Photo: Chapelle de procession Saint-Pierre, Municipalité de L'Isle-aux-Coudres © Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Jean-François Rodrigue, 2004. Source: Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Chroniques

Sur les routes du Québec... des témoins

Les chapelles, cimetières, calvaires et croix de chemin qui ponctuent encore aujourd’hui les routes du Québec, rappellent l’importance qu’a eue la religion dans le quotidien de nos devanciers. Si la valeur culturelle de cet héritage religieux est reconnue, la diminution de la pratique religieuse fait en sorte que les significations symboliques qui s’y rattachent tendent à se perdre.

Cette série de chroniques vous propose de reprendre contact avec ce patrimoine religieux en comprenant un peu mieux la signification, les coutumes et les fonctions religieuses liées à ce dernier, et qui, du moins pour la nouvelle génération, semblent déjà appartenir à la réalité d’un autre temps ou même dépassée...

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Premier épisode
Au-delà de la hampe et de la traverse…

De distance en distance on voit des croix plantées le long du chemin qui court parallèlement au rivage.
Cet emblème est très fréquent au Canada et sert à favoriser la piété du voyageur [...]
Quiconque passe devant la croix lève son chapeau ou pose un autre geste de révérence...

Pehr Kalm, 1748

Croix du premier cimetière du Québec, Québec © Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Christian Lemire, 2006. Source: Répertoire du patrimoine culturel du Québec

À la ville, à la campagne, sur des terrains institutionnels, sur la terre de cultivateurs, le long de chemins ruraux, de la rue principale, et inévitablement au cimetière, la croix caractérise le patrimoine québécois. Dans une chronique précédente, nous avons évoqué l'origine et l'importance de la présence des croix et calvaires au Québec. Dans cette chronique, nous abordons plus particulièrement les différents éléments symboliques de la croix et de la croix de chemin.

La croix, symbole dérivé des plus anciennes formes d'adoration, existe depuis la nuit des temps. De façon générale, elle s'est répandue dans plusieurs civilisations parce qu'elle rappelle la présence humaine (pensons à la silhouette d'un homme debout, bras tendus) et la vie (résultat obtenu par les opposés vertical et l'horizontal, du masculin et du féminin). Dans la culture occidentale, le terme «croix», du latin crux, est en usage depuis deux siècles avant Jésus-Christ. Sous l'Empire Romain, la crucifixion est un supplice auquel peuvent être soumis les malfaiteurs et les esclaves, ainsi que tous ceux qui n'ont pas le titre de citoyens.

La crucifixion de Jésus (et sa résurrection), dogme central de la religion catholique, est à l'origine de l'utilisation du symbole de la croix latine et, par extension, du «signe de croix». Les missionnaires catholiques ont grandement favorisé les initiatives de «plantation de croix», que ce soit pour souligner une fondation, implanter un espace de dévotion publique, exprimer de la gratitude envers le bon Dieu ou sacraliser un lieu. Au Québec, particulièrement, la foi s'est grandement exprimée par ce moyen. Toutes les raisons sont bonnes pour planter une croix et l'initiative vient aussi bien des autorités officielles que de l'homme ordinaire. Ainsi la croix est-elle devenue une forme d'art populaire, bien que rattachée à l'art religieux.

Croix de chemin
Boucherville © Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Jean-François Rodrigue, 2007. Source: Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Les croix catholiques qui caractérisent le patrimoine canadien-français possèdent toutes une hampe et une traverse, éléments constitutifs de la structure et de la symbolique de la croix latine. La hampe est l'axe vertical, symboliquement associé à l'espérance, car il relie l'homme au ciel, tandis que la traverse, axe horizontal, est associé à la solidarité, car il unit les hommes entre eux. Ensemble, ces axes symbolisent la matière, c'est-à-dire le corps de Jésus, et, à la croisée, se trouvent le cœur, la vie et la foi. On retrouve ainsi souvent, un cœur, un cercle ou des rayons de soleil pour symboliser la vivacité de l'amour de Jésus, sacrifié pour sauver l'humanité et ressuscité par Dieu. Fréquemment, on retrouve au haut de la hampe, l'inscription latine INRI, acronyme de l'expression Iesus Nazarenus Rex Iudæorum (Jésus de Nazareth, roi des Juifs) ou, sur la croisée, l'inscription IHS ou JHS (les trois premières lettres du nom de Jésus en grec JΗΣ), symbole du blason de l'ordre des Jésuites, aussi nommé Compagnie de Jésus. Les extrémités des croix peuvent être décoratives. On les enjolive de pointes tréflées, de fleurs de lys ou d'autres motifs ornementaux. Ces croix simples se distinguent des croix dites «aux instruments de la Passion».

Historiquement, la représentation des instruments de la Passion du Christ apparaît au 2e siècle, et elle se généralise au Moyen Âge. Ces instruments évoquent les descriptions de la crucifixion faite par les évangélistes, et ainsi, l'artisan qui ajoute ces instruments sur sa croix de chemin, apporte des éléments narratifs de manière à ce que, ainsi juchés sur la croix, ces objets contribuent à honorer plus en détail le souvenir de la Passion du Christ.

Le coq évoque à la fois le reniement de Pierre et le cri ayant prévenu le Christ que l'heure de la résurrection était arrivée; le fouet rappelle la flagellation, épisode du début de la Passion, survenu après sa condamnation et avant sa crucifixion; le bâton symbolise les coups reçus à la tête alors que les soldats le frappaient; les clous et le marteau rappellent sa fixation à la croix; l'éponge imbibée de vinaigre invoque l'agonie du christ, puisqu'elle a servie à le désaltérer; la lance rappelle le flanc transpercé qui a assuré la mort; et enfin, l'échelle, symbolise la déposition de croix.

Croix de chemin du Bord-du-Lac, Montréal (arrondissement municipal de l'Île-Bizard-Sainte-Geneviève-Sainte-Anne-de-Bellevue). © Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Jean-François Rodrigue, 2004
Source: Répertoire du patrimoine culturel du Québec

On retrouve, la plupart du temps, à l'intérieur de la hampe, des croix de chemin ayant servi de lieu de dévotion publique, une niche accueillant et protégeant une statuette de la Vierge. Rappelons qu'on s'y réunissait, surtout au mois de mai, mois de Marie, autour de la croix, comme dans une chapelle à ciel ouvert, pour réciter le chapelet et chanter des cantiques. On décorait alors le pourtour de la croix en l'entourant de fleurs. Ce chapitre de notre histoire fait bien ressortir la réalité de nos devanciers: ruralité, fécondité et prière.

La plupart des croix extérieures sont en bois et en fer forgé. Étant exposées aux intempéries, leur durée de vie varie selon l'entretien qu'on en fait et leur emplacement ou non sur un socle lui assurant une plus grande résistance à la base, ou sous un dais, sorte de baldaquin la protégeant un peu des éléments.

L'entretien, le renouvellement et le maintien de la pratique de planter des croix témoignent de l'enracinement de la foi et de la culture religieuse du peuple canadien-français. Symbole de mort et de vie, de temporalité et d'éternité, la croix est aussi une manifestation culturelle, tant et si bien que parmi le paysage s'ajoute, au XIXe et XXe siècles, la croix celtique avec l'immigration irlandaise. Cette croix, aussi dite «croix eucharistique», est munie d'un anneau à la croisée, qui rappelle le corps du christ par le symbole de la Sainte Hostie. On la retrouve, le plus souvent, dans les cimetières et sur des sites commémoratifs.

Nous vous donnons rendez-vous le 21 septembre pour la suite sur les calvaires.

Sources

Deuxième épisode
Les calvaires

Calvaire du cimetière de Saint-Hubert, Longueuil (arrondissement Saint-Hubert). © Conseil du patrimoine religieux du Québec, 2003. Source: Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Plus qu’un symbole, le calvaire, avec la présence du corps de Jésus sur la croix, est une mise en scène de l’un des événements les plus importants du dogme de la religion catholique.

Le terme calvaire signifie «crâne» et vient du latin calvaria. Similaire à l'hébreu biblique gulgōlet (ou gulgūltá dans la forme grecque de l’araméen), il désigne aussi la colline sur laquelle les Romains crucifiaient les condamnés et les malfaiteurs. En plus d’avoir la forme d’un crâne, cette colline, par son usage, avait un sol parsemé d’ossements humains. Le calvaire signifie donc à la fois la scène et le lieu de la crucifixion.

Il faut attendre le début du Moyen Âge pour voir apparaître la représentation du calvaire dans l’iconographie religieuse. L’Église adoptera progressivement ce moment pour montrer l’agonie de Jésus ayant précédé à sa Gloire, proclamée par la résurrection.

Calvaire Albert Mondoux (détail), Yamaska-Est. Par Dominique Charland. © Johanne Picard, 2003

Rappelant les paroles rapportées par l’évangéliste Luc: «Père, pardonne-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font», on voit parfois Jésus souffrant, les yeux regardant vers le ciel. Tête baissée, il évoque alors plutôt ce moment où, prêt à mourir, il dit avec humilité: «Tout est accompli». Le plus souvent, il a les yeux fermés, marquant le terme de son agonie. Une auréole ou des rayons de soleil sont occasionnellement ajoutés pour symboliser son appartenance au Royaume des cieux. Ainsi retrouve-t-on dans l’iconographie du calvaire différents moments reliés à la crucifixion, avec un Christ souffrant, résigné ou triomphant. À la description de la scène s’ajoutent quelques détails: toujours, Jésus porte le perizonium, ce pagne qui couvre sa nudité. Assez souvent, il est coiffé de la couronne d’épines que lui imposèrent les soldats romains pour se moquer de sa Royauté. Généralement, les blessures provoquées par le creusement des clous fixant ses mains à la croix, et ses pieds au suppedaneum (support), et par le percement de son flanc, à la lance, pour assurer son décès, sont visibles. Enfin, plusieurs calvaires présentent des personnages ayant assisté à la crucifixion, citons les deux larrons, les trois Marie, l'apôtre Jean et le centurion romain.

Calvaire du cimetière de Saint-Isidore, Municipalité de Lac-des-Aigles (Bas-Saint-Laurent). © Conseil du patrimoine religieux du Québec, 2003. Source: Répertoire du patrimoine culturel du Québec

La réalisation d’un tel «crucifix grandeur nature» est souvent plus coûteuse que celle d’une simple croix de chemin. Le corps, habituellement sculpté par un artiste, requiert un savoir-faire technique et une connaissance de l’iconographie religieuse. Cela fait en sorte que la forme du calvaire relève davantage de la culture savante que de la culture populaire. D’ailleurs, ce sont souvent les communautés religieuses, les fabriques de paroisse et les évêchés qui sont à l’origine de leur commande, bien que des hommes ordinaires aient fait ériger des calvaires en remerciement de faveurs obtenues. Tel est le cas du calvaire situé à Yamaska-Est.

En terre canadienne, les calvaires sont nombreux et, souvent, ils sont situés sur une petite butte ou un monticule qui rappelle le mont Golgotha. Lors des activités paroissiales du vendredi saint, ils deviennent ce passage obligé où s’achève, bien souvent, la procession du chemin de la croix. Ce monument propice au culte des morts est présent dans la majorité des cimetières catholiques.

Enfin, rappelons que le moment de la crucifixion précède l’avènement de la résurrection. Il présente au croyant les circonstances dans lesquelles Jésus est mort pour mieux se révéler par sa résurrection.

Le manque de foi des hommes qui l’ont condamné est, par le mystère de sa résurrection, appelé à se transformer devant la révélation de ce fils de Dieu, Sauveur de l’humanité, promesse de vie éternelle…

Nous vous donnons rendez-vous le 5 octobre pour la suite, sur les cimetières.

Sources
  • PORTER, John R. et Léopold Désy. Calvaires et croix de chemins du Québec, [Montréal], Éditions Hurtubise HMH, 1973, 145 p.
  • SIMARD, Jean, L'art religieux des routes du Québec, [Sainte-Foy], Publications du Québec, 1995, 56 p.
  • http://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca

Troisième épisode
Les cimetières

Charnier du cimetière Saint-Mathieu. Municipalité de Beloeil. © Conseil du patrimoine religieux du Québec, 2003. Source: Répertoire du patrimoine culturel du Québec

Enterrer un cops n’est pas qu’une façon d’en disposer. Pour les croyants catholiques, à l’instar de Jésus, cette étape évoque la mise au tombeau et le passage à une vie nouvelle. Depuis l’inhumation des premiers chrétiens dans les catacombes romaines, la mise en terre consacrée du corps des défunts baptisés est une pratique qui s’est répandue lentement pour devenir progressivement, à partir du IVe siècle, une pratique dominante.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, chez les habitants de la Nouvelle-France, la mort occupe une place très importante dans la vie quotidienne. Selon la pratique de la religion de l’époque, la mort est conçue comme le couronnement de l’existence. L’éventualité du jugement dernier est prise très au sérieux, allant même jusqu’à déterminer les agissements quotidiens. De plus, le cimetière est un lieu que l’on visite régulièrement, tant pour prier pour les âmes des défunts que pour se recueillir et méditer sur la vanité du monde.

Privilégiés, les seigneurs et les curés sont souvent enterrés sous le plancher de l’église. Quant aux autres habitants, ils sont inhumés au cimetière, dont l’espace, sacré, est circonscrit par un muret de pierre. L’un des rares exemples complets de ces murets formant un enclos paroissial se trouve sur le site de l’église Saint-Mathias-sur-Richelieu. Au milieu du XIXe siècle, pour des raisons de salubrité, on cesse d’inhumer des corps sous l’église et d’enterrer à proximité. On aménage plutôt les cimetières en périphérie des centres urbains ou villageois.

À partir des années soixante-dix, au Québec, l’utilisation de machines mécaniques permet au fossoyeur de creuser le sol pendant l’hiver. Autrefois, pendant la saison froide, on devait entreposer jusqu’au printemps les corps des personnes décédées dans un charnier. Ce petit bâtiment de pierre, témoin d’un autre temps, pouvait contenir une dizaine de dépouilles. Il était généralement muni d’une solide porte de fer à verrou.

Nom de l'artiste: Émile Brunet. Monument funéraire à Fred A. Lallemand, 1934. Cimetière Notre-Dame-des-Neiges, Montréal. Source: Écomusée de l'Au-Delà

Musée à ciel ouvert, le cimetière est un espace d’art et d’histoire. Les épitaphes, ces écritaux sur les pierres tombales, permettent de confirmer des liens familiaux et historiques et laissent parfois des anecdoctes pour qui les liront. Certains monuments funéraires sont de veritables œuvres d’art. Par exemple, les monuments d'Émile Brunet, sculpteur de renom, dont une quarantaine de monuments se trouvent au cimetière Notre-Dame-des-Neiges.

Espace vert au cœur de la ville, lieu organisé et régi par des lois, le cimetière se fait lieu de commémoration (avec ses stèles et monuments), lieu de prière (avec ses mausolées, calvaire et chapelle) et lieu de culture (avec ses différents aménagements, œuvres d’art et columbariums).

Pillages, vandalisme, menace de surpopulation et pollution sont des réalités auxquelles cette cité en constante croissance n’échappe pas. Certaines pratiques reliées aux rituels funéraires sont d’ailleurs remises en question pour des préoccupations environnementales.

À l’heure actuelle, des designers novateurs sont à produire des cercueils biodégradables, munis de terreau et d’une semence d’arbre, afin que des écocimetières présentent, dans quelques années, des alignements d’arbres plutôt que de pierres tombales. Comme quoi l’idée d’une vie après la mort perdure dans la conception avant-gardiste de l’espace romantique de «la dernière demeure»…

Nous vous donnons rendez-vous le 19 octobre, pour la suite, sur les chapelles.

Sources

Quatrième épisode
Les chapelles

Les premiers chrétiens aménagent d’abord des autels dans les catacombes romaines pour célébrer l’eucharistie lors de cérémonies funèbres et commémoratives; la messe catholique est ensuite célébrée dans les basiliques, puis dans des églises construites à cet effet. À ce moment, le sacrement du baptême est célébré dans un petit bâtiment séparé de l’église, nommé baptistère. Puis, à l’instar de l’édifice construit par Charlemagne pour abriter la relique de la chape de Saint-Martin de Tours, au IXe siècle, le terme «chapelle» est utilisé pour désigner les bâtiments qui, sans être le siège principal d’une paroisse, sont pourvus d’un autel pour la célébration du culte chrétien. On retrouve ainsi, dans toute la diaspora catholique, des chapelles dans les maisons privées, les cimetières, les collèges, les couvents, les hôpitaux, les prisons, et même le long des chemins…

En Nouvelle-France, avant même que des églises ne soient construites, la structure épiscopale embryonnaire et les besoins du culte font en sorte que de nombreuses chapelles voient le jour. De la Baie d’Hudson jusqu’en Louisiane, la mission de la Nouvelle-France est desservie par les missionnaires Récollets et Jésuites qui rejoignent les colons nouvellement établis et les communautés autochtones à convertir. Les premières chapelles sont installées dans les forts construits pour défendre les établissements et dans les missions amérindiennes. Dans les seigneuries naissantes, on aménage bien souvent la chapelle dans la maison du seigneur, puis on construit l’édifice sur un terrain cédé pour la communauté.

Chapelle de procession Saint-Anne, Municipalité de Neuville. Crédit: © Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine, Jean-François Rodrigue, 2005. Source: Répertoire du patrimoine culturel du Québec

À partir de 1658, des prêtres séculiers s’installent progressivement sur le territoire nouvellement érigé en vicariat apostolique (le pape Alexandre VII nomme François de Laval à titre de vicaire). Le diocèse de Québec, érigé canoniquement en 1674, permet l’érection de paroisses et conséquemment, la construction d’ églises paroissiales. Les communautés moins populeuses demeurent desservies par le curé de la paroisse la plus proche, qui se rend à la «chapelle desserte» ou à l’«église desserte», selon les dimensions du lieu de culte.

À Montréal, les gens se rendent d’abord à la chapelle de l’Hôtel-Dieu pour les offices, puis, en 1678, l’église Notre-Dame est construite. Les pèlerins, dès 1675, peuvent se rendre à l’extérieur de la palissade, à la petite chapelle Notre-Dame-de-Bonsecours. En campagne, chez les sœurs fermières de la Congrégation de Notre-Dame, un oratoire, est installé dans la maison. Enfin, pendant les jours de semaine, en hiver, dans les paroisses, c’est souvent dans la chapelle de la sacristie qu’on célèbre les messes ordinaires ou les mariages plus modestes. On retrouve aussi, dans les paroisses, des petites chapelles de procession. Elles sont érigées en l'honneur d'un saint et elles servent de relais pour porter le Saint-Sacrement en procession, lors de la Fête-Dieu. À Saint-Étienne de Beaumont et à Varennes, il est toujours possible de voir, à chaque extrémités du village, une telle chapelle, mais plusieurs paroisses n’ont qu’une chapelle de procession, et les villageois se font l’honneur d’ériger, sur le devant de leur terrain, un reposoir pour le Porte-Dieu, décoré de fleurs et d’ornements.

Enfin, des chapelles de grandes dimensions sont aussi construites pour répondre au grand nombre de pèlerins qui les visitent. La plus connue d’entre elles est très certainement l'oratoire Saint-Joseph. Le frère André, instigateur de sa construction d’origine, est d’ailleurs canonisé en ce 17 octobre 2010.

Sources

Retour 

Le frère André fait construire un oratoire en 1904 pour permettre aux fidèles de venir prier saint Joseph sur les flancs du Mont-Royal. En raison de l’achalandage des pèlerins et de la renommée grandissante du frère André, la chapelle fut agrandie et pourvue d’un système de chauffage, puis agrandit à nouveau avec le bâtiment actuel, construit de 1924 à 1967. Il s’agit du plus grand lieu de culte dédié à Saint-Joseph au monde. Il porte aussi le statut de basilique (église dotée par le pape d’une dignité particulière).
La Fête Dieu commémore la présence réelle de Jésus-Christ dans le sacrement de l'Eucharistie, sous les espèces du pain et du vin consacrés. Célébrée avec faste, cette fête a pour principale activité la procession du porte-Dieu (des saintes espèces).
Le prêtre se prépare pour le culte à la sacristie. Ce bâtiment est accolé au chevet de l’église et on y retrouve les vases sacrés et les vêtements sacerdotaux, ainsi que, souvent, des fonds baptismaux.
Un oratoire est une chapelle de petite dimension, un lieu de dévotion invoquant la protection divine. On y retrouve la statuette ou l’image d’un saint ou d’une sainte. Le plus célèbre oratoire du Canada est cependant de grande dimension, mais origine d’une toute petite chapelle, un petit oratoire, construit par le frère André, au début du XXe siècle, pour prier Saint-Joseph…
Saint Martin servit en qualité de militaire sous Constantin et Julien. Il voulait devenir religieux, mais dû suivre le décret de l’empereur voulant que les fils de vétérans deviennent militaires. Un jour d’hiver, passant à la porte d’Amiens, il rencontra un homme nu qui n’avait reçu l’aumône de personne. Martin comprit que ce pauvre lui avait été réservé: il prit son épée, et partagea en deux le manteau qu’il avait sur lui, en donna une moitié au pauvre, et se recouvrit de l’autre moitié qui lui restait. La nuit suivante, il vit Jésus-Christ revêtu de la partie du manteau dont il avait couvert le pauvre, et l’entendit dire aux anges qui l’entouraient: «Martin, qui n’est encore que catéchumène, m’a couvert de ce vêtement.» Le saint homme ne s’en glorifia point, mais connaissant par là combien Dieu est bon, il se fit baptiser, à l’âge de dix-huit ans, et servit comme militaire encore deux ans avant de devenir acolyte de l’évêque de Poitiers, puis évêque de Tours. [Jacques de Voragine].

Il fonda par la suite les premières églises rurales de la Gaule et un monastère. Deux miracles majeurs lui sont attribués: il aurait ressuscité deux hommes de la mort. À partir de ce moment, son nom devint célèbre et les malades et les malheureux affluèrent vers lui.

La chape de Saint-Martin est conservée dans la chapelle privée de Charlemagne, la Chapelle palatine d'Aix (devenue Aix-la-Chapelle), en Allemagne. Cette dernière a été intégrée dans l'actuelle cathédrale d'Aix-la-Chapelle. On y retrouve aussi les restes de Charlemagne.
L’embaumement au formol (le formaldéhyde est d’une toxicité importante) et l’enterrement des cercueils (souvent massifs, vernis et garnis de pièces de métal) représentent des polluants importants pour les nappes phréatiques, le sol en général et les émanations qu’il produit. L’incinération, quant à elle, n’est pas beaucoup plus «verte» puisqu’elle implique la consommation de quantités non négligeable de carburant contribuant aussi à une production de fumées, gaz carbonique et d'autres gaz à effet de serre.
On expose dans le columbarium les urnes qui contiennent les cendres des défunts. Ce type de monument a fait son apparition en sol québécois depuis que la pratique de l’incinération est acceptée par la religion catholique. Aujourd’hui, plus de la moitié des corps des défunts sont incinérés. L’urne est ensuite soit déposée en terre ou mise au columbarium. Le columbarium consiste généralement en une série de niches vitrées où l'on peut voir l'urne contenant les cendres, une photo du disparu, quelques menus objets lui ayant appartenu, le nom de cette personne et la date de son décès.
Le cimetière Notre-Dame-des-Neiges, situé sur le Mont Royal, à Montréal, est le troisième plus grand cimetière en Amérique du Nord et le plus grand cimetière du Canada. Plus d’un million de personnes y ont été inhumées depuis 1855, date de son inauguration après la fermeture du cimetière Saint-Antoine (aujourd’hui Place du Canada).
Émile Brunet est né à Huntingdon en 1893. Il a huit ans quand sa famille déménage à Montréal, en face du cimetière Notre-Dame-des-Neiges. Il travaille dans les ateliers de son oncle Joseph Brunet, qui exploite une entreprise de monuments funéraires. Sa première œuvre sculptée est le monument aux Patriotes, à Saint-Denis-sur-Richelieu. Il réalise aussi, pour ne nommer que ceux-ci, le monument aux héros de la guerre, à Longueuil, le monument à Marie de l’Incarnation, à Québec, et celui au Frère André, à Montréal.
L'église et le mur en pierre du cimetière de Saint-Mathias forment un enclos paroissial qui illustre un type d'aménagement hérité du Moyen Âge. Même l’orientation du chœur de l’église, vers le soleil levant, symbole du Christ ressuscité, est respecté. L’église est construite en 1784-88 (façade modifiée en 1817-18) et le mur qui ceinture le cimetière est élevé en 1817-18, se greffant de part et d'autre de la façade de l'église.
Dominique Charland, patriote emprisonné à Trois-Rivières, fit la promesse d’élever un clavaire s’il était libéré. Acquitté, il tint sa promesse. Le calvaire est érigé en 1838.
Jean est le seul des douze apôtres à être présent au pied de la croix. C’est à lui que Jésus confie sa mère avant sa mort.
Les trois Marie sont la mère de Jésus, Marie-Madeleine et Marie, femme de Cléophas.
Les deux larrons sont des bandits qui furent soumis à la mort sur la croix le même jour que Jésus. Par tradition, ils sont représentés de chaque côté du Christ, les bras attachés par des cordes. Dysmas, le «bon larron», est représenté à la droite du Christ et affiche un air calme, tandis que Gestas, le «mauvais larron», est représenté à sa gauche et communique, par son expression, de l’agitation.

Selon l'Évangile, alors que les trois personnages étaient déjà mis en croix, le mauvais larron insulta Jésus: «N'es-tu pas le Christ ? Sauve-toi toi-même, et nous aussi», mais l'autre, le reprenant, déclara:

«Tu n'as même pas crainte de Dieu, alors que tu subis la même peine ! Pour nous, c'est justice, nous payons nos actes: mais lui n'a rien fait de mal». Le bon larron, s’adressant à Jésus, dit: «Souviens-toi de moi lorsque tu viendras avec ton Royaume». Jésus lui répondit: «En vérité, je te le dis, aujourd'hui tu seras avec moi dans le Paradis». [Saint Luc, 23, 39-43]
La croisée est l'endroit où la hampe et la traverse se rencontrent. Un cœur y est souvent présenté puisque l'amour est ce qui est commun aux hommes et à Dieu.
Le signe de croix est un geste de profession de foi. Les chrétiens se signent en touchant d'abord le front, le cœur, l'épaule gauche, puis l'épaule droite, en évoquant la Sainte Trinité (le Père, le Fils et le Saint-Esprit). Ce geste confirme leur appartenance au «Corps du Christ», c'est-à-dire à l'Église.
Une croix latine est une croix dont la branche inférieure est plus longue que les autres. On la nomme parfois croix christique ou croix de la Passion. Elle réfère directement à la mort du Christ, cloué sur la croix, figure emblématique de la religion chrétienne.