La Grande tortue
et son univers symbolique

La Grande tortue est considérée par de nombreuses nations autochtones comme un guide spirituel. Elle est présente dans les quatre directions du Cercle de la vie, celui par lequel commence et s’achève toute existence. Des quatre pattes de la Grande tortue naissent ainsi quatre sentiers. Chacun évoque une direction ou un point cardinal et représente une saison de la vie.

À l’est, se trouve le printemps où domine la couleur jaune, c’est l’époque de la jeunesse. Au sud, la couleur blanche envahit l’espace; c’est l’été, l’âge de la maturité. À l’ouest, le rouge du couchant du soleil couvre l’horizon; c’est le lieu du retour sur soi et du déclin de la vie. Enfin, au nord, le noir obscurcit l’univers; c’est le territoire de la mort.

La tortue symbolise la longévité et la sagesse pour les Autochtones. Plus encore, étant à la fois un animal terrestre et aquatique, elle unit dans sa symbolique les deux rôles sacrés de la femme autochtone : être la gardienne de la terre et être la gardienne de l’eau.

Comme le veut le mythe de création chez les nations de langues iroquoiennes, la tortue et la femme représentent le fondement de l’humanité.

Jardin «Les 3 sœurs»
Tortues adultes au bord d'un étang
Photo: Jardin botanique de Montréal (Claude Lafond)

La légende de la Grande Tortue

Au commencement, les animaux vivent en paix et en harmonie, jusqu’au jour où éclate un violent conflit entre eux. Furieux, le Grand créateur, Kichi Manito, décide d’inonder le monde afin d’arrêter ces querelles et d’en faire renaître un meilleur.

L’esprit malicieux Wisakedjak lance alors un défi aux quelques animaux qui ont survécu au déluge. Pour faire renaître les plantes et les arbres, il leur demande de rapporter une poignée de terre à la surface. Le huard est le premier à plonger. Vient ensuite le tour du canard, suivi de la loutre, du vison et du castor… Tous échouent.

Puis, le rat musqué tente sa chance. Ce n’est qu’après trois jours, alors que tous le croient noyé, qu’il émerge enfin de l’eau. De sa patte à peine entrouverte s’échappe un peu de terre qu’on s’empresse de déposer sur le dos de la tortue.

Naît alors le Nouveau Monde... flottant sur la carapace de la Grande tortue.

Jardin «Les 3 sœurs»
Pergola du Jardin des origines
Photo: Pierre Guzzo
Jardin «Les 3 sœurs»
Pergola du Jardin des origines
Photo: Pierre Guzzo
LA SAINTE-CATHERINE
Pergola du Jardin des origines
Photo: Pierre Guzzo

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