliser de tels portraits, qui ont longtemps été un luxe mais qui, au 19e siècle, deviennent plus accessibles grâce à la photographie.

Sous le Régime français, les clients des portraitistes sont les communautés religieuses et les gens de la haute société. Plusieurs peintres doivent se déplacer pour rencontrer leurs sujets car ceux-ci sont souvent agonisants ou déjà morts. C’est le cas, par exemple, de l’abbé Hugues Pommier qui effectue à l’Hôtel-Dieu de Québec un portrait de mère Marie-Catherine de Saint-Augustin, ou de Pierre Le Ber qui réalise, en 1700, le portrait posthume de Marguerite Bourgeoys. D’autres peintres représentent des gens de leur vivant, comme le frère Luc qui trace en 1671 le portrait de Jean Talon. La coutume de conserver l’image de personnes âgées, malades ou décédées s’est poursuivie jusqu’au 20e siècle et est à l’origine d’une superstition selon laquelle le portrait pourrait provoquer la mort.

Dans les milieux plus aisés, les portraits d’adultes ou d’enfants sont populaires jusqu’au coeur du 19e siècle. Certains sont miniatures, parfois peints sur l’ivoire, d’autres ne sont que de noires silhouettes. Les clients bourgeois aiment que leur portrait reflète leur statut social. Les drapés de velours, les bijoux et les dentelles peuvent contribuer à créer une impression de richesse. Certains portraitistes personnalisent leur oeuvre en représentant des accessoires tels un livre ou un jeu de hasard.

Parmi les nombreux artistes se consacrant au portrait, Jean-Baptiste Roy Audy est reconnu pour avoir été, de 1815 à 1848, un peintre ambulant. Il va de manoir en manoir en quête de clients et place des annonces dans les journaux. D’autres peintres, comme Frances Ann Hopkins, accompagnent les explorateurs pour ramener des souvenirs de leurs découvertes.

Au 19e siècle, la demande est si forte qu’elle contribue à stimuler le perfectionnement d’un nouveau procédé pour la prise de portraits, la photographie. C’est vers 1840 qu’arrive dans la vallée du Saint-Laurent le daguerréotype, offert à Québec et à Montréal par des photographes itinérants américains. À cette époque, le temps de pose varie entre 3 et 30 minutes, selon la luminosité, et les premiers décors et accessoires visent d’abord à aider les sujets à demeurer immobiles. Heureusement, de rapides progrès techniques permettent de réduire le temps de pose à moins de quelques secondes.

Se faire tirer le portrai

Photographie: Ulric Léger et son épouse Alexandrine Monette. Photographe: Rodolphe Léger
Source: Bibliothèque et Archives nationales du Québec, P28,d209,p2

Dès les années 1860, le daguerréotype est supplanté par un nouveau procédé incluant l’usage de négatifs mis au point par l’anglais William Henry Fox Talbot. Ce procédé, moins coûteux, permet d’obtenir plusieurs copies d’une image. Les supports utilisés pour les négatifs sont le papier ciré, puis la plaque de verre. Vers 1880, apparaissent les pellicules en nitrate de cellulose se rapprochant de celles que nous connaissons aujourd’hui. Jusqu’en 1890, les photos sont imprimées sur du papier albuminé puis collées sur un carton. Dans le cas des ferrotypes, l’image apparaît directement sur une plaque de tôle noire.

En milieu urbain, les clients rencontrent le photographe dans son studio. À la campagne, ils attendent le passage du photographe ambulant. Comme les négatifs sur verre doivent être traités immédiatement, ce photographe transporte avec lui un véritable petit laboratoire, sur son dos ou bien sur une charrette à bras ou à cheval. Heureusement, l’équipement du photographe est allégé quand est mise au point une caméra dont la chambre, munie d’ingénieux soufflets, est pliable.

Le photographe ambulant n’ayant pas de studio, il s’installe dans une maison privée pour recevoir les clients qui se présentent revêtus de leurs plus beaux habits. Les photos sont coûteuses et ne sont pas accessibles aux familles les plus pauvres. Certaines familles bourgeoises modestes trouvent néanmoins le moyen d’économiser en se faisant photographier tous ensemble. Cela n’est possible, bien sûr, que lorsque les techniques permettent de prendre une photo presque instantanément.

Pour enjoliver les portraits, le photographe installe des décors, propose des bijoux et des vêtements à ses clients pour qu’ils paraissent plus riches. Aux nouveaux mariés souhaitant, après coup, une photo de mariage, il prête un bouquet de fleurs. Après 1890, les mises en scène ayant pour thème les saisons sont également très populaires.

Les portraits peints étant encore à la mode au 19e siècle, certaines photos sont colorées au pastel, à l’aquarelle ou à la peinture pour leur donner l’apparence d’une toile. Le photographe peut également ajouter à la main des rideaux ou corriger certains défauts physiques, soit sur le négatif, soit sur la photographie. En ce sens, tel le portraitiste, il met à contribution son sens artistique.

Comme les peintres et les photographes, d’autres artistes exercent leurs talents sur les routes. Pour en savoir davantage sur les amuseurs publics, les montreurs de marionnettes et d’automates, les poètes et les musiciens des rues, nous vous donnons rendez-vous le 3 février 2009.

Sources
  • LEMAGNY, Jean-Claude et André Rouillé, dir. Histoire de la photographie. Paris, Larousse, 1998. 296 pages.
  • LESSARD, Michel. La nouvelle encyclopédie des antiquités du Québec. Montréal, Éditions de l'Homme, 2007. 1103 pages.
  • MUSÉE MCCORD. Exposition virtuelle consacrée à William Notman:
    http://www.musee-mccord.qc.ca/fr/clefs/expositionsvirtuelles/studionotman

Septième épisode
Des divertissements pour tous les goûts
Des divertissements pour tous les goûts

Source: Canadian Illustrated News, vol. XIV, no 6, p. 81.
Reproduction à partir du site Web de Bibliothèque et Archives Canada Nouvelles en images: Canadian Illustrated News.

Dotés de mille talents, les amuseurs ambulants maîtrisent l’art de faire rire, d’émouvoir et de piquer la curiosité des foules. Installés sur les trottoirs des villes, dans les parcs ou en tournée à la campagne, ils font preuve d’ingéniosité et de débrouillardise pour offrir la meilleure performance possible. Dans un chapeau ou autre récipient, ils récoltent quelques sous qui sont autant de témoignages d’appréciation de la part de leur public.

Aussi attrayants pour les adultes que pour les enfants, les spectacles de marionnettes peuvent être des plus farfelus, comme traiter des sujets les plus sérieux. De tels théâtres existent dans la vallée du Saint-Laurent depuis la fin du 18e siècle. Les pantins du premier marionnettiste, Jean-Sébastien Natte, représentent des personnages historiques comme Louis XV, Voltaire et Montcalm, ainsi que des figures classiques de la commedia dell’arte, tels Arlequin et Colombine. Les marionnettes se meuvent devant des paysages peints par Natte lui-même. En plus d’offrir des spectacles chez lui, Natte installe parfois son théâtre sur la place publique et même dans des maisons privées. Au 19e siècle, certains marionnettistes offrent des spectacles dans les campagnes, allant d’un village à l’autre. S’installant où ils le peuvent, ils se débrouillent souvent avec les moyens du bord, certains allant jusqu’à utiliser des chaises pour délimiter l’espace de leur spectacle. Il va sans dire que dans de tels cas, le talent du marionnettiste doit compenser le manque de matériel.

Douceurs pour les oreilles, les musiciens de la rue égayent la route des passants en jouant du violon, de l’accordéon, de la flûte, de l’harmonica ou en chantant. Dans les villes, on en croise sur les trottoirs, dans les parcs, sur les traversiers et même au port où ils s’installent parfois pour accueillir les nouveaux arrivants. Dans les campagnes, les musiciens locaux sont régulièrement sollicités pour animer les veillées. Au 20e siècle, certains artistes se regroupent et partent en tournée. La Bolduc, par exemple, met sur pied une troupe. En arrivant dans les villages, la troupe demande au curé l’autorisation d’utiliser l’église, lui offrant même de l’argent s’il accepte d’annoncer le spectacle en chaire. Le soir de la représentation, les saintes espèces sont bien sûr déplacées. D’autres musiciens ambulants sont fort connus dans leur région. C’est le cas, au Saguenay et dans Charlevoix, de Louis l’Aveugle, un non-voyant de naissance. Il est conteur, chanteur, joueur de violon et de «bioune», un instrument à cordes qu’il transporte sur une charrette.

Accompagné parfois d’un petit singe, le joueur d’orgue de Barbarie n’a qu’à tourner une manivelle pour produire une musique ravissante pour les promeneurs, durant la belle saison. Son instrument, joliment décoré, peut être doté d’automates et possède un pied amovible permettant de bien l’installer. Pour déplacer l’orgue, le joueur peut le porter sur son dos. Plusieurs mélodies sont disponibles, par exemple des airs de Carmen et des valses de Strauss, mais quand un rouleau est installé sur l’orgue de Barbarie, l’instrument ne joue qu’un seul air, à répétition.

Curieuses, les foules sont attirées par les phénomènes sortant de l’ordinaire. À ce chapitre, le montreur d’automates a toujours du succès quand il présente les marionnettes animées mécaniquement qu’il a, souvent, bricolées lui-même. À l’aide d’une corde ou d’une pédale, il actionne ses petits personnages. Au 19e siècle, les automates colorés de Godefroy Ladouceur représentent par exemple des métiers, des animaux, des danseurs.

Pour sa part, le montreur d’images projette sur une toile, à l’aide d’une lanterne magique, une diversité de paysages qui ont été peints ou photographiés sur du verre, agrémentant son spectacle d’une narration. Dans les premières années, plusieurs se méfient de cette machine et sortent de la représentation en faisant le signe de la croix. C’est à l’aube du 20e siècle qu’apparaissent les premiers projectionnistes ambulants de cinéma muet. En tournée au Québec entre 1897 et 1905, Henry de Grandsaignes d’Hauterive et sa mère s’arrêtent dans les villages comptant au moins quelques milliers d’habitants. Ils installent leur «historiographe» dans les écoles et les sous-sols d’église. Les premiers films présentés, dont le sujet est souvent historique ou religieux, sont un enchaînement de photographies que le projectionniste commente et agrémente de musique.

La force physique ayant longtemps été une qualité très utile dans la vie quotidienne, certains hommes forts deviennent de véritables héros populaires. Louis Cyr, par exemple, démontre publiquement sa puissance en tenant tête à quatre chevaux tirant dans la direction opposée à la sienne. Les femmes fortes, les nains et les géants, comme le géant Beaupré, attirent également l’attention. À la fin du 19e siècle, se développent plusieurs clubs d’athlétisme et des gymnases qui valorisent l’agilité et l’équilibre. Plusieurs amuseurs publics, tels les funambules, les jongleurs et les acrobates cherchent ainsi à impressionner par leurs prouesses.

Impressionnants et parfois effrayants, les spectacles d’animaux savants ont aussi leurs adeptes. Jusqu’à la Première Guerre mondiale, plusieurs montreurs d’ours circulent dans la vallée du Saint-Laurent. Leurs animaux sont généralement des ours bruns dont les griffes ont été coupées, muselés et tenus en laisse. Pour annoncer le spectacle, le montreur d’ours se promène dans la rue avec son animal. Quand des curieux s’arrêtent, il présente quelques tours. Son ours se dresse et marche, monte à un poteau, passe le chapeau, etc. Si les tours plaisent, le dompteur invite les spectateurs à une représentation plus élaborée, au village. Les femmes enceintes évitent généralement de tels spectacles car une superstition veut que l’enfant risque de naître poilu comme un ours, infirme, ou marqué d’une tâche de vin à l’endroit où la mère, surprise par le spectacle, aurait mis ses mains.

Ainsi se termine cette chronique portant sur les métiers ambulants.

Sources
  • POMERLEAU, Jeanne. Métiers ambulants d’autrefois. Montréal, Guérin littérature, 1990. 467 pages.
  • BEAUREGARD, Yves. «Jean Grimaldi, le "papa des artistes"», Cap-aux-Diamants, no 35, automne 1993, pages 21 à 25.

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Le géant Beaupré
Né en 1881, le géant Beaupré mesure huit pieds et pèse 350 livres. L’un de ses exploits est de lever un cheval de 600 livres.
La lanterne magique
Les premières lanternes, arrivées au Québec vers le milieu du 19e siècle, fonctionnent grâce à des chandelles. Le montreur d’image doit ainsi composer avec une boîte à images qui est parfois envahie de fumée. La lampe au pétrole, puis l’ampoule, sont par la suite utilisées.
L’orgue de Barbarie
Les mélodies jouées par cet instrument sont inscrites sur des cartons perforés, placés sur un cylindre que le joueur d’orgue fait tourner grâce à une manivelle. Un mécanisme composé de tuyaux et d’un soufflet produit les sons.
La Bolduc
Née Marie Travers, cette musicienne a de multiples talents. Elle est auteure, compositrice, chanteuse, accordéoniste, violoniste, harmoniciste et guimbardiste. Elle connaît beaucoup de succès dans les années 1930.
Mettre le monde sans dessus dessous
Au 19e siècle, les marionnettistes prennent plaisir à représenter des situations saugrenues. Ils mettent en scène, par exemple, une femme travaillant à la charrue.
Photo de groupe...
Dans les premières décennies de la photographie, en raison de la longue immobilité qu’on demande aux sujets, les belles photographies de groupe sont difficiles à obtenir. Le photographe peut alors avoir recours à la photographie composite, c’est-à-dire qu’il photographie chaque sujet individuellement et qu’il fait ensuite un montage.
Le papier albuminé
L’albumine de l’oeuf permet de bien retenir les sels d’argent sur un papier fin.
Un bon éclairage
L’éclairage naturel est primordial dans les premiers studios de photographie. Certains d’entre eux, en guise de murs, ont de grandes verrières. À Montréal, vers 1860, le studio de William Notman possède une grande fenêtre de 3 mètres de haut par 4 mètres et demi de large, ainsi qu’une petite fenêtre, nommée lanternon, au plafond.
Le daguerréotype
Ce procédé est mis au point en France par Louis Jacques Daguerre. Il permet de faire apparaître des images sur des plaques de cuivre argentées. L’image est en positif, c’est-à-dire qu’elle est obtenue directement.
Prendre la mort en photo
Jusqu’au début du 20e siècle, il est encore courant de photographier les morts.
La légende du père Rouillard
Une légende de Charles-Arthur Gauvreau traite justement de cette superstition. À Trois-Pistoles, en 1769, un tireur de portraits se serait arrêté chez le seigneur Rioux et on lui aurait demandé de faire le portrait du père Ambroise Rouillard. Ce portrait est jugé peu ressemblant, le visage blême faisant penser à celui d’un noyé. Curieux destin, le père Ambroise se noie quelques jours plus tard.
Résister au portrait, même après la mort
Certaines religieuses, par modestie et humilité, refusent qu’on fasse leur portrait. L’une d’elle aurait résisté même après sa mort. En effet, lorsque Liébert installe son chevalet auprès de la dépouille de Marguerite D’Youville, en 1771, il peine à terminer son oeuvre parce que les traits de cette dernière s’estompent rapidement.
La bière d’épinette
Aussi appelée «petite bière», cette boisson se fabrique à partir de rameaux d’épinette blanche. Une fois bouillie, on obtient une essence qui est mise à fermenter avec du levain, de la mélasse, de l’eau. La vendeuse de bière d’épinette tire une charrette qui est une véritable brasserie ambulante. Elle contient de la bière en fermentation qui est filtrée lentement, au fur et à mesure qu’elle s’écoule vers un deuxième contenant. L’attirail de la vendeuse comporte aussi de la glace pour rafraîchir son produit.
De bien jolis pains de sucre
Parmi les moules à sucre les plus populaires, mentionnons ceux en forme de coeurs, de poissons, de coqs, de petites maisons.
La conservation des oeufs
Les oeufs se gâtent rapidement, surtout quand il fait chaud. Pour les conserver plus longtemps, il est possible de placer les oeufs dans une jarre remplie de gros sel, déposée dans un endroit frais.
Une belle bolée...
Le poissonnier vend parfois le contenu entier d’un bol.
Poisson frais
Les poissons offerts varient selon les saisons. On retrouve, entre autres, du capelan, de la sardine, du hareng fumé, du turbot, du saumon, de l’aiglefin, du flétan.
Les jours maigres
Dans le Catéchisme du diocèse de Québec, publié en 1702, il est prescrit pour les fidèles de respecter certains jours d’abstinence où ils ne pourront pas manger de viande. C’est le cas du vendredi et du samedi. Dans le cas du Carême, ce sont des jours de jeûne qu’ils doivent observer. En plus de se priver de viande, ils doivent se contenter du repas du midi et d’une petite collation le soir. Toutefois, l’Église permet certaines exceptions et tolère à l’occasion la consommation d’oeufs et de laitages. Après la Conquête, les règles des jours maigres se sont bien adoucies.
Éventaire
Il s’agit d’un plateau léger porté à l’avant, suspendu au cou grâce à une sangle.
Le marché en Nouvelle-France
Sous le Régime français, l’approvisionnement en aliments dans les milieux urbains se fait au marché, qui a lieu une fois par semaine à Montréal, deux fois à Québec. Les habitants y viennent vendre des fruits et des légumes, des produits de l’élevage ou de la chasse. Quand sonne la cloche de 11 heures, les vendeurs sont libres de circuler dans la rue et de frapper aux portes des maisons pour aller offrir les aliments invendus.
Le chevalet de sciage
Cet instrument ressemble à deux grands « X » en bois, reliés par une autre pièce de bois. Il facilite le sciage des billes de bois en les maintenant au-dessus du sol, à une hauteur convenable.
Le berceau
Il s’agit d’une cuve en cèdre munie d’un couvercle et de deux poignées. Il est possible de la faire basculer car elle repose sur un essieu.
Une bien longue corvée: la lessive
Avant de laver les vêtements, il faut les repriser pour s’assurer de leur solidité. Puis, il faut trier les pâles et les foncés, faire tremper les plus sales dans de l’eau additionnée d’eau de lessi, parfois les faire bouillir, tordre les vêtements avant de les frotter, mouillés, contre une planche en utilisant du savon ou de les battre au battoir. Le linge est ensuite rincé. Au besoin, une légère teinture bleue peut être ajoutée pour rendre le blanc encore plus éclatant. Le linge est ensuite essoré, séché, repassé. Les collets et poignets des chemises peuvent être empesés avec de l’amidon pour leur donner une certaine raideur.
Des lieux de villégiature
Ces services sont particulièrement en demande dans les hôtels de grands lieux de villégiature comme Charlevoix ou la Côte-du-Sud.
Marguerite Bourgeoys, blanchisseuse...
Vers 1660, Marguerite Bourgeoys reçoit de l’argent pour avoir blanchi du linge d’autel et entretenu des vêtements sacerdotaux. Sa compagne Catherine Crolo est celle qui se charge plus particulièrement des lessives.
Hérisson
Il s’agit d’une brosse munie de lames d’acier qui est tirée par un câble pour racler l’intérieur d’un conduit.
Les petits Savoyards
En Savoie, la saison hivernale est dure, ce qui encourage la population à prendre la route pour exercer des métiers ambulants. Les montagnards, ayant la réputation de bien grimper, sont très nombreux à devenir ramoneurs. Les petits ramoneurs de Savoie, âgés de 6 à 12 ans, sont pris en charge par des recruteurs. Ces derniers les transportent dans des villes et les encadrent, récupérant tous leurs revenus. Au mois de mai, quand les ramoneurs reviennent à la maison pour travailler aux champs, les recruteurs remettent aux parents une certaine somme d’argent, déterminée à l’avance. À partir de 1863, une loi interdit le recrutement des filles et des garçons de moins de 12 ans.
La suie
La fumée contient des matières non brûlées qui se déposent contre les parois de la cheminée. Chaudes, elles ressemblent à un goudron visqueux. Froides, elles sont des feuilles de cendre noire pouvant bloquer les conduits ou, pire, s’enflammer. Les bois mous dégagent davantage de suie que les bois francs. La suie peut être transformée en peinture noire ou en médicaments pour les animaux.
La perlasse
La potasse peut être séchée au four pour créer un produit plus pur, destiné à l’exportation, nommé «perlasse».
À l’extérieur, la cendre...
Les habitants conservent la cendre loin d’eux car ils craignent que le baril ne s’enflamme sous l’effet des braises qui pourraient y subsister.
La potasse
La potasse est un solide extrait de la cendre de bois. Pour en fabriquer, il s’agit de faire bouillir l’eau de lessi jusqu’à l’obtention d’un résidu solide ayant l’apparence de la poudre de verre, facile à entreposer et à transporter. En solution, la potasse est caustique, c’est-à-dire qu’elle est corrosive. On l’appelle aussi salin, cendre gravelée, sel de tartre.
La fabrication du savon
En chauffant les différents ingrédients du savon, il convient de brasser sans arrêt. Puis, il faut laisser refroidir une journée. Le savon est jaune. Il est coupé en blocs et entreposé dans des contenants pour éviter que les rongeurs ne le mangent. Le savon s’accompagne souvent d’un résidu brun que certains appellent potasse, qui peut être utilisé pour le lavage du linge de maison.
L’eau de lessi
Fabriquée en ébouillantant de la cendre et en recueillant le liquide, l’eau de lessi est aussi utilisée pour tremper le linge et laver le plancher. Pour savoir si elle est assez forte, il faut que qu’elle soit douce au toucher. Elle est trop forte quand une petite quantité pique la langue.
Le temps du savon
Au printemps, quand les restes de table accumulés durant l’hiver commencent à sentir, le moment est venu de faire le savon. Il peut aussi être fait à l’automne, lors des grandes boucheries.
Vive le progrès
Une machine appelée « la hollandaise » est inventée aux Pays-Bas pour accélérer ce processus. Il s’agit d’un cylindre muni de lames permettant de déchiqueter rapidement les chiffons, sans avoir besoin de les préparer.
Le papier
Le procédé de fabrication du papier consistant à battre des fibres végétales avec de l’eau pour en faire une pâte est originaire de Chine. Il est introduit en Europe au 12e siècle. Avant d’utiliser du papier, les Européens écrivent principalement sur des parchemins et des vélins (peaux d’animaux).
Le réparateur de harnais
Pour coudre le cuir, l’artisan doit préparer un fil nommé ligneul à coudre, qui est fait de fils de lin torsadés, sur lesquels il dépose une substance composée de goudron, de résine et de gras.
Le rempailleur de chaises
Les matières les plus populaires pour les fonds de chaise sont, avant le 19e siècle, la paille de seigle, le foin de marais et les tiges de chanvre. L’une des techniques pour réparer les sièges consiste à installer un treillis de paille, qui est ensuite bourré avec de la paille bouchonnée.
Horloges
Avant l’invention des horloges mécaniques, les hommes ont mesuré le temps à l’aide de clepsydres, de sabliers ou de chandelles graduées. Ce semble être vers la fin du 13e siècle que l’horloge apparaît en Europe, mais ce n’est que deux siècles plus tard qu’elle entre dans les maisons.
Sans verre, que faire?
Jusqu’au 19e siècle, le verre est importé d’Europe. Les gens qui ne peuvent s’en procurer se contentent, pour protéger leurs fenêtres, de toiles cirées, de peaux, de papier huilé ou de volets de bois.
La vitre, une belle invention
Le verre est connu depuis l’Antiquité. Lors de la fabrication de pots ou de briques, une partie de la matière devient, bien souvent, du verre. Toutefois, les procédés efficaces de fabrication de verre plat (vitres) ont été mis au point uniquement vers le 14e siècle. La première technique, en couronne, consiste à souffler un vase large à fond plat dont les bords sont ensuite ouverts. La technique dite à manchon consiste à souffler un long vase dont le fond est coupé pour former un cylindre. Il est ensuite coupé sur la longueur et mis à plat. La grande plaque de verre est ensuite découpée en carreaux.
Porcelaine
Contrairement à la terre cuite, la porcelaine est imperméable sans avoir eu besoin d’une glaçure. Elle est très blanche et très résistante. Le secret de sa fabrication repose dans la matière utilisée, le Kaolin, ainsi que dans la température de cuisson, très élevée.
Faïence
La faïence commune est une terre cuite de couleur rougeâtre, ocre ou gris-jaune, recouverte d’une glaçure. La faïence fine est blanche, émaillée.
Terre cuite
Il s’agit d’une pièce de céramique, poreuse, qui n’est pas émaillée.
Besoin d’eau
La meule du rémouleur doit demeurer humide. Si l’eau vient à manquer, le rémouleur peut cracher sur sa meule ou réclamer de l’eau au voisinage. Pour faire rire les gens venus lui en porter, il fait mine de la boire entièrement.
De jolis moules
Les moules utilisés au Québec sont conçus pour que le fondeur coule le cuilleron avant le manche. Ils comportent souvent des motifs tels des plantes, des animaux, des symboles religieux, des lettres
L’étain
L’étain commun est un alliage d’étain, de cuivre et d’un autre métal (plomb, bismuth ou antimoine). Il est moins résistant que l’étain fin qui comporte généralement plus de cuivre et surtout, beaucoup moins de plomb.
Les bardeaux
Pour fabriquer des bardeaux, il s’agit de fendre une bille de bois en lamelles, puis de les égaliser à la plane.
Des chaisiers astucieux
En séchant, le bois vert utilisé pour les montants comprime solidement le bois sec utilisé pour les traverses et les barreaux.
On demande de l’étoupe...
La tisserande peut vendre l’étoupe aux constructeurs de bateaux, qui l’utilisent pour calfater les embarcations.
La babiche
Cette lanière de cuir, nettoyée de tout poil et salée, est d’une grande solidité.
L’osier
Il s’agit de rameaux de saule, trempés dans l’eau avant d’être travaillés. Il est possible de les écorcer et d’en faire des éclisses, afin de réaliser des ouvrages plus délicats.
Les premiers potiers de la colonie
En 1655, Nicolas Pré, dit DuPré, de Lauzon possède un tour à pédales pour façonner l’argile. Après lui, bien d’autres s’adonneront à la fabrication de récipients en terre cuite grossière.
Les potiers
Parmi les potiers ayant eu une importante production, on peut nommer, par exemple, les Dion de L’Ancienne-Lorette et les Farrar de Saint-Jean-sur-Richelieu. La poterie Dion est généralement faite d’une argile locale rouge-brun. L’entreprise, fondée en 1851 par Jean-Baptiste Dion, est reprise par son frère et ses fils. Pour ce qui est de la poterie Farrar, elle se reconnaît entre autres à ses pots gris ornés de fleurs bleues. L’entreprise est fondée par une famille originaire du Vermont.
Des potiers flamboyants
Pour attirer l’attention des clients, un colporteur de poterie aux cheveux roux s’est teint la barbe en violet.
Le fer-blanc
Connu des Allemands depuis le 14e siècle, le fer-blanc est une tôle de fer recouverte d’étain, ce qui la protège de l’oxydation et de la rouille. Métal léger et abordable, ce métal devient très populaire. Il arrive dans la vallée du Saint-Laurent dans la deuxième moitié du 18e siècle.