Chroniques

Les Patriotes, 1837-1838

Les Patriotes, 1837-1838

Estampe: Vue de la façade arrière de l’église de Saint-Eustache et dispersion des insurgés, 14 décembre 1837
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Crédit: Charles Beauclerk/Acquisition 1992-566-6/C-000396

Après la victoire britannique sur les Plaines d’Abraham, en 1759, la Nouvelle-France disparaît. La France cède sa colonie à l’Angleterre par le Traité de Paris en 1763. Sous le nouveau Régime anglais, les Canadiens-Français sont privés de plusieurs privilèges. Devant les nombreuses injustices et abus de pouvoir des dirigeants anglais, se forme, dans les années 1830, un groupe de rebelles, «les Patriotes».

La nouvelle série de chroniques, ayant pour thème général Les Patriotes, 1837-1838, vous mènera à travers l’histoire des rébellions des Patriotes dans le Bas-Canada. En lisant les présentes chroniques, découvrez les origines du conflit, revivez les batailles et rencontrez des personnages qui ont combattu dans les rangs patriotes. Peut-être aurez-vous l’idée de prendre le chemin des Patriotes pour vous imprégner d’histoire...

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Premier épisode
Le mouvement patriote
Le mouvement patriote

Aquarelle: Papineau s’adressant à une foule
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Crédit: Charles William Jefferys/Collection Imperial Oil/Acquisition1972-26-759/C-073725

Les Rébellions de 1837-38 sont un conflit armé opposant une partie de la population civile des colonies du Bas-Canada et du Haut-Canada, à l'occupant militaire et colonial britannique. Beaucoup plus violents dans le Bas-Canada, ces événements sont l'aboutissement de trente ans de mésententes politiques entre l'Assemblée législative canadienne et le gouvernement colonial britannique. Dans ce contexte difficile, le mouvement patriote, mouvement réformiste de la Chambre d’assemblée, prend officiellement forme en 1826, lorsque le Parti canadien adopte le nom de Parti patriote.

Au printemps et à l'été 1837, le Parti patriote, dont le chef est Louis-Joseph Papineau, tire avantage des tensions politiques pour organiser la lutte populaire. Les rangs patriotes sont dirigés par des membres des professions libérales (avocats, médecins, notaires, journalistes), opposés aux grands marchands coloniaux et aux membres de l'establishment politique. Les Patriotes sont favorables à des réformes démocratiques qui leur permettraient plus de pouvoir.

L’Angleterre refusant toute concession importante, le conflit politique dégénère en conflit armé. Les Patriotes font face aux troupes et à la milice britanniques à trois occasions: à Saint-Denis, à Saint-Charles et à Saint-Eustache. Leur seule victoire a lieu à Saint-Denis, le 23 novembre 1837. L'importante force militaire gouvernementale, dirigée par le général Colborne, et un grand nombre de miliciens loyaux écrasent les troupes patriotes dans les deux batailles suivantes.

La loi martiale est déclarée le 5 décembre 1837. De nombreux rebelles fuient aux États-Unis. Plusieurs sont arrêtés, et sept sont exilés aux Bermudes. L’histoire ne se termine pas ainsi. Des Patriotes réfugiés aux États-Unis et des sympathisants américains joignent leurs forces. Tôt en novembre 1838, ils attaquent Napierville et quelques autres villages. Mais les forces gouvernementales maîtrisent rapidement les escarmouches. En 1839, douze rebelles du Bas-Canada sont pendus pour leur participation à la rébellion et environ 130 autres sont déportés dans les colonies pénitentiaires de Tasmanie. En 1843, John George Lambton comte de Durham amnistie quelques patriotes.

Communément appelé Rapport Durham, le Rapport sur les affaires de l’Amérique septentrionale propose de profondes réformes dans les colonies. Il conduit vers l'union des deux Canada en 1841 et l'avènement du gouvernement responsable en 1848. Une réforme politique est donc effective, réglant, en partie, les causes des rébellions des Patriotes.

Les Rébellions de 1837-1838 sont à la fois une lutte nationale, sociale et politique. Elles suivent un mouvement où sont engagées, dans la première moitié du XIXe siècle, plusieurs autres sociétés comme l'Irlande, la Grèce et l’Allemagne.

Pour en savoir plus sur les Rébellions de 1837 et 1838, nous vous donnons rendez-vous le 7 août 2007.

Sources
  • COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec de 1534 à nos jours, Montréal, Stanké, 2001, 1861 p.
  • LACOURSIÈRE, Jacques. Histoire populaire du Québec, De 1791-1841. Tome 2, Sillery, Septentrion, p. 183-434.

Deuxième épisode
Des moyens de pression: boycottage et contrebande
Des moyens de pression: boycottage et contreband

Aquarelle: Habitants du Bas-Canada, vers 1837
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Collection de Canadiana Peter Winkworth/Acquisition R9266-445/C-150336

En 1834, les Patriotes, à la Chambre d’assemblée, exposent leurs revendications au Parlement britannique dans un texte connu sous le nom de 92 Résolutions. En réaction à ce document, le secrétaire d’État aux Colonies, lord John Russell, présente, en mars 1837, dix résolutions, dites Résolutions Russell, au Parlement de Londres. Ces résolutions sont un affront pour les Patriotes puisqu’elles rejettent les réformes demandées dans les 92 Résolutions. De plus, elles permettent au gouverneur de la province d’utiliser les fonds publics sans en rendre compte à la Chambre d’assemblée.

Face à la rigidité du Parlement britannique, les Patriotes durcissent leur position. Pour tarir les fonds publics, revenus fiscaux perçus à la douane, les chefs Patriotes incitent les habitants à boycotter les produits importés d’Angleterre. Par ce moyen de pression, le gouvernement colonial devra se contenter du budget militaire pour fonctionner.

Les produits anglais boycottés, tels le rhum, l’eau-de-vie, le thé et la toile, sont remplacés par des produits locaux. À Saint-Ours, le 7 mai 1837, une assemblée des Patriotes vote douze résolutions dans lesquelles il est résolu «[...] Que nous consommerons de préférence les produits manufacturés en ce pays; que nous regarderons comme bien méritant de la patrie quiconque établira des manufactures soit de draps, de toiles, soit de sucre, de spiritueux, etc.»

Louis-Joseph Papineau, dans un discours à la population, à Saint-Laurent, en mai 1837, pousse les gens à la consommation de produits locaux: «Multipliez nos troupeaux pour avoir plus de laine, notre bétail pour le manger, pour bonifier la terre, pour tanner plus de cuirs, et avoir plus d’artisans qui mettront en oeuvre des produits plus abondants; semer plus de lin pour avoir plus de toile, et pour occuper utilement, pendant nos longs hivers, nos industrieuses et jolies concitoyennes, les entendre gaiement chanter au métier et nous aider à affranchir le pays de taxes arbitraires; tout cela se fera bien vite dans tout le comté, si tous ceux qui sont ici le veulent.»

En plus de promulguer la consommation de produits locaux, la contrebande avec les Etats-Unis est favorisée. Dans le journal la Minerve du 27 avril 1837, on pouvait lire: «Les objets que nous ne pouvons fabriquer ici, l’ami Jonathan [les Etats-Unis] nous les fournira. Pour cela donnons la main au contrebandier; désormais, c’est un brave que chacun de nous encouragera. C’est en grand qu’il faut faire la contrebande.»

Les Patriotes se rendent jusqu’au Congrès des Etats-Unis pour faciliter la contrebande avec le pays. Ils demandent que des taxes sur certains produits américains, comme le thé et le coton, soient abolies. La demande porte aussi sur les taxes d’exportation imposées par les Etats-Unis sur des produits du Bas-Canada, tels le blé, la farine et le bois.

Face à la lenteur des événements, une aile patriote plus radicale se développe et porte les habitants à s’armer. Ceci fera l’objet de la prochaine chronique. Soyez-y!

Pour en savoir plus sur les Rébellions de 1837 et 1838, nous vous donnons rendez-vous le 21 août 2007.

Sources
  • COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec de 1534 à nos jours, Montréal, Stanké, 2001, 1861 p.
  • LACOURSIÈRE, Jacques. Histoire populaire du Québec, De 1791-1841. Tome 2, Sillery, Septentrion, p. 311-316.

Troisième épisode
Les Fils de la Liberté
Les Fils de la Liberté

Aquarelle: Milice Canadienne, Tenue d’hiver de Henri Beau
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Fond Henri Beau/Acquisition 1989-559-34/C-000630

Dans le contexte politique tendu des années 1830, la révolte gronde dans les deux Canadas. En 1835, les Tories, loyaux à la Couronne d’Angleterre, s’assemblent et forment des groupes volontaires armés, contre les indépendantistes et les Patriotes. De ces groupes armés, on peut nommer le British Rifle Corps, le Montreal British Legion et le Doric Club. De l’autre côté, en lien avec les Patriotes, une association destinée à la jeunesse voit le jour en septembre 1837: les Fils de la Liberté.

Les Fils de la Liberté est une organisation politique et paramilitaire, s’inspirant du groupe formé durant la Révolution américaine: «Sons of Liberty». Le nom de l’association est proposé par Louis-Joseph-Amédée Papineau, le fils du «Grand» Louis-Joseph Papineau. Les Fils de la Liberté veulent utiliser d'autres moyens que les actions politiques pour obtenir les réformes parlementaires et constitutionnelles. Les liens entre l’association et les membres du Parti Patriotes sont assurés par deux hommes: François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier et George-Étienne Cartier.

Dans un manifeste publié le 4 octobre 1837, les Fils de la Liberté proclament «[...] le droit pour un peuple de choisir son gouvernement et le droit à l’indépendance pour une colonie.» Ce document marque, en quelque sorte, le début des hostilités entre cette association patriote et les Loyaux. En effet, le Montral Herald du 25 octobre 1837 lance un appel aux armes pour combattre l’action des Fils de la Liberté: «Dans la crise qui approche, [...]. Nous recommandons fortement à nos jeunes citoyens qui ne sont pas des Enfants de la Liberté, mais amis de la paix et de l’ordre, de s’enrôler sans délai. [...].»

Le 6 novembre 1837, à Montréal, au Marché neuf, aujourd’hui la place Jacques-Cartier, une violente bagarre oppose les Fils de la Liberté et les membres du Doric Club. Le groupe des Fils de la Liberté, assemblé pacifiquement au lieu dit, ne souhaite pas l’affrontement, mais les membres du Doric Club, pour empêcher ce rassemblement, menacent d’affronter les personnes qui vont à l’assemblée. L’émeute explose. Des maisons sont saccagées, dont celle de Louis-Joseph Papineau. Les bureaux du Vindicator, journal patriote anglophone, le sont aussi. On publie pourtant dans certains journaux que les assaillants étaient les Fils de la Liberté. Suite à cet affrontement, les autorités émettent des mandats d’arrestation qui aiguisent la colère et entraînent de nouveaux combats plus sanglants.

L'éclatement des Rébellions de 1837, et l’exil des chefs Patriotes, mettent fin à l'association des Fils de la Liberté. Au moment de sa disparition, on y dénombre, selon le Gouverneur Gosford, 2000 membres.

Pour en savoir plus sur les Rébellions de 1837 et 1838, nous vous donnons rendez-vous le 4 septembre 2007.

Sources
  • COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec de 1534 à nos jours, Montréal, Stanké, 2001, 1861 p.
  • DICKINSON, John A., et Briand Young, Brève histoire socio-économique du Québec, Sillery, Septentrion, 1995, p. 133-135.
  • LACOURSIÈRE, Jacques. Histoire populaire du Québec, De 1791-1841. Tome 2, Sillery, Septentrion, p. 332-336.

Quatrième épisode
Les batailles de l’insurrection de 1837
Les batailles de l’insurrection de 1837

Estampe: Attaque contre Saint-Charles, 25 novembre 1837
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Crédit : Charles Beauclerk/Acquisition1992-566-3/C-000393

Les demandes de réformes politiques des habitants du Bas-Canada sont rejetées par le Parlement britannique. Durant l’été 1837, plusieurs assemblées publiques ont lieu. Les chefs du Parti patriote, dans des discours enflammés, poussent les habitants à faire pression sur les autorités britanniques. À la mi-novembre 1837, le gouvernement du Bas-Canada ordonne d'arrêter les chefs patriotes, ce qui mettra le feu aux poudres. Les rangs patriotes se mesurent trois fois aux forces armées britanniques lors des insurrections de 1837: à Saint-Denis, à Saint-Charles et à Saint-Eustache.

Le soir du 22 novembre 1837, le lieutenant-colonel Gore débarque à Sorel avec ses troupes dans le but d’arrêter, à Saint-Denis, certains Patriotes, sur qui pèsent des mandats d’arrêt, puis de marcher sur le village de Saint-Charles, réputé comme étant le centre de la résistance des Patriotes dans la vallée du Richelieu. Durant la nuit, les troupes anglaises descendent vers le village. Les Patriotes décident de leur barrer le chemin. Une bataille éclate, le 23 novembre, vers neuf heures, à Saint-Denis.

Cachés dans la grosse maison de pierre de la veuve Saint-Germain et dans une distillerie, les Patriotes, sous les ordres de Wolfred Nelson, tirent sur les hommes de Gore dont l’artillerie reste impuissante face aux murs épais de la maison. Les quelque deux cents Patriotes, armés de mauvais fusils, tiennent bon.

Les batailles de l’insurrection de 1837

Estampe: Vue de la façade avant de l’église de Saint-Eustache occupée par les insurgés. L’artillerie tente de forcer une entrée, 14 décembre 1837.
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Crédit: Charles Beauclerk/Acquisition 1992-566-2/C-000392

Les Patriotes des paroisses voisines, alertés par les cloches de l’église et informés par leurs amis, se précipitent vers le village de Saint-Denis. Devant le nombre croissant d’hommes qui menacent de lui barrer le chemin de la retraite vers Sorel, le lieutenant-colonel Gore, vers trois heures de l’après-midi, sonne la retraite. Il s’agit de la seule victoire des Patriotes.

Deux jours après la bataille de Saint-Denis, le 25 novembre 1837, l'armée britannique, marche vers Saint-Charles. Plus de deux cents Patriotes se barricadent autour du manoir seigneurial. Mais la lutte est inégale. La plupart des Patriotes sont armés de fourches et de piques. Plusieurs fuient, certains font face. Les forces britanniques perdent trois soldats tandis que plus d’une centaine de Patriotes périssent.

Quelques Patriotes, dont Louis-Joseph Papineau et Wolfred Nelson, fuient le Bas-Canada pour les Étas-Unis. D’autres sont capturés et emprisonnés au Pied-du-Courant.

La dernière bataille est celle qui se déroule à Saint-Eustache. La région, au nord de Montréal, est bien connue comme étant hostile à l’absolutisme britannique. C’est pourquoi, bien décidé à mater la rébellion, le général Colborne, en personne, prend le commandement des troupes britanniques.

Le 14 décembre 1837, les soldats arrivent à Saint-Eustache et encerclent le village. Quelques Patriotes fuient devant l’armée de plus de 1 500 hommes. D’autres, sous le commandement du docteur Chénier restent et se barricadent dans l’église. Ils se battent avec acharnement jusqu’à ce que le feu les chasse du bâtiment sacré. Ils meurent rapidement sous le feu nourri des soldats. Le village est incendié. Plus de soixante-dix Patriotes perdent la vie au cours de cette bataille dont le docteur Chénier.

Pour en savoir plus sur les Rébellions de 1837 et 1838, nous vous donnons rendez-vous le 18 septembre 2007.

Sources
  • COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec de 1534 à nos jours, Montréal, Stanké, 2001, 1861 p.
  • LACOURSIÈRE, Jacques. Histoire populaire du Québec, De 1791-1841. Tome 2, Sillery, Septentrion, p. 183-434.

Cinquième épisode
Un grand Patriote: Wolfred Nelson
Un grand Patriote: Wolfred Nelson

Aquarelle sur ivoire: Le Docteur Wolfred Nelson, vers 1838
Source: Bibliothèque et Archives Canada/Acquisition 1939-262-1/C-095761

Lors des Rébellions de 1837-1838, plusieurs grands personnages se sont démarqués. L’homme qui retient ici notre attention est le docteur Wolfred Nelson, un grand chef Patriote, farouche adversaire de l’absolutisme britannique et défenseur des droits civils des Canadiens français.

Wolfred Nelson naît à Montréal en 1791. Son père est un instituteur d’origine anglaise. Sa mère est la fille d’un riche loyaliste américain qui perd tous ses biens lors de la Révolution américaine. Le jeune Wolfred fréquente l’école de son père avec plusieurs fils d’officiers britanniques. Dès son quatorzième anniversaire, il entreprend son apprentissage chez un médecin de l’armée. C’est dans un hôpital militaire de Sorel, ville où il grandit, qu’il commence à pratiquer la médecine. Ainsi, l’environnement de Nelson, jusqu’à ses 22 ans, est l’élite britannique. Il dit lui-même: «Dans ma jeunesse, j’étais un ardent tory et j’étais porté à détester tout ce qui était catholique et canadien-français, mais une connaissance plus intime de ces gens changea mes vues.»

Avec la déclaration de la guerre anglo-étasunienne de 1812, Nelson devient le médecin du 5e bataillon de la milice incorporée. Le quartier général se trouve alors à Saint-Denis. Il est le seul officier de langue anglaise. Sa «conversion» s’est opérée en côtoyant les Canadiens français. Il se plut dans ce village, puisqu’il y ouvre, après la guerre, son bureau de médecine et y devient propriétaire d’une distillerie.

En 1827, Wolfred Nelson est déjà très actif en politique. Réformiste, il se montre un farouche opposant aux autorités établies dont les abus sont apparents. Durant les années 1830, il se dresse contre les Résolutions Russell. Il est président de l’Assemblée des Six-Comtés, connue comme étant l’événement qui mit le feu aux poudres de la rébellion de 1837. Le gouvernement riposte en émettant des mandats d’arrêt, pour haute trahison, contre plusieurs meneurs Patriotes, dont Wolfred Nelson. C’est en résistant à ces arrestations que les rangs patriotes, menés par Nelson, affrontent, le 23 novembre 1837, les troupes britanniques à Saint-Denis. Wolfred Nelson, Louis-Joseph Papineau et Edmund Bailey O’Callaghan déclarent l’indépendance du Bas-Canada, le 4 décembre 1837.

Après la défaite de la bataille de Saint-Charles, Nelson fuit vers les Etats-Unis. Il est capturé par des volontaires dans les Cantons de l’Est et amené à Montréal pour y subir son procès. Ce dernier n’eut pourtant pas lieu. Après sept mois de prison, Wolfred Nelson est exilé aux Bermudes par la Proclamation de Lord Durham. En octobre 1838, le désaveu de Lord Durham le libère de son exil. Il est de retour à Montréal en 1842. Dès 1844, sans quitter la profession médicale, il est député de Richelieu où, une fois de plus, il se fait le défenseur des droits des Canadiens français. Il est aussi l’interprète anglophone pour l’obtention d’un gouvernement responsable. En 1854, il est élu maire de Montréal. Il s’agit de la première élection municipale par vote populaire dans la métropole.

En juin 1863, Wolfred Nelson décède à Montréal. Il est âgé de 71 ans. Tout au long de sa vie, il a fait preuve de grandes préoccupations humanitaires.

Ainsi se termine notre série de chroniques ayant pour thème Les Patriotes, 1837-1838. Nous vous donnons rendez-vous le 2 octobre 2007 avec un nouveau thème.

Sources
  • COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec de 1534 à nos jours, Montréal, Stanké, 2001, 1861 p.
  • LACOURSIÈRE, Jacques. Histoire populaire du Québec, De 1791-1841. Tome 2, Sillery, Septentrion.

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Gouvernement responsable
Avoir un gouvernement responsable, dans le contexte colonial de l'Amérique du Nord britannique, signifie que le Conseil exécutif doit obtenir et conserver l'appui de la majorité des députés de la Chambre d'assemblée afin de pouvoir administrer la province. Le Conseil exécutif est dirigé par le chef du parti politique qui est élu majoritairement à l'Assemblée législative. Le gouverneur est obligé d'entériner les lois votées par l'Assemblée législative concernant les affaires intérieures des colonies
Lord Durham
John George Lambton comte de Durham naît à Londres en 1792. Il devient gouverneur général du Canada et haut-commissaire de l’Amérique du Nord britannique en 1838. L’amnistie des participants aux insurrections de 1837-1838 qu’il proclame provoque son rappel en Angleterre. Il ne passa que cinq mois au Canada. Son rapport sur les affaires de l’Amérique septentrionale britannique, communément appelé Rapport Durham, conduit vers l’Acte d’union de 1840.
Saint-Charles
Saint-Charles est une municipalité située au bord de la rivière Richelieu, au sud du fleuve Saint-Laurent. Au début du XIXe siècle, le village est prospère grâce au commerce lié au transport fluvial.
Edmund Bailey O’Callaghan
Edmund Bailey O’Callaghan naît en Irlande en 1797. Il étudie la médecine à Dublin, à Paris, puis à Québec. En 1827, il est autorisé à pratiquer sa profession dans le Bas-Canada. O’Callaghan s’occupe de l’organisation sociale de la communauté irlandaise à Québec. En 1833, il s’installe à Montréal. En 1834, il devient député de Yamaska. Il appui le Parti patriote et forme, le 15 novembre 1837, avec Louis-Joseph Papineau, le Conseil des patriotes.
Louis-Joseph Papineau
Louis-Joseph Papineau naît à Montréal en 1786. Avocat de profession, sa vie politique est bien remplie. Chef de file des Patriotes de 1837, il est interdit de séjour par la proclamation de Lord Durham, du 28 juin 1838, pour sa participation à l’insurrection. Il est amnistié en 1844. Anticlérical, opposé à l’union du Haut-Canada et du Bas-Canada de 1841, opposé à la Confédération de 1867, il est, par contre, favorable à l’annexion aux Etats-Unis. Ayant été excommunié pour avoir été le chef de l’insurrection de 1837, une sépulture catholique lui est refusée lorsqu’il décède, à Montebello, en 1871.
Assemblée des Six-Comtés
L’Assemblée des Six-Comtés a lieu, à Saint-Charles, dans la vallée du Saint-Laurent, les 23 et 24 octobre 1837. Passant outre la Proclamation du 15 juin, interdisant les assemblées publiques, elle rassemble les chefs Patriotes et environ 6 000 partisans. Les six comtés sont: Verchères, Chambly, L’Acadie, Rouville, Saint-Hyacinthe et Richelieu.
Résolutions Russell
Le 6 mars 1837, le ministre britannique de l’intérieur, John Russell, propose dix résolutions au Parlement en réponse aux 92 Résolutions des Patriotes. Ces dernières sont les demandes de réformes politiques, dans le Bas-Canada, soumises au gouvernement britannique en 1834. Les Résolutions Russell rejètent les résolutions des Patriotes, poussant ces derniers à se radicaliser.
Tory
Le parti Tory, dont les membres sont les Tories, est le nom donné à l’un des premiers partis politiques d’Angleterre à partir de 1679-1680. Aujourd’hui, synonyme de «conservateurs», mais à l’origine, il regroupe les défenseurs du roi et de l’Église.
Sorel
La ville de Sorel se trouve à l’embouchure de la rivière Richelieu, autrefois nommée rivière aux Iroquois, sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent. En 1642, un fortin est construit pour bloquer le passage des Iroquois vers la colonie. Le fortin est bénit et une messe y est célébrée le 20 août de la même année. On considère cette date comme celle de la naissance de Sorel. Le nom de la ville remonte au capitaine Pierre de Saurel, du régiment Carignan-Salière, qui y devint seigneur.
Saint-Denis
Le village de Saint-Denis est situé sur le bord de la rivière Richelieu, au sud du fleuve Saint-Laurent. Avant les insurrections de 1837, le village est prospère. Plusieurs artisans y travaillent, surtout des potiers, ce qui fait de Saint-Denis la capitale de la poterie au Bas-Canada. Par contre, la crise agricole des années 1830 fera des ravages dans la vallée du Richelieu, poussant plusieurs habitants du village et des environs à s’armer lors des rébellions de 1837.
Jean-Olivier Chénier
Jean-Olivier Chénier est né en 1806 à Lachine. Médecin de profession, il est l’un des chefs de l’insurrection de 1837 dans le comté des Deux-Montagnes. Lors de la bataille de Saint-Eustache, le 14 décembre 1837, il résiste aux soldats britanniques jusqu’à la mort.
John Colborne
John Colborne est né à Lyndhurst, en Angleterre, en 1778. Il est lieutenant-gouverneur du Haut-Canada de 1828 à 1836, puis commandant des forces armées britanniques dans les deux Canada de 1836 à 1838. Dans sa lutte contre les insurgés patriotes, il fait incendier plusieurs villages. On lui donne alors le surnom de «vieux brûlot». En 1838 et 1839, il est le gouverneur général du Canada.
Saint-Eustache
Situé au nord de la ville de Montréal, le village de Saint-Eustache est, à l’aube des insurrections de 1837, le centre d'activités socio-économiques de la seigneurie des Mille-Îles. On y trouve, à la fin du XVIIIe siècle, plusieurs commerçants, artisans et professionnels.
Pied-du-Courant
Le Pied-du-Courant est une prison pour hommes construite en 1832. Douze Patriotes furent pendus à cet endroit le 15 février 1839. On y trouve aujourd’hui la Société des Alcools du Québec. Il s’agit de l’un des plus vieux bâtiments publics de la ville de Montréal.
Louis-Joseph Papineau
Louis-Joseph Papineau naît à Montréal en 1786. Avocat de profession, sa vie politique est bien remplie. Chef de file des Patriotes de 1837, il est interdit de séjour par la proclamation de Lord Durham, du 28 juin 1838, pour sa participation à l’insurrection. Il est amnistié en 1844. Anticlérical, opposé à l’union du Haut-Canada et du Bas-Canada de 1841, opposé à la Confédération de 1867, il est, par contre, favorable à l’annexion aux Etats-Unis. Ayant été excommunié pour avoir été le chef de l’insurrection de 1837, une sépulture catholique lui est refusée lorsqu’il décède, à Montebello, en 1871.
Saint-Charles
Saint-Charles est une municipalité située au bord de la rivière Richelieu, dans la vallée du Richelieu. Au début du XIXe siècle, le village est prospère grâce au commerce lié au transport fluvial. Lors des rébellions de 1837, l'Assemblée des Six-Comtés y voit le jour le 23 octobre.
Wolfred Nelson
Wolfred Nelson est né en 1791 à Montréal. Médecin, il se démarque en politique dans le Parti patriote de 1827 à 1830 comme député à la Chambre d’assemblée du Bas-Canada. Il est ensuite député de Richelieu à la Chambre d’assemblée du Canada-Uni de 1851 à 1854, puis maire de Montréal de 1854 à 1856. Wolfred Nelson est l’un des chefs patriotes de 1837. Appréhendé, il sera emprisonné pendant six mois, puis exilé aux Bermudes en 1838 par la proclamation de Lord Durham. Il décède à Montréal en 1863.
Saint-Denis
Le village de Saint-Denis est situé sur le bord de la rivière Richelieu, au sud du fleuve Saint-Laurent. Avant les insurrections de 1837, le village est prospère. Plusieurs artisans y travaillent, surtout des potiers, ce qui fait de Saint-Denis la capitale de la poterie au Bas-Canada. Par contre, la crise agricole des années 1830 fera des ravages dans la vallée du Richelieu, poussant plusieurs habitants du village et des environs à s’armer lors des rébellions de 1837.
Lieutenant-colonel Gore
Sir Charles Stephen Gore est un militaire Anglais qui participa à la guerre anglo-étatsunienne de 1812-1814. Lors des insurrections de 1837, le général Colborne le désigne pour mater les Patriotes. Après la défaite de la bataille de Saint-Denis, il revient incendier ce village et gagne la bataille de Saint-Charles le 25 novembre 1837. Il décède en 1869.
Gouverneur Gosford
Lord Archibald Atcheson, comte de Gosford, naît en 1776. De 1835 à 1838, il est le gouverneur général du Canada. C’est sous son administration que les Rébellions de 1837-1837 éclatent. Devant proclamer la loi martiale, ses pouvoirs sont transmis au général Colborne, commandant en chef des forces britanniques. Après les émeutes, il s'oppose à l'Acte d'Union. Il décède en 1849.
George-Étienne Cartier
George-Étienne Cartier est un avocat qui voit le jour en 1814 à Saint-Antoine-sur-Richelieu. Il est un des membres fondateurs de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Patriote impliqué dans les émeutes de 1837, il est exilé suite à la proclamation de Lord Durham du 28 juin 1838. Sa vie politique est très active. Il est l’auteur des paroles du chant patriotique O Canada, mon pays, mes amours ! Il décède, à Londres, en 1873.
François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier
François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier est un notaire né à Saint-Cuthbert en 1803. Patriote, il participe à la bataille de Saint-Eustache, le 14 décembre 1837. Face à la défaite, il se réfugie aux États-Unis où il s’associe au groupe de Robert Nelson qui proclame l’indépendance du Bas-Canada, le 28 février 1838. Le Chevalier de Lorimier est le commandant du soulèvement de Beauharnois. Il est arrêté le 12 novembre 1838 et condamné à mort, pour haute trahison, par la Cour martiale le 21 janvier 1839. Il est pendu, le 15 février 1839, à la prison du Pied-du-Courant de Montréal
Louis-Joseph Papineau
Louis-Joseph Papineau naît à Montréal en 1786. Avocat de profession, sa vie politique est bien remplie. Chef de file des Patriotes de 1837, il est interdit de séjour par la proclamation de Lord Durham, du 28 juin 1838, pour sa participation à l’insurrection. Il est amnistié en 1844. Anticlérical, opposé à l’union du Haut-Canada et du Bas-Canada de 1841, opposé à la Confédération de 1867, il est, par contre, favorable à l’annexion aux Etats-Unis. Ayant été excommunié pour avoir été le chef de l’insurrection de 1837, une sépulture catholique lui est refusée lorsqu’il décède, à Montebello, en 1871.
Sons of Liberty
À la fin du 18e siècle, pendant la rébellion des treize colonies américaines contre l’Angleterre, se forme l’organisation secrète de patriotes américains, les Sons of Liberty. Leur résistance face à l’oppression britannique prend forme dans des campagnes de boycottage et dans des émeutes urbaines. Ils s’attaquent aux symboles du pouvoir de l’Angleterre en Amérique.
Doric Club
Le Doric Club est une association paramilitaire fondée en 1836 par les Anglais de Montréal, loyaux à la Couronne britannique. Se sentant menacés par les revendications des Patriotes, ils se regroupent pour faire face en cas de rébellions. Le Doric Club disparaît en 1838, quand plusieurs de ses membres s’enrôlent comme volontaires dans l’armée de Colborne pour mater les insurrections.
Tories
Le parti Tory, dont les membres sont les Tories, est le nom donné à l’un des premiers partis politiques d’Angleterre à partir de 1679-1680. Aujourd’hui, synonyme de «conservateurs», il regroupait originellement les défenseurs du roi et de l’Église.
Louis-Joseph Papineau
Louis-Joseph Papineau naît à Montréal en 1786. Avocat de profession, sa vie politique est bien remplie. Chef de file des Patriotes de 1837, il est interdit de séjour par la proclamation de Lord Durham, du 28 juin 1838, pour sa participation à l’insurrection. Il est amnistié en 1844. Anticlérical, opposé à l’union du Haut-Canada et du Bas-Canada de 1841, opposé à la Confédération de 1867, il est, par contre, favorable à l’annexion aux Etats-Unis. Ayant été excommunié pour avoir été le chef de l’insurrection de 1837, une sépulture catholique lui est refusée lorsqu’il décède, à Montebello, en 1871.
Saint-Ours
Saint-Ours est un village situé au bord de la rivière Richelieu sur la rive sud du Saint-Laurent. Le 7 mai 1837, une assemblée d’environ 1 220 personnes se réunissent. Douze résolutions, concernant, pour la plupart, les Résolutions Russell, sont adoptées.
Lord Russell
John Russell, fils cadet du 6e duc de Bedford, débute sa carrière politique en 1826. Deux fois premier ministre, il eut plusieurs postes ministériels avant et après ses deux mandats. Il est secrétaire pour les colonies de 1839 à 1841 et en 1855.
92 Résolutions
Résolutions adoptées par la Chambre d’assemblée du Bas-Canada en 1834 pour exposer l’ensemble de ses griefs.
Gouvernement responsable
Avoir un gouvernement responsable, dans le contexte colonial de l'Amérique du Nord britannique, signifie que le Conseil exécutif doit obtenir et conserver l'appui de la majorité des députés de la chambre d'Assemblée afin de pouvoir administrer la province. Le Conseil exécutif est dirigé par le chef du parti politique qui est élu majoritairement à l'Assemblée législative. Le gouverneur est obligé d'entériner les lois votées par l'Assemblée législative concernant les affaires intérieures des colonies.
Lord Durham
John George Lambton comte de Durham naît à Londres en 1792. Il devient gouverneur général du Canada et haut-commissaire de l’Amérique du Nord britannique en 1838. L’amnistie des participants aux insurrections de 1837-1838 qu’il proclame provoque son rappel en Angleterre. Il ne passa que cinq mois au Canada. Son rapport sur les affaires de l’Amérique septentrionale britannique, communément appelé Rapport Durham conduit vers l’Acte d’union de 1840.
Loi martiale
La loi martiale désigne l'instauration dans un pays d'un état judiciaire d'exception, au sein duquel l'armée, et non la police, assure le maintien de l'ordre.
John Colborne
John Colborne est né à Lyndhurst, en Angleterre, en 1778. Il est lieutenant-gouverneur du Haut-Canada de 1828 à 1836, puis commandant des forces armées britanniques dans les deux Canada de 1836 à 1838. Dans sa lutte contre les insurgés patriotes, il fait incendier plusieurs villages. On lui donne alors le surnom de «vieux brûlot». En 1838 et 1839, il est le gouverneur général du Canada.
Louis-Joseph Papineau
Louis-Joseph Papineau naît à Montréal en 1786. Avocat de profession, sa vie politique est bien remplie. Chef de file des patriotes de 1837, il est interdit de séjour par la proclamation de lord Durham, du 28 juin 1838, pour sa participation à l’insurrection. Il est amnistié en 1844. Anticlérical, opposé à l’union du Haut-Canada et du Bas-Canada de 1841, opposé à la Confédération de 1867, il est, par contre, favorable à l’annexion aux Etats-Unis. Ayant été excommunié pour avoir été le chef de l’insurrection de 1837, une sépulture catholique lui est refusée lorsqu’il décède, à Montebello, en 1871.
Haut-Canada
Créé par l'Acte constitutionnel de 1791, le Haut-Canada est l’ancêtre de l’Ontario. La frontière sud suit le fleuve Saint-Laurent et, ensuite, divise les lacs Ontario, Érié, Huron et Supérieur, des États-Unis. Puis elle longe la rivière des Outaouais jusqu'au lac Témiscamingue et continue vers le nord.
Bas-Canada
Le Bas-Canada est l’une des deux provinces créées par l’Acte constitutionnel de 1791 du Parlement britannique. Le territoire du Bas-Canada comprenait les terres du sud et de l'est du Québec actuel et l'ensemble du Labrador.